Sécurité : La police refuse l’autorisation de la marche annuelle de la Nakba
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Sécurité : La police refuse l’autorisation de la marche annuelle de la Nakba

Il a été demandé aux groupes arabes de ne pas organiser la procession annuelle marquant la « catastrophe » de la création d'Israël pendant les festivités de l'indépendance

Affiche du 63eme anniversaire de la Naqba (Credit  Abed Rahim KhatibFlash90)
Affiche du 63eme anniversaire de la Naqba (Credit Abed Rahim KhatibFlash90)

La police aurait refusé d’accorder un permis pour la prochaine « Marche du retour », l’un des événements annuels organisés par les Israéliens arabes pour marquer la Nakba – la « catastrophe » de la création de l’État juif.

La marche prévue pour le 69ème anniversaire de l’Indépendance d’Israël au début du mois de mai a été annulée par la police, qui a déclaré qu’il n’y avait pas assez de main-d’œuvre pour assurer l’événement en raison du grand nombre de célébrations qui se déroulaient dans tout le pays, a rapporté le quotidien Haaretz.

Chaque année, l’événement attire des milliers d’Arabes israéliens, et un grand nombre de policiers sont généralement déployés dans la région pour éviter d’éventuels affrontements avec les Israéliens juifs célébrant le Jour de l’Indépendance, bien qu’aucune arrestation ou incident de violence n’ait été signalé ces dernières années.

Depuis son lancement en 1998, les organisateurs choisissent chaque année l’emplacement d’un autre village arabe détruit pendant la guerre d’Indépendance et s’y rendent, appelant au retour des réfugiés palestiniens dans leurs anciennes maisons.

La marche de cette année devait avoir lieu près du village d’al-Kabri, dans le nord, et les organisateurs ont déposé le mois dernier des demandes de permis auprès du commissariat de police voisin de Nahariya.

Les organisateurs ont déclaré à Haaretz qu’ils étaient surpris de s’être vus refuser un permis puisqu’ils avaient déjà conclu un accord préliminaire avec la police de Nahariya pour organiser la marche et accéder à leurs demandes.

Wissam Arid, avocat de l’Association pour la défense des droits des personnes déplacées (ADRID) et l’un des organisateurs du rallye, a affirmé que le permis avait été refusé pour des raisons politiques.

« Nous sommes convaincus que c’est une décision motivée par la politique », a déclaré M. Arid. « Nous défendrons notre droit de commémorer cet événement et nous nous engageons à respecter les conditions qui garantissent la sécurité de tous les participants ».

La police a répondu en niant que la décision avait été motivée par des raisons politiques, insistant sur le fait qu’il est impossible de maintenir la sécurité de la marche annuelle à cette date.

« Il convient de noter que garantir la sécurité d’une marche au cours de laquelle quelque 25 000 personnes sont attendues nécessite des préparatifs spéciaux de la police, impossible à mettre en œuvre à l’heure actuelle », a déclaré le communiqué.

« Cette décision a été prise basée uniquement sur des considérations professionnelles et pratiques, et les tentatives de l’attribuer à d’autres motivations sont déformées et erronées. »

Le communiqué a déclaré qu’il était « regrettable » que les organisateurs soient déterminés à organiser la marche le jour de l’indépendance, lorsque les forces de l’ordre « investissent toutes leurs ressources afin d’assurer la sécurité de millions de civils à travers le pays », et a appelé l’événement à être reporté à une date ultérieure.

L’année dernière, un conseiller de la Galilée avait demandé à ce que la marche, qui se déroulait à travers la forêt de Lavie près de Tibériade, soit déplacée à une date différente afin d’éviter les affrontements potentiels avec les familles juives réunies là pour célébrer le Jour de l’Indépendance.

Les organisateurs ont refusé, insistant sur la nature non violente de l’événement et le fait qu’ils avaient reçu une autorisation de la police.

Chaque mois de mai, les Palestiniens et les Israéliens arabes organisent des rassemblements pour commémorer la Nakba – la défaite et le déplacement de centaines de milliers d’Arabes durant la guerre de 1948 dans laquelle Israël a gagné son indépendance. Beaucoup de ces réfugiés et de leurs descendants, qui sont aujourd’hui plusieurs millions, vivent en Cisjordanie et dans la bande de Gaza ou dans la Syrie voisine, le Liban et la Jordanie.

 

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