Si les résultats sont corrects, Netanyahu est en difficulté
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Analyse

Si les résultats sont corrects, Netanyahu est en difficulté

Le Premier ministre n'a pas de voie claire vers une majorité. Son contrôle du Likud sera testé comme jamais auparavant… À moins que les résultats définitifs ne soient différents

David Horovitz

David est le fondateur et le rédacteur en chef du Times of Israel. Il était auparavant rédacteur en chef du Jerusalem Post et du Jerusalem Report. Il est l’auteur de « Un peu trop près de Dieu : les frissons et la panique d’une vie en Israël » (2000) et « Nature morte avec les poseurs de bombes : Israël à l’ère du terrorisme » (2004).

Montage de personnalités politiques israéliennes avant les élections du 17 septembre (Crédit : Flash90)
Montage de personnalités politiques israéliennes avant les élections du 17 septembre (Crédit : Flash90)

Montrant qu’il manque à Benjamin Netanyahu plusieurs sièges pour bâtir une coalition majoritaire, les trois sondages à la sortie des urnes des principales chaînes de télévision publiés à la fin du vote mardi soir suggèrent aussi que la politique israélienne a volé en éclat, après une décennie de son règne. Si c’est ça, ils sont exacts.

Il y a cinq mois, deux des trois sondages se sont révélés assez proches des vrais résultats, tandis que le troisième, sur la Douzième chaîne, surestimait de manière significative les perspectives des centristes de Kakhol lavan, dirigés par Benny Gantz.

En revanche, les sondages de mardi étaient assez cohérents et tous montraient que Netanyahu était en difficulté.

Kakhol lavan a immédiatement salué une révolution. « L’ère Netanyahu est révolue », a déclaré l’un des membres de la Knesset, l’ancien conseiller de Netanyahu, Yoaz Hendel. Le Likud de Netanyahu, en revanche, adoptait sans surprise une attitude attentiste. Le ministre Tzachi Hanegbi, par exemple, a déclaré qu’il était « convaincu » que les vrais résultats, qui seront obtenus au cours des prochaines heures, montreraient que les sondages à la sortie des urnes des principales chaînes de télévision étaient erronés et que Netanyahu continuerait à diriger Israël « pour les cinq prochaines années.”

En effet, lors des élections précédentes, le soutien du Likud a souvent été sous-estimé dans les sondages télévisés et a augmenté une fois les résultats définitifs révélés. Un exemple très célèbre, en 1996, Shimon Peres, à la tête du parti travailliste, supposant que les sondages étaient exacts, s’endormit en pensant avoir remporté les élections et se réveilla pour constater que Netanyahu l’avait finalement battu de peu.

Après tout, un petit changement dans les chiffres peut avoir d’importantes conséquences sur l’équilibre des pouvoirs entre les parties concurrentes, et surtout sur l’équilibre entre les blocs concurrents de partis alliés. Les sondages de mardi, par exemple, montraient que l’extrémiste Otzma Yehudit ne franchissait pas le seuil électoral de 3,25 %, tandis que le parti travailliste-Gesher et le Camp démocratique se dirigeaient chacun vers cinq sièges.

Des changements dans ces chiffres remodèleraient l’arithmétique électorale.

Cependant, si les sondages s’avèrent raisonnablement corrects, Netanyahu devra s’associer à des alliés qui ont jusqu’ici insisté pour ne pas avoir affaire à lui. Si Avigdor Liberman d’Yisrael Beytenu se dirigeait vers 8 à 10 sièges selon les sondages des sorties des urnes, pour s’associer à Netanyahu et à ses autres alliés de droite et ultra-orthodoxes, par exemple, le Premier ministre disposerait d’une majorité. Mais rappelons que c’est Liberman qui a notamment contribué à convoquer ces élections en refusant de siéger au gouvernement aux côtés des ultra-orthodoxes après le scrutin d’avril.

Pour sa part, Gantz, dirigeant de Kakhol lavan, a déclaré durant la campagne qu’il chercherait à diriger une « coalition pour l’unité laïque », comprenant le Likud et Yisrael Beytenu. Mais il a également précisé que le Likud devrait se séparer de Netanyahu, en particulier compte tenu de l’acte d’accusation pour corruption auquel le Premier ministre pourrait bientôt faire face.

Une telle coalition, si elle se formait, excluraient les partis ultra-orthodoxes de la coalition. Cela pourrait aussi exclure le parti très à droite de Yemina, et entraîner des conséquences majeures pour le mouvement des implantations, et les annexions imminente promises récemment par Netanyahu.

Après avoir échoué à réunir une majorité après les élections d’avril, alors qu’il a même tenté d’attirer les membres du parti travailliste, Netanyahu avait ordonné à ses députés du Likud de voter pour la dissolution de la Knesset plutôt que de laisser à Gantz l’occasion de former un gouvernement. Ils l’ont tous fait consciencieusement.

Si les sondages à la sortie des urnes se révèlent être exacts, et si Netanyahu se retrouve à plusieurs sièges d’une majorité de la coalition et incapable d’obtenir le soutien improbable de partis de l’échiquier politique, une question clé se pose, – celle de savoir si les membres du Likud à la Knesset, nouvellement élus, lui resteront à nouveau résolument fidèles.

Immédiatement après les sondages à la sortie des urnes, de nombreux députés du Likud ont insisté pour que Netanyahu reste leur chef. Eux aussi, comme le reste d’Israël bien sûr, guettaient les résultats définitifs.

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