Sara Netanyahu reconnaît avoir commandé illégalement des plats préparés
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Sara Netanyahu reconnaît avoir commandé illégalement des plats préparés

Après que l'accusation de fraude a été abandonnée, la femme du Premier ministre a été condamnée pour des faits moins graves et devra payer une amende de 55 000 shekels à l'Etat

Sara Netanyahu, la femme de Benjamin Netanyahu, arrive au tribunal de Jérusalem le 16 juin 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)
Sara Netanyahu, la femme de Benjamin Netanyahu, arrive au tribunal de Jérusalem le 16 juin 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Dimanche, la femme du Premier ministre Benjamin Netanyahu a reconnu qu’elle avait profité injustement d’une erreur, après avoir signé la semaine dernière un accord judiciaire impliquant des accusations selon lesquelles avait commandé illégalement des services de traiteur à la résidence du Premier ministre.

Lors d’une brève audience au tribunal de Jérusalem, Netanyahu a confirmé qu’elle acceptait l’accord.

L’accord a vu Netanyahu éviter une condamnation pour faute aggravée, mais a retenu des charges moins graves. Elle devra payer 55 000 shekels (13 500 euros) – 10 000 shekels d’amende, et le reste sera restitué à l’Etat.

« A l’évidence, l’accusée a profité des fonds publics », a déclaré le juge Avital Chen en annonçant le verdict et en reconnaissant que l’affaire avait été relativement tranquille pour l’accusation. Il a souligné que l’absence de condamnations antérieures de Netanyahu et le fait qu’elle « avait pris ses responsabilités et épargné un temps précieux à la justice ».

Après l’annonce du verdict, Netanyahu a dit au juge : « J’ai assez souffert. »

Le juge a accepté la demande de Netanyahu de verser l’argent en deux paiements séparés, dont le premier aura lieu le 15 juillet.

« La reconnaissance de faits par l’accusée est exposée dans l’acte d’inculpation modifié et la reconnaissance d’avoir commis un acte criminel, et son acceptation d’être condamnée sans devoir entendre de preuves, souligne qu’elle accepte la responsabilité de ses actes, ce qui est très important », a déclaré le procureur d’Etat Erez Padan lors de l’audience.

L’avocat Yossi Cohen, qui représente Netanyahu, a fait une remarque sur les « fuites horribles » dont il a dit qu’elle avaient pour objectif de nuire à Benjamin Netanyahu et de torpiller le gouvernement.

« C’est l’une des sanctions les plus sévères et les douloureuses qu’une personne que je connais ait reçue, a déclaré Cohen au tribunal. C’est le résultat de quatre années de fuites horribles, tendancieuses et diffamatoires autour de ma cliente. Ils ont oublié qu’elle est également une mère, une femme. »

« Je suis abasourdi par ce que notre société est prête à faire pour nuire à une personne, a-t-il continué. Et bien sûr, personne ne voulait nuire à Madame Netanyahu. L’objectif était de nuire à son mari, de torpiller le gouvernement. »

Il y a un an, Sara Netanyahu et Ezra Saidoff, un ancien traiteur de la résidence du Premier ministre, ont été accusés de fraude et d’abus de confiance pour avoir dépensé 100 000 dollars d’argent public pour des plats préparés alors qu’il y avait un chef à temps plein dans la résidence. Le montant a été réduit de moitié dans l’acte d’inculpation modifié mercredi dernier, autour de 50 000 dollars, alors que Netanyahu devra seulement restituer 12 500 dollars à l’Etat.

L’Etat pourrait engager des poursuites civiles contre Netanyahu afin qu’elle restitue l’argent, a annoncé le site d’information Walla.

La résidence n’a pas le droit de commander des repas préparés si un chef est présent. Sara Netanyahu et Ezra Saidoff auraient menti sur la présence du chef entre septembre 2010 et mars 2013, afin d’utiliser des fonds publics pour commander des repas.

Netanyahu a profité d’une erreur des comptables de la résidence du Premier ministre, qui pensaient qu’il n’y avait pas de chef cuisiner dans le personnel, a écrit le juge dans son verdict.

« Le verdict signifie qu’une personne avec un accès aux fonds publics, peu importe son statut, ne peut pas les utiliser comme si c’étaient les siens », a déclaré la procureur Jenny Avni dans le document.

Ezra Saidoff, ancien directeur adjoint du Cabinet du Premier ministre, arrive au tribunal de première instance de Jérusalem, le 7 octobre 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

Un accord avec Saidoff devrait aussi être finalisé plus tard cette semaine. Il doit reconnaître – comme Netanyahu – l’accusation moins grave qu’il a profité injustement d’une erreur. Saidoff aurait accepté de payer 10 000 shekels (2 500 euros) et aura une peine avec sursis.

Le procureur général Avichai Mandelblit voulait dès le départ éviter un procès, et a proposé à Netanyahu l’option d’un accord négocié avant même d’annoncer des charges. Mais cet accord n’a jamais vu le jour.

Le procès de Sara Netanyahu est séparé des déboires judiciaires de son mari, suspecté d’avoir accepté illégalement des cadeaux, bénéficié de pots-de-vin et essayé d’arranger des faveurs à des magnats des médias en échange d’une couverture de presse positive.

Sara Netanyahu est suspectée dans l’une de ses affaires, mais les procureurs n’ont pas recommandé son inculpation.

Les Netanyahu ont nié toute malversation, et ont affirmé qu’ils étaient les victimes d’une chasse aux sorcières politique menée par des médias de gauche hostiles et par la justice.

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