Shaked : le plan de paix de Trump est « une perte de temps »
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Shaked : le plan de paix de Trump est « une perte de temps »

Alors que Washington envisage d'annoncer son "accord du siècle", la ministre de la Justice souligne le fossé entre Palestiniens et Israéliens, beaucoup trop grand pour être comblé

La ministre de la Justice Ayelet Shaked lors d'une conférence sur la chaîne Hadashot à Jérusalem, le 3 septembre 2018 (Crédit :  Yonatan Sindel/Flash90)
La ministre de la Justice Ayelet Shaked lors d'une conférence sur la chaîne Hadashot à Jérusalem, le 3 septembre 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Alors que les rumeurs selon lesquelles le président américain Donald Trump chercherait à mettre en œuvre le plan de paix de son gouvernement pour les Israéliens et les Palestiniens en février, la ministre de la Justice Ayelet Shaked (HaBayit HaYehudi) a déclaré mercredi qu’elle expliquerait au dirigeant américain que toute proposition était « une perte de temps ».

« Je pense que le fossé entre les Palestiniens et les Israéliens est beaucoup trop grand pour être comblé », a-t-elle déclaré lors d’une interview en anglais sur scène lors de la conférence diplomatique du Jerusalem Post.

Elle a ajouté : « Personnellement, je pense que c’est une perte de temps. Bien que je veuille la paix comme tout le monde, je pense que je suis plus réaliste. Et je sais que dans un futur proche, c’est impossible. »

Dans une probable concession aux subtilités diplomatiques, elle a ajouté : « Mais attendons de voir ce que [l’administration Trump] va offrir ».

Le président américain Donald Trump s’exprime lors d’une conférence de presse dans la salle Est de la Maison Blanche, à Washington, le 7 novembre 2018. (Evan Vucci/AP)

Selon un reportage télévisé diffusé dimanche, M. Trump devrait tenir une réunion avec les principaux conseillers cette semaine afin d’examiner le plan de paix de son administration et de discuter du moment de sa publication.

Le secrétaire d’État Mike Pompeo, le conseiller à la sécurité nationale John Bolton, le conseiller principal de Trump et son gendre Jared Kushner, ainsi que l’envoyé pour la paix au Moyen Orient Jason Greenblatt, doivent assister à la réunion, selon le rapport de la Dixième chaîne. L’ambassadeur des États-Unis en Israël, David Friedman, s’est également rendu à Washington, DC, pour y assister.

Les responsables américains ont déclaré à la chaîne d’information que M. Trump souhaitait que le plan soit mis en œuvre d’ici février, mais ses conseillers ont préconisé une approche plus prudente, compte tenu de la crise politique qui a frappé Israël la semaine dernière et de la majorité parlementaire extrêmement mince (61 sièges) que le gouvernement Netanyahu détient dorénavant.

Bien que l’administration Trump vante son plan de paix depuis des mois, les détails le concernant sont rares et les Palestiniens se sont engagés à ne pas coopérer aux efforts des Etats-Unis.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (2e à partir de la droite) reçoit à son bureau de Jérusalem l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Ron Dermer (à droite), le conseiller de la Maison Blanche Jared Kushner (au centre), l’ambassadeur des États-Unis en Israël, David Friedman (à gauche) et l’envoyé spécial Jason Greenblatt (deuxième à gauche), le 22 juin 2018. (Haim Zach/GPO)

L’information est survenue alors que le gouvernement de Netanyahu semblait sur le point de sombrer plus tôt cette semaine.

La crise de la coalition a été déclenchée par la démission d’Avigdor Liberman au poste de ministre de la Défense la semaine dernière, en réponse à l’accord de cessez-le-feu qui a mis fin à une flambée militaire entre Israël et les groupes terroristes palestiniens dans la bande de Gaza.

Au cours du week-end, la chaîne d’information Hadashot a rapporté que le cabinet du Premier ministre craignait de plus en plus que la publication du plan de paix Trump ne nuise aux perspectives électorales du parti au pouvoir, le Likud, lors des prochaines élections nationales.

Bien que les détails spécifiques du plan aient été soigneusement protégés par les Etats-Unis, le reportage télévisé a indiqué que le camp de Netanyahu prévoyait de contacter la Maison Blanche afin de repousser la publication de la proposition jusqu’après les élections.

Hadashot a déclaré que M. Kushner avait indiqué en privé dans le passé que la publication de ce plan pourrait être reportée si Israël était impliqué dans une campagne électorale.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (2e D), le ministre de l’Éducation Naftali Bennett (1er G) et le ministre des Finances Moshe Kahlon (2e G) assistent à la réunion hebdomadaire du cabinet au cabinet du Premier ministre à Jérusalem le 18 novembre 2018. (Abir Sultan/Pool/AFP)

Le bureau de Netanyahu a déclaré à la chaîne en réponse au reportage, que la seule préoccupation du Premier ministre par rapport au plan de paix américain est la sécurité d’Israël.

« Le Premier ministre ne sait pas quand le plan américain sera présenté, et quand il le sera, le seul facteur dont il tiendra compte sera les intérêts de la nation, en premier lieu la sécurité d’Israël », a commenté son bureau.

M. Trump n’a pas encore révélé la date de la publication de son plan de paix, mais il a déclaré lors d’une réunion avec M. Netanyahu en septembre qu’il espérait le publier au début de l’année prochaine.

Outre l’incertitude politique croissante en Israël, la Maison Blanche doit également tenir compte de la manière dont le plan de paix sera reçu par l’Autorité palestinienne, dont le président, Mahmoud Abbas, boycotte l’administration Trump depuis sa reconnaissance en décembre dernier de Jérusalem comme capitale israélienne et s’est engagé à s’opposer au « deal du siècle ».

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