Sara Netanyahu interrogée pour des irrégularités financières
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Sara Netanyahu interrogée pour des irrégularités financières

Les enquêtes portent sur la mauvaise gestion présumée des budgets des résidences privée et officielle du Premier ministre

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre Benjamin Netanyahu, assiste à une audience de la cour pour témoigner dans une affaire qui l'oppose à un ancien employé de la résidence du Premier ministre, Jérusalem, le 10 mai 2015. (Crédit :  Gali Tibbon / AFP)
Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre Benjamin Netanyahu, assiste à une audience de la cour pour témoigner dans une affaire qui l'oppose à un ancien employé de la résidence du Premier ministre, Jérusalem, le 10 mai 2015. (Crédit : Gali Tibbon / AFP)

Sara Netanyahu, l’épouse du Premier ministre Benjamin Netanyahu, s’est présentée jeudi après-midi à l’unité de la police israélienne chargée des crimes de personnalités à Lod, pour être interrogée sur des allégations d’irrégularités de dépenses dans les résidences officielle et privée du Premier ministre.

L’interrogatoire de l’unité Lahav 433 devait se concentrer sur un certain nombre d’irrégularités financières présumées liées aux résidences du Premier ministre.

L’enquête a avancé malgré la demande de l’avocat de la famille de clôturer les investigations.

Afin d’éviter la présence imposante des médias, Sara Netanyahu a reçu une autorisation spéciale pour entrer dans le complexe avec sa voiture officielle, a annoncé la radio militaire mercredi.

Le procureur général Yehuda Weinstein a rejeté la semaine dernière une demande urgente de l’avocat de Netanyahu pour une réunion avant qu’il ne prenne une décision sur l’opportunité de mener une enquête sur son comportement.

Weinstein avait ordonné en juillet une enquête criminelle sur la gestion de la trésorerie à la résidence officielle du Premier ministre à Jérusalem. Il avait cependant déclaré à l’époque que ni le Premier ministre ni son épouse n’étaient considérés comme des suspects.

Le siège de l'unité Lahav 433 de la police israélienne à Lod (Crédit : Flash 90)
Le siège de l’unité Lahav 433 de la police israélienne à Lod (Crédit : Flash 90)

La décision de lancer une enquête faisait suite à une recommandation du procureur de l’État Shai Nitzan, après que des questions aient été soulevées en février dans un rapport du contrôleur de l’Etat Yossef Shapira, qui détaillait les dépenses extravagantes de Netanyahu et de son épouse pour leur résidence officielle à Jérusalem et pour leur maison privée de Césarée. Le rapport avait également affirmé qu’il pourrait y avoir d’éventuels méfaits criminels.

L’enquête a mis en évidence de multiples irrégularités présumées, notamment l’embauche de l’électricien Avi Fahima, un membre du Comité central du Likud. Un comité chargé de superviser les dépenses des résidences – qui incluait le conseiller juridique du Bureau du Premier ministre – s’était opposé à l’embauche de Fahima, mais ce dernier avait néanmoins été employé.

Dans le cas de Fahima, le rapport du contrôleur de l’Etat avait critiqué Sara Netanyahu pour avoir utilisé les services de l’électricien sur des fonds publics sans aucun audit externe de la nécessité de ces services, ni confirmation de leur réalisation.

Le contrôleur a remarqué que, pendant plusieurs mois de 2010, Fahima n’avait pas produit de factures pour ses travaux, et les sommes qu’il aurait reçues étaient beaucoup plus élevées que celles figurant dans ses devis initiaux.

Vue de la résidence du Premier ministre à Jérusalem le 23 Juin 2009 (Crédit photo: Yossi Zamir / Flash90)
Vue de la résidence du Premier ministre à Jérusalem le 23 Juin 2009 (Crédit photo: Yossi Zamir / Flash90)

Le rapport a également affirmé que, entre 2009 et 2013, Sara Netanyahu avait empoché des milliers de shekels de consignes de bouteilles vides de la résidence du Premier ministre. Ce qui est devenu le « Bottlegate » devait également être inclus dans l’interrogatoire jeudi.

Le rapport sur les dépenses avait été publié pendant la dernière campagne électorale, et avait constaté que la résidence fonctionnait depuis des années sans contrôle budgétaire. Il avait soulevé des questions sur l’utilisation de fonds publics, qui auraient été utilisés pour – entre autres choses – l’entretien de la piscine des Netanyahu à leur domicile privé.

Le rapport a également noté que, à compter de 2013 – lorsque les critiques avaient conduit à une sensibilisation accrue sur le sujet au sein du personnel du Premier ministre – un budget systématique et audité avait été institué et que les dépenses avaient diminué drastiquement.

Par ailleurs, plusieurs anciens employés de la résidence officielle avaient levé des allégations d’abus continu de Sara Netanyahu, qui selon eux, est sujette à une consommation d’alcool excessive. Deux anciens employés, l’ancien directeur de la maison Menny Naftali et l’ouvrier d’entretien Guy Eliyahu, avaient intenté des poursuites civiles contre le Premier ministre Netanyahu et son bureau pour comportement abusif présumé.

Dans une comparution devant le tribunal en octobre, Sara Netanyahu avait dit qu’elle était une cible facile pour les gens qui voulaient « renverser son mari. »

« Il est plus facile pour eux de m’attaquer. Je suis devenu un punching-ball pour tous les médias, avait-elle affirmé. Si je n’avais pas été la femme du Premier ministre, il n’y aurait aucune affaire contre moi. »

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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