Shin Bet : le Hamas vole l’aide d’associations turques pour Gaza
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Shin Bet : le Hamas vole l’aide d’associations turques pour Gaza

Le service a arrêté un homme et en accuse un autre de détourner l’argent destiné à la reconstruction au profit de la branche armée du groupe terroriste

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Muhammad Murtaja, 40 ans, arrêté par le Shin Bet qui le soupçonne d'avoir détourner l'argent d'une association turque au profit du Hamas. (Crédit : COGAT)
Muhammad Murtaja, 40 ans, arrêté par le Shin Bet qui le soupçonne d'avoir détourner l'argent d'une association turque au profit du Hamas. (Crédit : COGAT)

Le Shin Bet a accusé deux Palestiniens de détourner les fonds destinés à la reconstruction de la bande de Gaza versés par des œuvres caritatives turques au profit du groupe terroriste du Hamas.

Le directeur de la branche gazaouie de l’Agence turque de développement et de coopération internationale (TIKA), Muhammad Murtaja, a été arrêté le mois dernier. Il est soupçonné de travailler pour le Hamas, a annoncé le Shin Bet mardi.

Mehmet Kaya, le directeur de la Fondation d’aide humanitaire turque, connue par son acronyme IHH, était également impliqué dans l’enquête du Shin Bet, mais n’a pas été arrêté pour le moment.

« L’organisation terroriste égotique du Hamas a volé des financements d’organisations internationales destinés aux nécessiteux de la bande de Gaza. Le Hamas prospère aux dépens des habitants de la bande et utilise les donations qui leurs sont destinées pour financer le terrorisme », a déclaré le général de division Yoav Mordechai, le coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT).

Des enfants palestiniens jouent dans un cratère à Beit Lahia, dans le nord de la bande de Gaza, créé par une frappe aérienne israélienne la veille tirée en réponse à une roquette lancée sur Sdérot, le 22 août 2016. (Crédit : AFP/Mahmud Hams)
Des enfants palestiniens jouent dans un cratère à Beit Lahia, dans le nord de la bande de Gaza, créé par une frappe aérienne israélienne la veille tirée en réponse à une roquette lancée sur Sdérot, le 22 août 2016. (Crédit : AFP/Mahmud Hams)

Selon le Shin Bet, Murtaja a tiré parti de sa position au sein de TIKA pour détourner des financements et des ressources des « projets humanitaires importants » au profit de la branche armée du Hamas.

Une arnaque apparente a été détaillée par le service de sécurité. Elle a permis de donner des « millions de shekels » à des membres du Hamas en liquide et en nourriture.

Le Shin Bet a déclaré que Murtaja avait remplacé les noms des candidats éligibles à l’aide humanitaire par les noms de personnes qui seraient « des agents militaires du Hamas et leurs familles », qui ont alors reçu l’argent et les aides de TIKA.

Murtaja, 40 ans, a été arrêté alors qu’il tentait de se rendre en Turquie depuis la bande de Gaza.

Ismail Haniyeh, dirigeant du Hamas, à son retour à Gaza Ville, le 27 janvier 2017. (Crédit : Mohammed Abed/AFP)
Ismail Haniyeh, dirigeant du Hamas, à son retour à Gaza Ville, le 27 janvier 2017. (Crédit : Mohammed Abed/AFP)

Selon le Shin Bet, le détournement était connu de l’échelon supérieur du Hamas, « Ismail Haniyeh en tête ».

IHH, qu’Israël considère officiellement comme une organisation terroriste, est responsable de la flottille de 2010 du Mavi Marmara, sur laquelle neuf activistes ont été tués après avoir attaqué des commandos israéliens qui abordaient leur bateau.

Selon le Shin Bet, Kaya a utilisé l’argent de l’IHH pour « financer directement les activités de la branche armée du Hamas. »

Le Shin Bet a déclaré que l’argent que Kaya avait donné à Haniyeh et à d’autres poids-lourds du Hamas avait été utilisé pour mettre en place une base d’entraînement pour les commandos navals du groupe terroriste, et pour acheter du matériel.

« Cette enquête montre les méthodes de détournement utilisées par le Hamas contre la communauté internationale, et contre les organisations d’aide humanitaire », a déclaré le Shin Bet.

Cette fraude « détourne l’argent et les ressources destinés à la reconstruction de la bande de Gaza et aux populations nécessiteuses », a-t-il déclaré.

Extrait d'un documentaire d'al-Jazeera diffusé le 6 août 2014 montrant des hommes armés du Hamas, des armes et des tunnels en place avant la violation par le Hamas de la trêve, le 8 août 2014. (Crédit : capture d'écran MEMRI)
Extrait d’un documentaire d’al-Jazeera diffusé le 6 août 2014 montrant des hommes armés du Hamas, des armes et des tunnels en place avant la violation par le Hamas de la trêve, le 8 août 2014. (Crédit : capture d’écran MEMRI)

Murtaja aurait rejoint le groupe terroriste en 2008, où il aurait pris part à des « entraînements et des exercices militaires, des fabrications d’armes et d’engins explosifs improvisés et des forages de tunnels terroristes », a indiqué le Shin Bet.

Pendant ses interrogatoires, il a fourni au service de sécurité des « informations opérationnelles » sur les systèmes de tunnels du Hamas, des plans de guerre et de fabrication d’armes, a précisé le Shin Bet.

L’année dernière, le Shin Bet avait accusé un employé de l’association internationale World Vision, Muhammad Halabi, de détourner de l’argent au profit du Hamas.

Une enquête diligentée par les autorités australiennes a conclu que l’organisation caritative chrétienne active dans la bande de Gaza n’avait pas détourné d’argent au profit du mouvement islamiste Hamas, contrairement aux affirmations d’Israël.

L’Etat hébreu accuse Mohamed Halabi, directeur de l’organisation World Vision dans la bande de Gaza, d’avoir détourné des dizaines de millions de dollars au profit du Hamas, qui contrôle l’enclave palestinienne.

En procès depuis août dernier, ce Palestinien a plaidé non coupable de toutes les charges retenues contre lui.

Après son arrestation en juin 2016, l’Australie, qui a donné ces dernières années des millions de dollars pour des œuvres caritatives dans les territoires palestiniens, notamment pour World Vision, avait annoncé l’interruption de son financement des programmes dans la bande de Gaza et l’ouverture d’une enquête.

« L’enquête a conclu que rien ne suggère que des fonds gouvernementaux ont été détournés », estime le département des Affaires étrangères et du commerce australien dans un communiqué transmis mardi à l’AFP.

Tim Costello, le principal avocat de World Vision Australie, s’est dit « très satisfait et soulagé » des résultats de l’enquête.

« Notre propre audit n’a pas mis à jour de détournement de fonds », a-t-il dit à l’AFP, soulignant cependant que cet audit ne serait pas terminé avant l’été.

Le département des Affaires étrangères et du commerce australien a indiqué que les programmes de World Vision resteraient gelés dans la bande de Gaza en attendant le résultat de l’enquête au sein de l’ONG et la fin du procès de Mohamed Halabi.

Les avocats de ce dernier se sont plaints de ne pas avoir accès à toutes les pièces du dossier.

Un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères n’a pas souhaité faire de commentaires alors que le procès est en cours.

World Vision est une ONG chrétienne américaine qui emploie plus de 40 000 personnes dans près de 100 pays.

L’AFP a contribué à cet article.

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