Sara Netanyahu a-t-elle un droit de regard sur les hautes nominations ?
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Sara Netanyahu a-t-elle un droit de regard sur les hautes nominations ?

Un ancien cadre d'Israel Aerospace Industries affirme avoir vu un contrat qui interdit au Premier ministre de voyager sans elle en cas de déplacement de plus d'un jour

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu étreint son épouse Sara devant les militants de son parti, le Likud, à Tel Aviv, tôt le 10 avril 2019, alors que les résultats des élections sont annoncés. (Thomas Coex/AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu étreint son épouse Sara devant les militants de son parti, le Likud, à Tel Aviv, tôt le 10 avril 2019, alors que les résultats des élections sont annoncés. (Thomas Coex/AFP)

Une vidéo qui a fait des vagues sur les réseaux sociaux au cours de la journée écoulée allègue qu’un contrat légal passé entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son épouse Sara stipule que cette dernière aurait un droit de regard sur les nominations des chefs du Mossad, du Shin Bet et de l’armée israélienne.

Dans la vidéo, David Arzi, ancien vice-président de l’aviation commerciale et civile chez Israel Aerospace Industries, dit avoir vu les clauses du contrat. Arzi dit avoir été autorisé à lire le contrat en 1999 par David Shimron, l’avocat de longue date de Netanyahu.

Arzi a affirmé que Shimron avait alors récemment été licencié d’un emploi et qu’il essayait de l’impressionner en lui montrant ses liens avec le Premier ministre.

Selon Arzi, le contrat prévoirait que le Premier ministre promette que tout voyage avec nuitée inclurait sa femme, et que celle-ci serait autorisée à participer à des réunions top secrètes.

« Elle peut participer à toutes les réunions les plus secrètes, même si elle n’a pas d’habilitation de sécurité. Cela m’a sauté aux yeux », a déclaré Arzi dans la vidéo, extrait d’une interview en hébreu avec le journaliste Dan Raviv.

Le prétendu contrat comporterait en outre diverses clauses qui donneraient à Sara un contrôle majeur sur les finances du couple.

« Elle valide les nominations suivantes : le chef du Mossad, le chef du Shin Bet et le chef d’état-major de Tsahal. Et c’est par écrit, elle doit donner l’autorisation par écrit, sinon, c’est une violation du contrat », a-t-il dit, ajoutant que « la violation signifierait qu’il lui cède tous leurs biens. »

Le contrat présumé comporterait en outre diverses stipulations qui donneraient à Sara un contrôle majeur sur les finances du couple.

« Il y avait une section très détaillée selon laquelle elle s’occuperait de leurs finances », a déclaré Arzi. « Il était écrit comment ; qu’il n’aurait pas de cartes de crédit, elle seule en aurait. Et s’il avait besoin d’argent, elle le lui donnerait. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son épouse Sara s’adressent à la presse depuis le tarmac de l’aéroport Ben Gurion, le 4 décembre 2019. (Crédit : Kobi Gideon / GPO)

Arzi a indiqué que le contrat était un document de 15 pages signé par Netanyahu et sa femme.

Le journaliste Ben Caspit, qui a écrit une biographie de Netanyahu, a publié les résultats de deux tests au détecteur de mensonges passés ces derniers jours par Arzi, qui ont révélé qu’il disait la vérité.

Le bureau de Netanyahu a fermement démenti ces affirmations, déclarant qu’il s’agissait « d’un mensonge complet et recyclé qui sera traité légalement ».

Shimron a également déclaré qu’Arzi mentait.

David Shimron, l’avocat personnel du Premier ministre Benjamin Netanyahu, pendant une conférence de presse du Likud à Tel Aviv, en février 2015. (Crédit : Flash90)

« Je n’ai jamais rédigé d’accord entre Benjamin et Sara Netanyahu, je n’ai pas vu d’accord rédigé par quelqu’un d’autre et je n’ai certainement jamais montré un tel accord à quiconque », a-t-il déclaré, menaçant de poursuivre Arzi pour diffamation.

Arzi a suggéré que lui et Shimron passeraient ensemble un test polygraphique pour voir qui dit la vérité.

Ce n’est pas la première fois que Sara Netanyahu est accusée d’exercer un contrôle sur son mari, y compris dans les affaires d’État.

Dans une transcription qui a fuité de l’enquête de police sur les accusations de corruption contre Netanyahu, Miriam Adelson, l’épouse du défunt magnat des casinos Sheldon Adelson, a déclaré aux interrogateurs que Sara avait opposé son veto à ce que Netanyahu forme une coalition avec les candidats actuels de Yamina, Naftali Bennett et Ayelet Shaked, qui ont tous deux travaillé auparavant comme assistants de Netanyahu.

« J’étais furieuse après les élections précédentes, quand il [Netanyahu] refusait de ne pas former de coalition avec Bennett parce qu’elle [Sara] le déteste », a déclaré Miriam Adelson, dans une référence apparente aux négociations de coalition après les élections de 2015, quand le Premier ministre aurait envisagé de ne pas les inclure dans son gouvernement.

« Je veux dire que le sort du peuple juif est condamné parce que la dame déteste Bennett et Shaked, alors il ne fait pas de coalition avec l’homme qui convient », avait déclaré Adelson aux enquêteurs.

Dans d’autres transcriptions ayant fait l’objet d’une fuite, Sara Netanyahu a déclaré à la police que le couple n’avait pas eu de cartes de crédit pendant 15 ans parce qu’ils ne cessaient de les perdre.

En juin 2019, Sara Netanyahu a été reconnue coupable d’utilisation abusive de fonds publics dans le cadre d’un accord de plaidoyer dans une affaire impliquant des frais de bouche à la résidence du Premier ministre.

Sara Netanyahu, épouse du Premier ministre Benjamin Netanyahu, sort d’une audience au tribunal du travail du district de Jérusalem, dans le cadre d’un procès intenté contre elle par une ancienne employée de la Résidence du Premier ministre, le 23 décembre 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’accord a permis à Netanyahu d’échapper à une condamnation pour fraude aggravée, mais elle a avoué un chef d’accusation moins grave, celui d’avoir profité d’une erreur. Elle a été condamnée à payer 55 000 shekels à l’État – 10 000 shekels d’amende et le reste à titre de restitution.

Le Premier ministre est aussi actuellement jugé pour corruption, fraude et abus de confiance dans trois affaires pénales. Il nie les accusations portées contre lui.

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