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Ryad et ses alliés maintiennent leurs sanctions contre Doha

Les pays du Golfe accusent le Qatar de soutenir "le terrorisme" et d'entretenir des relations trop étroites avec l'Iran

L'émir du Qatar, le cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, à Ryad, lors de la visite du président américain Donald Trump, le 21 mai 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)
L'émir du Qatar, le cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, à Ryad, lors de la visite du président américain Donald Trump, le 21 mai 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

L’Arabie saoudite et ses alliés ont déploré mercredi à l’issue d’une réunion au Caire la « réponse négative » du Qatar à leurs conditions pour mettre fin à la crise dans le Golfe et annoncé le maintien de leurs sanctions contre Doha.

L’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte ont rompu il y a un mois avec ce petit émirat riche en gaz, qu’ils accusent de soutenir « le terrorisme » et d’entretenir des relations trop étroites avec l’Iran, grand rival de Ryad au Moyen-Orient.

Ils ont imposé à Doha des sanctions économiques, l’Arabie saoudite fermant sa frontière terrestre avec le Qatar, la seule de l’émirat.

Pour mettre fin à ce bras de fer, les quatre pays ont adressé au Qatar une liste de 13 demandes, lui réclamant entre autres la fermeture d’une base militaire turque et de la télévision Al Jazeera, qu’ils jugent trop agressive, ainsi que la réduction des relations de Doha avec l’Iran.

Le Qatar, qui a rejeté les accusations de terrorisme, avait répondu à ces exigences lundi dans un message au Koweït, qui joue le rôle de médiateur.

Le secrétaire général adjoint de l’ONU aux affaires politiques, Jeffrey Feltman, est d’ailleurs au Koweït pour « discuter avec un large éventail d’interlocuteurs de cette crise et d’autres conflits », selon un porte-parole des Nations unies. Il se rendra cette semaine à Doha.

‘Boycott maintenu’

Au Caire, les chefs de la diplomatie saoudienne, égyptienne, émiratie et bahreïnie ont exprimé dans un communiqué « leur regret face à la réponse négative du Qatar ».

Cela « reflète un manque de compréhension de la gravité de la situation » de la part de Doha, a martelé le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Choukri en conférence de presse.

« Il n’est plus possible de tolérer le rôle de saboteur que joue le Qatar » dans les conflits régionaux, a-t-il ajouté.

Selon lui, les quatre ministres ont convenu de « tenir leur prochaine réunion à Manama », capitale du Bahreïn, à une date non précisée.

L'ambassadeur saoudien aux États-Unis Adel bin Ahmed Al-Jubeir annonce que l'Arabie saoudite mène des frappes aériennes militaires au Yémen lors d'une conférence de presse- 25 mars 2015  (Crédit : Chip Somodevilla / Getty Images / AFP)
L’ambassadeur saoudien aux États-Unis Adel bin Ahmed Al-Jubeir annonce que l’Arabie saoudite mène des frappes aériennes militaires au Yémen lors d’une conférence de presse- 25 mars 2015 (Crédit : Chip Somodevilla / Getty Images / AFP)

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al-Jubeir, a lui affirmé que les sanctions contre le Qatar seraient maintenues et a prévenu que d’autres mesures pourraient suivre.

Le « boycott » de Doha va « se poursuivre » et « nous prendrons des mesures au moment approprié », a-t-il dit.

Sur Twitter, le ministre d’Etat émirati aux Affaires étrangères, Anwar Gargash, a prédit que la crise allait « durer et nuire au Qatar ».

« Les prochaines étapes vont consolider l’isolement du Qatar », a-t-il ajouté, soulignant que la réunion du Caire marquait « le début d’un processus difficile mais nécessaire afin de sauver le Qatar de ses illusions et de ses erreurs ».

Avant la réunion du Caire, le chef de la diplomatie du Qatar, Mohamed ben Abderrahmane Al-Thani, avait déclaré à Londres que son pays était prêt « à s’engager dans un processus de négociations, dans un cadre clair qui garantisse sa souveraineté ».

Mais il avait aussi dénoncé les sanctions contre Doha comme « une agression évidente et une insulte à tous les traités internationaux ».

La veille, il avait jugé « irréaliste et irrecevable » la liste de demandes de Ryad et ses alliés.

Doha considère également que ses voisins tentent de porter atteinte à sa souveraineté dans sa politique étrangère.

Appels au dialogue

Dans un entretien avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, le président américain Donald Trump a appelé mercredi à « des négociations constructives entre toutes les parties pour résoudre le différend ».

Le président américain Donald Trump, à droite, et le président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi à Riyad, Arabie saoudite, le 21 mai 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)
Le président américain Donald Trump, à droite, et le président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi à Riyad, Arabie saoudite, le 21 mai 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

Selon l’agence officielle koweïtienne KUNA, le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson a par ailleurs appelé mercredi l’émir du Koweït cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah pour l’assurer « du soutien des Etats-Unis dans ses efforts » de médiation entre ses voisins du Golfe.

Plusieurs pays ainsi que le Conseil de sécurité de l’ONU ont appelé au dialogue pour résoudre cette crise dans un Moyen-Orient déjà agité par de nombreux conflits.

Les sanctions imposées à Doha ont contraint le Qatar à se tourner vers l’Iran et la Turquie pour ses besoins en produits alimentaires, importés par voies aérienne ou maritime.

Soulignant les « risques économiques et financiers découlant du différend » qui a « peu de chances d’être résolu rapidement », l’agence de notation Moody’s a confirmé la note de crédit du Qatar mais a abaissé sa perspective de « stable » à négative ».

Malgré les sanctions, le Qatar, premier exportateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL), a annoncé son intention d’augmenter du tiers sa production de gaz, de 77 millions de tonnes à 100 millions de tonnes en 2014.

En cas de pression de l’Arabie saoudite et de ses alliés pour empêcher un partenariat avec des compagnies internationales dans ce secteur, le Qatar procédera seul à l’augmentation de la production, a assuré le patron de Qatar Petroleum.

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