Sadiq Khan et David Cameron unis contre un Brexit
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Sadiq Khan et David Cameron unis contre un Brexit

Le nouveau maire de Londres et le Premier ministre, pourtant opposés politiquement, se positionnent ensemble contre l'éventuelle sortie de la Grande-Bretagne de l'UE

Le nouveau maire de Londres, Sadiq Khan, pendant une conférence de presse à la suite de sa victoire électorale au City Hall, dans le centre de Londres, le 7 mai 2016. (Crédit : AFP/Leon Neal)
Le nouveau maire de Londres, Sadiq Khan, pendant une conférence de presse à la suite de sa victoire électorale au City Hall, dans le centre de Londres, le 7 mai 2016. (Crédit : AFP/Leon Neal)

Après l’avoir violemment critiqué, le Premier ministre britannique conservateur David Cameron a scellé un pacte lundi avec le maire travailliste de Londres Sadiq Khan pour défendre un maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne.

Les deux hommes ont partagé une scène au sud-ouest de la capitale pour inaugurer le bus de campagne « Britain Stronger in Europe » (la Grande-Bretagne plus forte au sein de l’Europe) et appeler les Britanniques à se prononcer contre un Brexit lors du référendum du 23 juin.

Voir le leader conservateur et la nouvelle star du Labour côte à côte aurait été difficile à imaginer il y a quelques jours encore, vu les mots acerbes échangés lors de la campagne pour la mairie de Londres, remportée par Sadiq Khan le 5 mai.

David Cameron y a notamment reproché à Sadiq Khan de s’être affiché « de manière répétée avec des extrémistes » dans le passé, ce que le travailliste a nié. L’affaire avait conduit plusieurs députés du Labour à qualifier le Premier ministre de « raciste » au sein même de la Chambre des Communes.

Lundi, M. Cameron a assuré qu’il était « fier de partager la tribune avec le maire travailliste de Londres », un homme « fier d’être musulman, fier d’être Britannique et fier d’être Londonien ».

« Soyons clair: il y a beaucoup de choses sur lesquelles le Premier ministre et moi-même sommes en désaccord », a déclaré de son côté M. Khan.

« Mais lorsqu’il s’agit de travailler ensemble dans l’intérêt des Londoniens, nous le faisons », a-t-il ajouté, soulignant que « plus de 500.000 emplois à Londres dépendent directement de l’Union européenne ».

M. Cameron, tout en se définissant comme « un eurosceptique », a fustigé le grand saut dans l’inconnu proposé par les partisans d’un Brexit.

Soucieux de ratisser large, il a insisté sur la diversité de ceux qui défendent un maintien dans l’UE en évoquant « les syndicats, le patronat, le parti travailliste, les Verts, le parti libéral-démocrate et le gouvernement conservateur ».

Il n’a pas cité le parti conservateur, déchiré sur la question européenne depuis des décennies et victime d’une nouvelle poussée de fièvre ce week-end.

Plusieurs parlementaires tories pro-Brexit ont qualifié M. Cameron de « menteur » et appelé à sa démission après le référendum. La députée Nadine Dorries a insisté que le Premier ministre serait « grillé » si le camp du « remain » (rester dans l’UE) ne l’emportait pas avec une marge conséquente le 23 juin.

Selon la moyenne des six derniers sondages réalisée par le site « What UK thinks », 53% des Britanniques souhaitent rester dans l’UE alors que 47% veulent la quitter.

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