Si le virus entre à Gaza, ce serait « un gigantesque désastre »
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Si le virus entre à Gaza, ce serait « un gigantesque désastre »

"Plus de 90 % de l'eau potable est impropre à la consommation humaine," déplore Gerald Rockenschaub, qui dirige le bureau de l'OMS dans les Territoires palestiniens

Mustafa al-Khatib, un Palestinien de 51 ans, trie des denrées alimentaires dans la cuisine de sa maison à Gaza City, le 18 mars 2020, en pleine pandémie de coronavirus. (Crédit :  Mohammed ABED / AFP)
Mustafa al-Khatib, un Palestinien de 51 ans, trie des denrées alimentaires dans la cuisine de sa maison à Gaza City, le 18 mars 2020, en pleine pandémie de coronavirus. (Crédit : Mohammed ABED / AFP)

« Cher monde, comment se passe le confinement ?! Signé : Gaza. » Les mesures d’isolement imposées dans nombre de pays pour freiner la propagation du nouveau coronavirus suscitent l’ironie d’internautes de l’enclave palestinienne, dirigée par le groupe terroriste palestinien du Hamas.

Quasiment complètement coupée du monde, l’étroite bande de terre coincée entre Israël, l’Egypte et la mer Méditerranée n’a recensé aucun cas de nouveau coronavirus pour le moment.

« Les gens voient maintenant Gaza comme l’endroit le plus sûr au monde, ‘lol' », écrit un internaute. Un autre souhaite à « tous les gens en quarantaine la bienvenue dans (sa) vie ».

Au-delà de ce statut d’ordinaire peu enviable pour les deux millions de Gazaouis, une apparition du nouveau coronavirus serait particulièrement difficile à gérer dans l’enclave appauvrie et surpeuplée, où le système de soins est défaillant, s’alarment des experts.

Des travailleurs de la santé palestiniens portent des masques de protection et se préparent à soigner et isoler des patients du coronavirus, dans la cour d’une école de l’UNRWA, àde Gaza, le 18 mars 2020, (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)

En prévention, l’agence controversée de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) à Gaza, qui gère les écoles de plus de 250 000 élèves, a déjà instauré des mesures dites de distanciation sociale.

« C’est illusoire de penser qu’on peut gérer une telle situation dans un espace clos comme celui-ci », affirme un responsable de l’Unrwa, Matthias Schmale.

Dans sa petite cuisine à Gaza, Mariam al-Khatib, 80 ans, empile boîtes de conserve et produits de nettoyage. « Je n’ai rien connu de tel de ma vie, tout le monde a peur », affirme-t-elle à l’AFP. « Si le coronavirus arrive à Gaza, beaucoup de personnes mourront. » « C’est pire qu’une guerre », ajoute cette femme qui en a connu plusieurs. Moustapha, le fils de Mme Khatib, comprend « ce que ressentent les gens à travers le monde : depuis 2007, on vit quasiment en quarantaine ».

Selon des données de l’ONU, 61 000 personnes sont sorties de Gaza via Rafah en 2018, souvent pour gagner Le Caire via la péninsule du Sinaï en proie à une insurrection islamiste.

Des travailleurs de la santé palestiniens portent des masques de protection et se préparent à soigner et isoler des patients du coronavirus, dans la cour d’une école de l’UNRWA, àde Gaza, le 18 mars 2020, (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)

Les écoles de Gaza sont fermées et plus de 2 700 personnes sont déjà confinées chez elles, la plupart après leur retour d’Egypte touchée par le virus.

Et dans le sud de la bande de Gaza, près de la frontière avec l’Egypte, le groupe terroriste palestinien du Hamas construit 1 000 chambres d’isolement.

Mais l’enclave ne dispose pour le moment que de 60 lits en soins intensifs et est confrontée à une pénurie de personnel, s’alarme Gerald Rockenschaub, qui dirige le bureau de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans les Territoires palestiniens.

« Le système de santé a dépéri en raison du blocus. Cela se traduit par une pénurie d’électricité, de médicaments de base et de main-d’oeuvre », explique-t-il. Et « Plus de 90 % de l’eau potable est impropre à la consommation humaine ».

Des travailleurs de la santé palestiniens portent des masques de protection et se préparent à soigner et isoler des patients du coronavirus, dans la cour d’une école de l’UNRWA, àde Gaza, le 18 mars 2020, (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)

Israël affirme faire tout son possible pour s’assurer que du matériel médical parvienne à Gaza et avoir facilité l’acheminement de 500 kits de dépistage.

A l’heure actuelle, il autorise la sortie des Gazaouis souffrant d’un cancer ou d’une autre maladie grave pour un traitement en Israël ou en Cisjordanie. Mais il n’est pas clair si une cette autorisation serait maintenue en cas d’arrivée du virus à Gaza.

Matthias Schmale prévient : « si l’épidémie en vient à nécessiter plus de 60 lits en soins intensifs, la situation deviendra très difficile et pourrait bien se transformer en un gigantesque désastre ».

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