Shaked critique les attaques de Netanyahu contre les procureurs de l’Etat
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Shaked critique les attaques de Netanyahu contre les procureurs de l’Etat

La ministre de la Justice a également clamé qu'il était impossible de croire que le Premier ministre résisterait aux pressions américaines en faveur d'un Etat palestinien

La ministre de la Justice Ayelet Shaked, à droite, serre la main du procureur de l'Etat Shai Nitzan au cours d'une cérémonie au ministère de la Justice de Jérusalem, le 17 mai 2015 (Crédit : Dudi Vaknin/pool)
La ministre de la Justice Ayelet Shaked, à droite, serre la main du procureur de l'Etat Shai Nitzan au cours d'une cérémonie au ministère de la Justice de Jérusalem, le 17 mai 2015 (Crédit : Dudi Vaknin/pool)

La ministre de la Justice Ayelet Shaked a critiqué samedi Benjamin Netanyahu pour ses attaques personnelles contre deux procureurs de l’Etat qui ont travaillé avec le procureur général sur le dossier d’inculpation du Premier ministre.

Jeudi, quelques heures après l’annonce du procureur général Avichai Mandelblit de sa décision d’inculper le Premier ministre pour fraude et abus de confiance dans trois dossiers – et pour corruption dans l’un d’eux – dans l’attente d’une audition, Netanyahu avait accusé les procureurs Shai Nitzan et Liat Ben-Ari d’avoir été « les deux procureurs en particulier qui ont exercé des pressions en faveur de mon inculpation » – et ce, pour des raisons politiques.

« Je connais le procureur général et son équipe, notamment Shai [Nitzan] et Liat Ben-Ari », a dit Ayelet Shaked devant les caméras de la Douzième chaîne. « Ce ne sont pas des personnalités politiquement orientées. Ils prennent leurs décisions pour de bonnes raisons ».

Elle a aussi noté que Ben-Ari avait poursuivi Ehud Olmert, Premier ministre de centre-gauche qui avait été incarcéré pour corruption en 2016.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu fait une déclaration aux médias le 28 février 2019. (Capture d’écran)

« On peut tout à fait émettre des critiques, c’est une certitude dans un État démocratique. Mais les critiques doivent porter sur le fond, elles ne doivent pas être personnelles », a fait savoir la ministre. « Il ne doit pas y avoir d’attaques personnelles ».

La partenaire de coalition de Netanyahu a également attaqué les politiques et l’intégrité de ce dernier, affirmant qu’il était impossible de lui faire confiance pour résister aux pressions américaines d’établir un Etat palestinien.

Après le scrutin du mois d’avril, s’ils en ont l’occasion, Netanyahu et son principal adversaire de l’opposition Benny Gantz – et ce, malgré leurs dénégations – pourraient se rejoindre au sein d’une coalition et établir un partenariat pour donner un Etat aux Palestiniens, a-t-elle averti.

« Nous devons sauver le bloc de droite » en renforçant son parti HaYamin HaHadash, a ajouté la ministre de la Justice.

Malgré la promesse du contraire par le leader de Hossen LeYisrael, Benny Gantz, l’ancien chef d’état-major devenu principal rival de Netanyahu lors du scrutin « rejoindrait un gouvernement Netanyahu », a affirmé Shaked.

« Netanyahu fait toujours ça. En 2009, lui et [Ehud] Barak avaient juré qu’ils ne siégeraient pas dans le même gouvernement » mais Barak l’avait pourtant rapidement rejoint. Il était devenu ministre de la Défense et « on avait eu le discours de Bar Ilan » dans lequel Netanyahu avait reconnu le principe de la création d’un Etat palestinien. « En 2013, il a placé Tzipi Livni, responsable de Kadima, au poste de ministre de la Justice. Et il a tenté de faire la même chose avec Isaac Herzog », a-t-elle accusé.

Elle a également rejeté les ambitions de Gantz à la fonction de Premier ministre, estimant que « quelqu’un sans aucune expérience de gouvernement ne peut pas être Premier ministre ».

Dans un courrier dont le contenu a été rendu public vendredi, le procureur général a qualifié la décision d’inculper Netanyahu sous réserve d’une audience de « jour, non pas heureux… mais cependant très important pour une société qui garantit l’Etat de droit ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le procureur général Avichai Mandelblit lors d’une réunion du gouvernement en juillet 2015, quand Mandelblit était secrétaire du cabinet. (Crédit : Emil Salman/POOL)

Mandelblit a fait l’éloge du procureur de l’Etat Nitzan et de la cheffe du département fiscal et des finances au bureau du procureur de l’Etat, Liat Ben-Ari, après les critiques de Netanyahu.

« Je remercie particulièrement mon partenaire, le procureur de l’Etat Shai Nitzan. Le travail du bureau du procureur de l’Etat doit être mené avec une main ferme et une perspicacité considérable en raison de l’obligation profonde induite par la lutte contre la corruption », a-t-il dit.

Liat Ben-Ari (Capture d’écran : YouTube)

« Et je voudrais rendre hommage à un autre élément essentiel… Qui a porté la plus grande partie du fardeau avec talent et avec courage, Liat Ben-Ari », a ajouté Avichai Mandelblit.

Le ministère de la Justice a rejeté jeudi soir les commentaires de Netanyahu mettant en cause l’intégrité de Nitzan et de Ben-Ari, qualifiant les affirmations du Premier ministre « d’infondées et trompeuses ».

Vendredi soir, Eran Shendar, ancien procureur de l’Etat, a condamné Benjamin Netanyahu avec virulence pour ses attaques.

« Le Premier ministre a décidé de tout brûler – allant jusqu’à brûler l’Etat de droit – pour sauver son image publique », a dit Shendar devant les caméras de la Douzième chaîne.

Même si la décision n’est pas définitive, l’appel de Mandelblit à inculper Netanyahu marque la première fois dans toute l’histoire d’Israël qu’un Premier ministre en exercice apprend devoir faire face à une éventuelle inculpation – semant le doute sur sa campagne de réélection.

L’intéressé aura l’opportunité de tenter d’infléchir cette décision lors d’une audience qui devrait avoir lieu dans les mois qui suivront le vote du 9 avril. Un tel processus peut durer jusqu’à un an.

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