Saad Hariri dit que l’armée va se déployer le long de la frontière
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Saad Hariri dit que l’armée va se déployer le long de la frontière

Les pays européens ont promis plus des millions de dollars pour que Beyrouth renforce son armée ; Israël met en garde contre la ligne floue entre l'armée libanaise et le Hezbollah

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le Premier ministre libanais Saad Hariri s'exprime lors d'une conférence de presse lors d'une réunion de collecte de fonds à Rome le 15 mars 2018 (Crédit : Andreas Solaro / AFP)
Le Premier ministre libanais Saad Hariri s'exprime lors d'une conférence de presse lors d'une réunion de collecte de fonds à Rome le 15 mars 2018 (Crédit : Andreas Solaro / AFP)

Le Premier ministre libanais Saad Hariri a annoncé que son pays prévoyait d’accroître sa présence militaire le long de sa frontière sud avec Israël, lors d’une réunion à Rome jeudi.

« Nous enverrons plus de troupes des forces armées libanaises au sud, et nous soulignons notre intention de déployer un autre régiment », a-t-il annoncé, selon Reuters.

« Tandis que nous réfléchissons aux moyens de passer d’une cessation des hostilités à un état de cessez-le-feu permanent, Israël continue de faire des plans pour construire des murs dans les zones réservées le long de la ligne bleue », a déclaré Hariri faisant référence à la frontière internationalement reconnue, mais qui fait l’objet d’un contentieux, entre les deux pays.

Le Premier ministre libanais a ajouté qu’Israël « reste la principale menace pour le Liban ».

Hariri a fait ses remarques dans le cadre d’un sommet en Italie organisé pour aider à lever des fonds pour les forces armées libanaises.

Le Premier ministre libanais Saad Hariri, à gauche, serre la main du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, à côté du Premier ministre italien Paolo Gentiloni, à l’issue d’une conférence de presse conjointe à Rome le 15 mars 2018 (Crédit : Andreas Solaro / AFP)

Selon Reuters, des représentants d’environ 40 pays ont participé à la réunion, y compris le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres.

« C’est le moment où la communauté internationale doit exprimer son plein soutien » au Liban, a déclaré Guterres.

A la fin de la journée de jeudi, la France s’était engagée à verser près de 14 millions de dollars au Liban, tandis que l’Union européenne offrait 61,5 millions de dollars et le Royaume-Uni 13 millions de dollars.

On ne sait pas encore comment Israël va réagir à l’augmentation des troupes des forces armées libanaises dans la zone frontalière. D’une part, les responsables de la défense israélienne estiment qu’une armée nationale libanaise plus forte pourrait affaiblir le puissant groupe terroriste du Hezbollah, contre lequel Israël a mené une guerre sanglante au Sud-Liban en 2006.

D’un autre côté, des responsables et des analystes israéliens ont mis en garde que, à mesure que le Hezbollah s’intègrerait davantage dans la politique libanaise, la ligne de démarcation entre le Hezbollah et les forces armées libanaises s’estomperait.

L’armée libanaise a joué un rôle limité dans la guerre de 2006 et la plupart du temps n’a fait que tirer avec des armes antiaériennes archaïques qui avaient peu de chance de frapper les avions de combat avancés d’Israël.

Depuis la guerre, l’armée a reçu des fonds importants, de l’équipement et de la formation des États-Unis.

Des soldats américains entraînent des membres des forces armées libanaises au Liban, mai 2011 (Crédit : CC-BY-Georgia National Guard, Flickr)

Israël a envahi le sud du Liban en 1982 et a occupé une partie jusqu’en 2000. Les liens restent tendus entre les deux pays.

Cela s’est ressenti récemment dans l’opposition libanaise à la fortification par Israël de ses barrières le long de la frontière et à un différend entre les pays sur une zone de mer, qui contient du gaz naturel, que chacun prétend posséder.

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