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Sheba: 20% des soignants vaccinés, testés positifs, souffrent du « COVID long »

La majorité des 39 cas "avancés" parmi les 1 497 sujets étaient bénins, mais l'auteure de l'étude estime que la persistance des symptômes chez une minorité est "préoccupante"

Des travailleurs de la santé prélèvent des échantillons d'essai sur un soignant à la maison de retraite Migdal Nofim à Jérusalem, le 27 juillet 2021. (Olivier Fitoussi/Flash90)
Des travailleurs de la santé prélèvent des échantillons d'essai sur un soignant à la maison de retraite Migdal Nofim à Jérusalem, le 27 juillet 2021. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Une étude publiée mercredi suggère que les Israéliens vaccinés qui contractent par la suite le coronavirus sont atteints par des formes plus légères, mais peuvent encore souffrir de ce qu’on appelle le « COVID long », et ce en nombre significatif.

L’hôpital Sheba a suivi 1 497 membres du personnel soignant entièrement vaccinés après qu’ils ont reçu leur deuxième injection.

Ses conclusions au sujet des 39 infections « avancées » contractées par les agents de santé dans les trois mois suivant leur deuxième injection ont été publiées dans le New England Journal of Medicine.

« Nous avons trouvé principalement une infection très bénigne », a déclaré l’auteure principale, la directrice de l’unité d’épidémiologie des maladies infectieuses de Sheba, Gili Regev-Yochay, lors d’un point de presse mercredi. Elle a souligné qu’elle considère que le nombre d’infections avancées est faible, ce qui souligne l’efficacité élevée du vaccin.

« Environ 33 % étaient totalement symptomatiques et 10 % avaient une maladie négligeable très légère avec un simple écoulement nasal ou un autre symptôme de ce genre. Seules 4 % des personnes ont eu de la fièvre, dans l’ensemble la maladie était donc très légère.

« Cependant je dois préciser que près de 20 % d’entre eux présentaient des symptômes persistants pendant plus de six semaines, ce que nous appelons le ‘COVID long’. Certains souffraient d’une perte du goût ou de l’odorat, d’autres d’une fatigue sévère, quelques-uns ne pouvant pas retourner au travail au bout de six semaines, ce qui, à mon sens, est préoccupant », a déclaré Regev-Yochay.

Regev-Yochay a noté que la recherche a précédé l’arrivée du variant Delta, aujourd’hui dominant en Israël, mais a fait valoir que les résultats restent pertinents pour mettre en évidence les tendances générales parmi les populations vaccinées.

Une Israélienne reçoit un vaccin contre le coronavirus à PetahTikva, le 6 juin 2021. (Crédit : Flash90)

Un autre élément de la recherche pourrait aider les législateurs à résoudre le dilemme concernant les troisièmes doses du vaccin, leur éventuelle distribution, son timing, et quelles catégories démographiques devraient être prioritaires si ells s’avèrent nécessaire.

Les médecins ne sont pas certains que les niveaux d’anticorps soient un indicateur clair du risque de réinfection, car d’autres aspects de la réaction immunitaire peuvent s’avérer plus importants. Mais la recherche de Sheba suggère une forte corrélation entre les anticorps et la vulnérabilité à l’infection.

« Les personnes qui [ont été] infectées avaient, en moyenne, des anticorps neutralisants juste avant leur infection trois fois plus faibles que les autres », a déclaré Regev. « Et si l’on regarde le moment du pic où les titres [concentrations d’anticorps] étaient les plus élevés, leurs titres étaient sept fois plus faibles que pour ceux qui n’ont pas été infectés. »

Elle a suggéré que les tests sérologiques visant à déterminer les niveaux d’anticorps parmi les différentes catégories démographiques aideront les autorités à évaluer qui a besoin de rappels et quand.

Mme Regev a déclaré que ses recherches indiquent également que les niveaux d’anticorps sont un bon indicateur des risques qu’une personne vaccinée ayant contracté le coronavirus infecte par la suite d’autres personnes.

« La corrélation était très forte. Les personnes qui avaient des anticorps neutralisants plus élevés avaient des charges virales plus importantes », a-t-elle ajouté.

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