Seul un quart des réservistes éligibles sert dans Tsahal
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Seul un quart des réservistes éligibles sert dans Tsahal

L’armée dit avoir “réduit les excès” pour se rationaliser ; Tel Aviv fournit la plupart des soldats et officiers de réserve

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Un soldat israélien  fait son sac avant de quitter une zone de déploiement près de la frontière de la bande de Gaza, en novembre 2012. (Crédit : Tsafrir Abayov/Flash90)
Un soldat israélien fait son sac avant de quitter une zone de déploiement près de la frontière de la bande de Gaza, en novembre 2012. (Crédit : Tsafrir Abayov/Flash90)

L’année dernière, le nombre de soldats réservistes dans l’armée israélienne a diminué, alors que le nombre de formations pour ces soldats a augmenté, selon un haut gradé.

Alors que les menaces contre Israël ont changé – de grandes armées nationales à des acteurs non étatiques plus petits, l’armée a également modifié la manière dont elle utilise ses soldats réservistes, concentrant son attention sur une formation plus intensive pour un plus petit nombre de réservistes, a déclaré la semaine dernière au Times of Israël le colonel Amir Chai, directeur du Département des réservistes de l’armée de terre israélienne.

Bien que l’armée ait décrit ce changement en termes de besoins opérationnels, les contraintes budgétaires ont également joué un rôle crucial dans la décision de réduire le nombre de soldats réservistes. Dans toute l’armée israélienne, « faire plus avec moins » est devenu un slogan souvent entendu, et les réservistes sont également concernés.

En 2013, 34 % des Israéliens éligibles au devoir de réserve (personnes de moins de 40 ans ayant servi dans l’armée israélienne) avaient un statut « actif », ce qui signifie qu’ils avaient effectivement réalisé leur service de réserve de 20 jours dans les trois années précédentes, selon les données de l’armée israélienne.

En 2015, ce nombre est tombé à 26 %.

Soldat israélien réserviste dans le désert du Néguev, au sud d'Israël. Illustration. (Crédit : Matanya Tausig/Flash90)
Soldat israélien réserviste dans le désert du Néguev, au sud d’Israël. Illustration. (Crédit : Matanya Tausig/Flash90)

Selon l’armée israélienne, cette coupe de huit points est le résultat d’une « réduction des excès », et de l’exemption des réservistes dont les postes ne sont soit plus nécessaires, soit déjà remplis par les soldats existants.

« Nous avons des unités qui sont plus grandes qu’elles ne devraient l’être. Nous devons garder ce dont nous avons effectivement besoin, plus un peu de flexibilité, et supprimer les personnes qui ne remplissent pas leur rôle ou ne sont pas nécessaires », a déclaré Chai.

En 2015, les réservistes ont servi pendant un total de 1 850 000 jours, presque 700 000 jours de moins qu’en 2014. Cependant, comme il y a eu une opération à grande échelle en 2014, les statistiques ne sont pas forcément comparables avec l’année 2015, qui n’a pas connu de guerre. (Aucune statistique de ce genre n’est disponible pour 2013.)

A la suite des échecs de la Deuxième guerre du Liban en 2006, l’armée israélienne a réalisé qu’elle devait modifier sa politique à l’égard des réservistes, qui se sont retrouvés mal équipés et peu formés pour le conflit.

L’une des conséquences de ce changement a été l’abandon progressif des réservistes qui réalisent des activités militaires quotidiennes – garder les implantations de Cisjordanie, patrouiller aux frontières, etc. – pour favoriser des exercices de formation, selon Chai, qui supervise les unités de réserve de l’armée de terre, qui représentent environ la moitié des réservistes de l’armée israélienne.

Des soldats israéliens surveillent la frontière avec Gaza depuis un centre de commandement voisin. (Crédit : Gadi Yampel/unité des portes-paroles de l'armée israélienne)
Des soldats israéliens surveillent la frontière avec Gaza depuis un centre de commandement voisin. (Crédit : Gadi Yampel/unité des portes-paroles de l’armée israélienne)

Pour les femmes, les postes les plus fréquents du devoir de réserve étaient des « guetteurs », qui surveillaient des vidéos de sécurité, des officiers d’infanterie et des soldats dans les salles d’opération, des décrypteurs de code et des officiers de ressources humaines.

Bien que le nombre de femmes servant en réserve a augmenté au cours des ans, les hommes représentent toujours 84 % des réservistes d’Israël.

Pour la Journée nationale des réservistes, une célébration annuelle en Israël pour remercier ceux qui accomplissent leur devoir de réserve, l’armée israélienne a publié une poignée de statistiques montrant la contribution de ces réservistes.

Tel Aviv apporte le nombre de réservistes le plus important du pays avec 34 182 personnes, alors que Jérusalem en compte 26 666, malgré la population âgée de 18 à 40 ans plus importante de la ville. (Ceci est probablement attribuable au plus grand nombre d’ultra-orthodoxes à Jérusalem, dont la plupart ne sert pas dans l’armée.)

La ville blanche est également le plus gros contributeur de commandants de compagnie et bataillon, respectivement 69 et 20.

Des soldats israéliens de la brigade Givati ​​se préparent à une mission nocturne dans la ville de Naplouse, en Cisjordanie, le 7 octobre 2015.  (Crédit : unité des portes-paroles de l'armée israélienne/Flash90)
Des soldats israéliens de la brigade Givati ​​se préparent à une mission nocturne dans la ville de Naplouse, en Cisjordanie, le 7 octobre 2015. (Crédit : unité des portes-paroles de l’armée israélienne/Flash90)

Quelque 46 commandants de compagnie et 10 commandants de bataillons viennent de Jérusalem, et 31 commandants de compagnie et 11 commandants de bataillons de Haïfa.

Moins d’un tiers (29 %) des réservistes ont des enfants. Cependant, ceux qui en ont servent apparemment plus que leurs camarades qui n’en ont pas. Les parents représentent 40,5 % du nombre total de réservistes qui ont servi plus de trois jours en 2015, selon l’armée.

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