Shoah : La France restitue 12 œuvres aux descendants d’un avocat juif
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Shoah : La France restitue 12 œuvres aux descendants d’un avocat juif

La collection d'Armand Dorville avait été mise en vente par son exécuteur testamentaire mais les héritiers, certains tués à Auschwitz, n'ont pas touché leur dû

Le Louvre à Paris, le musée le plus visité au monde, a fermé ses portés pour la deuxième journée d'affilée le 2 mars 2020, après que le personnel a refusé de travailler à cause des craintes suscitées par le coronavirus, a déclaré un syndicat. (Photo par Ludovic Marin / AFP)
Le Louvre à Paris, le musée le plus visité au monde, a fermé ses portés pour la deuxième journée d'affilée le 2 mars 2020, après que le personnel a refusé de travailler à cause des craintes suscitées par le coronavirus, a déclaré un syndicat. (Photo par Ludovic Marin / AFP)

La ministre française de la Culture Roselyne Bachelot-Narquin a annoncé vendredi la restitution aux ayants-droit de l’avocat juif Armand Dorville de douze œuvres que les musées nationaux avaient acquises lors d’une vente à Nice (sud-est) en 1942, en leur accordant en outre une indemnisation.

Ces œuvres, que l’Etat va rendre sur recommandation de la Commission française pour l’indemnisation des victimes de spoliations (CIVS), sont au musée du Louvre, au musée d’Orsay et au château de Compiègne.

Armand Dorville, avocat français juif, était mort en juillet 1941, en « zone sud », sous administration de Vichy. Sa collection était mise en vente par son exécuteur testamentaire, en plein accord avec ses héritiers.

Dès le début de la vente à Nice, le 24 juin 1942, un administrateur provisoire était nommé par le Commissariat général aux questions juives. Les musées nationaux achetaient alors les douze œuvres. En 1943, le produit des ventes était envoyé sous forme de titres de dette de l’Etat au notaire de la famille. Mais les héritiers, dispersés dans le sud de la France, ne pouvaient percevoir leur dû. Et cinq d’entre eux sont morts ensuite à Auschwitz.

La CIVS a considéré que, même si la vente à Nice ne peut être qualifiée elle-même de spoliatrice, des circonstances particulières donnent à la famille un droit à réparation : notamment « le blocage des sommes dues aux héritiers d’Armand Dorville et le destin tragique de plusieurs d’entre eux ».

« Les ayants droit seront indemnisés pour le préjudice découlant de l’immobilisation du produit de la vente de la mi-1942 à la fin de la guerre », a précisé le communiqué.

Ces nouvelles restitutions s’inscrivent dans une accélération des recherches sur les biens spoliés, 76 ans après la chute du nazisme. Un « travail considérable » a été mené par les musées concernés, les services d’archives et la « mission de recherche et de restitution des biens culturels spoliés entre 1933 et 1945 » dirigée par David Zivie, souligne le ministère.

La plupart de ces œuvres sont des aquarelles signées de Henry Bonaventure Monnier, Jean-Louis Forain, Constantin Guys et Pierre-Jules Mène.

Comme c’est déjà le cas pour le tableau « Rosiers sous les arbres » de Gustav Klimt, au musée d’Orsay, que la France va restituer à une famille juive spoliée en 1938 en Autriche, ces douze œuvres appartenant aux collections publiques nationales ne peuvent être restituées qu’avec l’adoption d’une loi ad-hoc.

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