Si la Haute cour se mêle de l’accord, nous irons vers un 4e scrutin – Likud
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Si la Haute cour se mêle de l’accord, nous irons vers un 4e scrutin – Likud

Benny Gantz dit qu'il ne nommera pas la totalité de ses ministres après des critiques sur les coûts

Photo montage du Premier ministre Benjamin Netanyahu (gauche) et de Benny Gantz aux bureaux de vote à Jérusalem et Rosh Haayin, respectivement, lors des élections à la Knesset du 2 mars 2020. (Marc Israel Sellem/POOL, AP Photo/Sebastian Scheiner)
Photo montage du Premier ministre Benjamin Netanyahu (gauche) et de Benny Gantz aux bureaux de vote à Jérusalem et Rosh Haayin, respectivement, lors des élections à la Knesset du 2 mars 2020. (Marc Israel Sellem/POOL, AP Photo/Sebastian Scheiner)

De hauts-responsables du parti du Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu ont averti vendredi que si la Haute-cour devait intervenir dans l’accord de coalition signé par Netanyahu et le chef de la formation Kakhol lavan, Benny Gantz, Israël se dirigerait alors immanquablement vers un quatrième scrutin.

Ces officiels ont déclaré devant les caméras de la Douzième chaîne que, compte-tenu de la complexité et de la délicatesse de l’accord, même une petite intervention risquait de le déséquilibrer, ce qui mettrait un terme à ce pacte d’unité déjà très précaire.

Les représentants de Kakhol lavan ont reconnu que le Likud avait la capacité de démanteler le gouvernement et d’entraîner l’Etat juif vers de nouvelles élections, a précisé la chaîne.

Selon l’accord conclu lundi dernier et qui est censé mettre un terme à seize mois d’impasse politique, Gantz deviendra Premier ministre dans 18 mois. Jusqu’à cette date, il occupera le poste de ministre de la Défense et il aura un droit de veto sur la majorité des dossiers législatifs et politiques.

Malgré une campagne menée sur la promesse de chasser Netanyahu du pouvoir, Gantz a annoncé, le mois dernier, qu’il était prêt à rejoindre, après tout, un gouvernement avec le leader du Likud – pour lutter contre le coronavirus et aider à protéger la démocratie israélienne.

Son initiative a entraîné la dissolution de son parti, ses anciens partenaires Yair Lapid et Moshe Yaalon faisant scission avec Kakhol lavan. C’est Lapid qui devrait dorénavant prendre la tête de l’opposition à la Knesset.

Yair Lapid s’exprime lors d’une manifestation contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu sur la place Rabin de Tel Aviv, le 19 avril 2020 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

L’accord comprend plusieurs amendements complexes aux lois fondamentales constitutionnelles. La légalité des changements survenant dans la législation existante de la Knesset et d’autres aspects de l’accord de coalition conclu entre Netanyahu et Gantz ont été remis en cause devant la Cour de Justice.

La réelle intention du tribunal d’intervenir dans l’accord – ou de répondre aux plaintes disant que Netanyahu, mis en examen, ne peut être chargé d’établir un nouveau gouvernement – reste indéterminée. Le tribunal devrait se pencher sur ces dossiers la semaine prochaine.

Lors d’une lecture préliminaire qui a eu lieu jeudi, 62 députés ont approuvé un projet de législation visant à ancrer dans la loi des aspects essentiels de l’accord – notamment la rotation au poste de Premier ministre – contre 37 parlementaires qui s’y sont opposés. Toutefois, il faudra trois lectures de plus en séance plénière avant que ce texte ne soit définitivement approuvé.

Vendredi également, des responsables de Kakhol lavan ont expliqué que le parti ne nommerait pas dans leur totalité les 16 ministres et vice-ministres supplémentaires qui lui ont été accordés en vertu de l’accord, a expliqué la Douzième chaîne.

Selon l’accord, le cabinet devait initialement comprendre 32 ministres puis passer à 36, avec 16 vice-ministres, aussitôt que la crise du coronavirus semblerait être terminée.

Il s’agirait du plus large et du plus cher gouvernement de toute l’histoire d’Israël – à un moment où le pays est aux prises avec une crise économique désastreuse et un chômage qui grimpe en flèche en raison de la pandémie de COVID-19.

L’accord stipule que le nombre de ministres sera divisé à égalité entre les blocs de Netanyahu et de Gantz. Chaque bloc comptera 16 ministres pendant la période d’urgence, un chiffre qui s’élèvera à 18 dans les trente jours suivant son terme. Chaque bloc a également le droit à huit vice-ministres.

Les responsables de Kakhol lavan ont indiqué vendredi que « même si le gouvernement doit s’élargir, aucun ministre ne s’ajoutera de notre côté et nous ne désignerons aucun vice-ministre ».

Ainsi, au lieu de 52 ministres et vice-ministres en tout après la crise, il n’y en aurait donc « qu’une » quarantaine.

Le prix à payer pour cette surcharge au sein du nouveau gouvernement – si tous les ministres autorisés dans l’accord devaient être nommés – pourrait atteindre un milliard de shekels.

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