Scandale de Cambridge Analytica : l’ex-président nigérian n’était pas au courant
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Scandale de Cambridge Analytica : l’ex-président nigérian n’était pas au courant

Goodluck Jonathan a affirmé qu'il n'était pas au courant que Cambridge Analytica, qui a fait appel à une firme israélienne, avait tenté de nuire au dirigeant actuel

Goodluck Johnathan, ancien président du Nigéria (Capture d'écran : Youtube/BBCWorldNewsWatch)
Goodluck Johnathan, ancien président du Nigéria (Capture d'écran : Youtube/BBCWorldNewsWatch)

L’ancien président nigérian Goodluck Jonathan n’était « pas au courant » de l’utilisation par son parti des services de la société de conseil en communication britannique Cambridge Analytica, au cœur d’un scandale international, pour la campagne électorale de 2015, a affirmé jeudi son porte-parole.

Après les révélations faites par un ancien employé de la société, selon lesquelles un « milliardaire nigérian » a payé Cambridge Analytica pour diffuser des vidéos dépeignant le candidat et concurrent Muhammadu Buhari comme un musulman extrémiste pro-sharia, le gouvernement nigérian a annoncé qu’il allait mettre en place un comité pour enquêter sur cette affaire.

Les données personnelles du candidat du All Progressive Congress (APC) auraient été piratées, et la société aurait utilisé les données du réseau social Facebook pour tenter de reconduire le Parti Populaire Démocratique (PDP), parti de Goodluck Jonathan, au pouvoir.

Pour ce faire, Cambridge Analytica aurait utilisé « les services d’une firme d’intelligence privée israélienne, Black Cube », a déclaré le lanceur d’alerte.

Il a déclaré que l’entreprise basée à Tel Aviv avait été engagée afin de « pirater les données du désormais président [du Nigeria] Muhammadu Buhari et d’avoir accès à ses dossiers médicaux et à ses mails privés ».

L’entreprise israélienne a nié toutes les allégations.

« Je ne sais pas combien de temps prendra l’enquête », a confié à l’AFP Garba Shehu, porte-parole de la présidence, jeudi. « Mais il y a urgence et ce travail est d’une haute importance », a-t-il ajouté, dénonçant « l’interférence étrangère » dans le processus démocratique en Afrique et n’excluant pas de futures poursuites judiciaires.

Muhammadu Buhari, élu en 2015 malgré cette campagne de diffamation, avait été le premier candidat de l’opposition à remporter un scrutin présidentiel depuis l’accès du Nigeria à la démocratie.

« Il veut poursuivre cet héritage d’élections meilleures lorsqu’il quittera le pouvoir. Il veut améliorer les choses », a précisé son conseiller en communication pour expliquer la mise en place du comité d’enquête.

« Il (M. Jonathan) n’était pas au courant », tranche Ikechukwu Eze, porte-parole de l’ex-président déchu, ajoutant que le parti ne voulait faire « aucune déclaration à ce sujet avant de connaître les conclusions de l’enquête ».

Christopher Wylie, ancien employé de la société britannique et lanceur d’alerte dans cette affaire, a expliqué dans la presse européenne que leur mission au Nigeria était payée par « un milliardaire, paniqué à l’idée d’un changement de gouvernement et prêt à mettre le prix fort pour que cela n’arrive pas ».

Dans le même temps, le scandale autour de la diffusion de données personnelles d’utilisateurs de Facebook a pris une nouvelle ampleur mercredi, le réseau social estimant à quelque 87 millions, contre 50 évoqués jusqu’ici, le nombre de membres dont les données personnelles ont pu être récupérées à leur insu par Cambridge Analytica.

Selon le lanceur d’alerte, la firme britannique d’analyses de données et de communication stratégique aurait également joué un « rôle crucial » dans le vote du Brexit, et travaillait pour le compte d’autres hommes politiques à travers le monde, notamment pour l’Américain Donald Trump et le Kenyan Uhuru Kenyatta, élu en 2017 après une campagne violente et contestée par l’opposition.

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