Shoah: Ancestry publie des millions de documents consultables gratuitement
Rechercher

Shoah: Ancestry publie des millions de documents consultables gratuitement

La firme de recherche généalogique fournit des archives contenant des informations sur les personnes persécutées par les nazis ou ayant fui l'Europe après la guerre

Une liste de personnes déplacées avec notamment les victimes des persécutions nazies publiée en ligne par la firme de recherche généalogique Ancestry, le 31 juillet 2019 (Capture d'écran)
Une liste de personnes déplacées avec notamment les victimes des persécutions nazies publiée en ligne par la firme de recherche généalogique Ancestry, le 31 juillet 2019 (Capture d'écran)

La firme de recherche généalogique Ancestry a numérisé des millions de registres historiques liés à la Shoah et elle les a publiés sur un site internet gratuit.

La firme a annoncé la diffusion des registres mercredi, la qualifiant « d’initiative philanthropique visant à rendre disponibles à tout un chacun des dossiers importants au niveau culturel ».

Ces registres sont regroupés dans deux collections principales. L’une est une archive comportant la liste des personnes déplacées en Europe entre 1946 et 1971, avec notamment de nombreux survivants de camps de concentration et des persécutions nazies.

La seconde comporte des informations sur les non-Allemands qui ont été emprisonnés, ou vivant en Allemagne ou dans les zones contrôlées par les Allemands entre 1939 et 1947. Elle comporte les identités des individus qui ont été persécutés par les institutions et corporations publiques et présente des détails sur leur décès – avec notamment des informations sur l’endroit où ils ont été inhumés.

Les archives contiennent la liste des noms des personnes ayant été déplacés ensemble et elles informent des lieux où les réfugiés s’étaient établis pendant et après la guerre.

Ces informations peuvent combler des failles pour les personnes désireuses d’en savoir davantage sur l’histoire de leurs familles mais les utilisateurs ne pourront pas retrouver des victimes du génocide s’ils ne possèdent pas d’ores et déjà des informations préalables d’identification.

Les utilisateurs pourront examiner les registres, par exemple, pour retracer le parcours d’un proche à travers l’Europe qui avait fui le danger nazi pour trouver un refuge aux Etats-Unis.

Le principal bâtiment de l’ITS (International Tracing Service) à Bad Arolsen, en Allemagne, construit en 1952. (Crédit : Andreas Greiner-Napp/ITS)

Les informations pourront également être utilisées pour l’obtention d’indemnités financières de la part du gouvernement allemand et de la compagnie ferroviaire hollandaise qui, tous les deux, offrent des réparations aux victimes de la Shoah en exigeant préalablement des renseignements précis.

Les registres sont présentés gratuitement même si les utilisateurs seront dans l’obligation d’ouvrir un compte, lui aussi gratuit.

Ancestry n’a pas révélé d’informations nouvelles mais a numérisé des registres existants, les rendant consultables en ligne pour la toute première fois, a noté la firme.

Les contenus de cette toute nouvelle base de données proviennent des Archives d’Arolsen, une collection documentaire détenue par le Centre international sur les persécutions nazies qui s’est associé avec Ancestry sur le projet. Les archives contiennent les registres concernant environ 17,5 millions de personnes appartenant aux groupes ciblés par les nazis, a fait savoir Ancestry.

Illustration : Un généalogiste juif du New Jersey consulte les documents de l’ITS (International Tracing Service) à Bad Arolsen, dans le centre de l’Allemagne (Crédit : Michael Probst/AP)

« La diffusion de cette collection de document entre dans le cadre d’une initiative philanthropique d’Ancestry visant à rendre disponibles à tout un chacun des informations importantes au niveau culturel », a fait savoir l’entreprise dans une déclaration, selon un article paru dans le New York Times.

Ancestry a affirmé avoir fourni des copies numérisées aux archives d’Arolsen, à Yad Vashem ainsi qu’au musée américain de commémoration de l’Holocauste.

La firme a indiqué que les documents présentés faisaient partie des deux premières séries mises à disposition du public – ce qui laisse entendre qu’il pourrait y en avoir davantage à l’avenir.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...