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Sara Netanyahu impliquée dans la politique ? Le couple Netanyahu témoigne

Le procès en diffamation a été intenté contre un ex-responsable évoquant l'existence d'un document fixant les droits de Sara en matière d'affaires d’État

Sara Netanyahu vient témoigner dans le cadre de la plainte déposée par l’avocat David Shimron contre l’avocat David Artzi, au Tribunal de Rishon Lezion, le 23 janvier 2023. (Crédit : Moti Milrod)
Sara Netanyahu vient témoigner dans le cadre de la plainte déposée par l’avocat David Shimron contre l’avocat David Artzi, au Tribunal de Rishon Lezion, le 23 janvier 2023. (Crédit : Moti Milrod)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son épouse Sara ont témoigné devant le tribunal, lundi, assurant qu’il n’y avait jamais eu de contrat secret entre eux conférant à l’épouse du Premier ministre de quelconques droits en matière de nomination politique officielle.

Les Netanyahu ont comparu devant le tribunal de première instance de Rishon Lezion comme témoins dans le procès en diffamation intenté par le cousin au second degré du Premier ministre et ex-avocat, David Shimron.

Shimron poursuit donc en justice David Artzi, ex-haut responsable de l’industrie de la Défense et ex-président de l’Export Institute, qui assure que Shimron avait, dans les années 1990, rédigé un « accord secret » de 15 pages entre Netanyahu et sa femme, accordant à cette dernière une influence considérable dans des aspects essentiels des affaires nationales, dont un droit de veto sur les nominations de haut niveau et le droit de prendre part aux délibérations en matière de sécurité.

Shimron et Netanyahu ont catégoriquement nié, et Shimron a intenté une action en diffamation contre Artzi pour 425 000 shekels en mars 2021.

Netanyahu a déclaré lundi que son épouse n’avait non seulement pas accès aux secrets d’Etat, mais qu’elle ne savait même pas ce qu’il avait fait pendant son service militaire lorsqu’il était membre de l’unité d’élite du commando Sayeret Matkal.

« C’est un mensonge grossier », a déclaré le Premier ministre à propos de ce présumé contrat.

Il a concédé que son épouse l’accompagnait lors de voyages officiels à l’étranger, en raison de leur « incroyable relation », et non en raison d’un quelconque accord entre eux.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu vient témoigner au procès intenté par l’avocat David Shimron contre l’avocat David Artzi, devant le tribunal de première instance de Rishon Lezion, le 23 janvier 2023. (Crédit : Moti Milrod)

Les époux Netanyahu ont été interrogés par l’avocat d’Artzi, Liad Vertzhaizer, qui a demandé à Netanyahu pour quelle raison le couple n’avait pas lui-même intenté d’action en diffamation contre son client, ni adressé de lettre d’avertissement, comme ils l’avaient fait à plusieurs reprises par le passé, à ceux qui, selon eux, les calomniaient.

Le Premier ministre a répondu que, dans ce cas particulier, il s’agissait d’un
« mensonge » qui circulait depuis de nombreuses années.

« Je ne suis pas responsable de toutes les calomnies et mensonges qui circulent, parce qu’il y en a des milliers. Aucune personnalité publique – et aucun conjoint – n’a fait face à autant de fausses accusations. Je n’ai rien à me reprocher », a-t-il déclaré.

« Il n’y a jamais eu d’accord, ni de clauses… Il n’y a rien. C’est mensonge sur mensonge. »

Netanyahu a qualifié de « mensonge absolu » l’affirmation de l’ex-chef de l’espionnage du Mossad, Meir Dagan, selon laquelle Sara s’était jointe à eux lors d’une discussion sur une opération sensible et n’était partie que lorsque Dagan avait refusé de poursuivre en sa présence.

Tout en assurant que son épouse n’était en aucune manière impliquée dans les nominations, Netanyahu a admis que Sara lui avait dit que ce n’était pas une bonne idée de nommer Naftali Bennett chef de cabinet, en 2009, déclarant à la cour « Dommage que je ne l’ai pas écoutée à l’époque ».

S’agissant du supposé contrat, Sara Netanyahu a déclaré au tribunal : « Il n’y a jamais rien eu de tel. »

Elle a affirmé que, ces trente dernières années, d’innombrables histoires d’accord secret avaient circulé, à chaque fois avec des avocats différents.

« Je ne me mêle pas du tout des questions de sécurité », a-t-elle poursuivi.

« Lorsque le Secrétaire militaire entre dans le bureau du Premier ministre, je me retire. Je n’ai jamais eu l’envie de m’en mêler. Vraiment, mon mari ne m’implique aucunement dans les questions de sécurité. »

« Je ne suis pas impliquée dans les questions de sécurité ou d’économie », tout juste « consultée par mon mari pour tout ce qui est d’ordre politique dans le cadre d’une campagne ou de sa préparation ».

Questionnée sur son degré d’influence pour ce qui est des visites et entretiens du Premier ministre à l’étranger, elle a répondu : « Je n’ai aucune influence. »

Elle a assuré ne jamais avoir été consultée au sujet du programme de réunions et n’avoir jamais demandé l’annulation d’un entretien.

À la question de savoir pour quelle raison son mari et elle n’avaient pas poursuivi Artzi eux-mêmes, Sara a indiqué que plusieurs facteurs entraient en ligne de compte dans la décision d’intenter ou non une action en justice.

« Cela dépend des cas », a-t-elle déclaré.

« Parfois, à cause du timing, du niveau de colère, du degré d’accord avec les avocats. Parfois, j’y vais, parfois non. »

Elle a également affirmé que la liste des mensonges les concernant était trop longue pour poursuivre ceux qui les répandent.

L’avocat David Shimron assiste à l’audience d’une plainte qu’il a déposée contre l’avocat David Artzi, au tribunal de première instance de Rishon Lezion, le 1er janvier 2023. (Crédit : Flash90)

Sara a été interrogée sur les affirmations du major-général Guy Tzur, selon lesquelles elle l’aurait reçu en entretien en vue de sa nomination comme secrétaire militaire du Premier ministre.

Sara a répondu qu’elle ne se souvenait pas particulièrement de lui, ayant reçu et croisé des milliers de visiteurs à la résidence officielle du Premier ministre, auxquels elle se bornait à offrir des rafraîchissements.

« J’ignorais qu’il était interdit d’être aimable », a-t-elle dit.

Ces accusations d’accord secret entre Benjamin et Sara Netanyahu sont liées à la liaison que Benjamin Netanyahu a entretenue avec sa conseillère médias, dans les années 1990, qu’il a d’ailleurs reconnue publiquement en 1993 dans ce qui est devenu connu sous le nom d’affaire de la « sex tape ».

Selon ces accusations, un accord aurait été conclu au sein du couple suite à cet incident, qui aurait conféré à Sara une autorité non-négligeable sur les décisions de son mari dans de nombreux aspects de la vie du pays.

Plus tôt ce mois-ci, le leader d’Yisrael Beytenu et ex-mministre des Finances et de la Défense, le député Avigdor Liberman, a témoigné devant le tribunal que Sara Netanyahu était régulièrement impliquée dans les nominations officielles.

Tzur, haut responsable de Tsahal à la retraite, a également témoigné devant le tribunal de Rishon Lezion au sujet d’un entretien qu’il a eu en 2012 pour le poste de Secrétaire militaire du Premier ministre.

« Le Premier ministre est arrivé, s’est assis et m’a posé une question. [Puis Sara] s’est assise et s’est entretenue avec moi pendant cinq minutes. Plus tard, le Premier ministre est revenu, s’est excusé, a dit que nous avions assez parlé et a mis fin à notre entretien », a témoigné Tzur.

« J’ai eu l’impression d’avoir eu un entretien avec elle, et qu’à cause de cela, je n’obtiendrais pas le poste. »

Deux jours plus tard, Tzur apprenait en effet qu’il n’était pas nommé Secrétaire militaire.

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