Signalant un changement de priorité, Biden omet Israël dans son discours d’adieu
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Signalant un changement de priorité, Biden omet Israël dans son discours d’adieu

L'Etat juif est à peine mentionné par le vice-président américain dans son traité sur « les opportunités pour la prochaine administration »

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le vice-président américain Joe Biden dit au revoir alors qu'il monte dans l'Air Force 2 à l'aéroport Ben Gourion en route pour Amman, le 10 mars 2016 (Crédit : Matty Stern / Ambassade américaine Tel Aviv)
Le vice-président américain Joe Biden dit au revoir alors qu'il monte dans l'Air Force 2 à l'aéroport Ben Gourion en route pour Amman, le 10 mars 2016 (Crédit : Matty Stern / Ambassade américaine Tel Aviv)

Un long article sur les défis de la politique étrangère de Washington écrit par le vice-président américain Joe Biden ne fait aucune mention du conflit israélo-palestinien. Cela indique que l’établissement d’un Etat palestinien ne pourrait plus être une priorité absolue pour l’administration américaine actuelle.

Tandis que le président américain Barack Obama entre dans les derniers mois de son second mandat, les responsables israéliens craignent qu’il puisse chercher à laisser sa marque dans la région en soutenant une résolution pro-palestinienne au Conseil de sécurité des Nations unies ou en faisant un discours de politique étrangère décrivant ce qu’il considère être les paramètres généraux d’un éventuel accord de paix.

Mais alors que les responsables américains ont déclaré à maintes reprises qu’ils continuaient à chercher une solution à deux Etats, l’omission frappante de Biden sur la question palestinienne fait suite au discours de l’État de l’Union d’Obama en janvier, dans lequel, pour la première fois de son mandat, il n’a pas mentionné Israël ou les Palestiniens.

L’article de 4 500 mots de Biden publié dans le magazine Foreign Affairs de cette semaine, intitulé « Bâtir sur le succès – les opportunités pour l’administration suivante », traite des questions telles que les relations des Etats-Unis avec la Chine et la Russie, les relations de Washington avec les pays asiatiques, l’accord nucléaire iranien, le terrorisme mondial, le changement climatique et la cyber-défense. Mais il ne mentionne Israël que tangentiellement, pour défendre l’accord nucléaire historique de l’année dernière avec l’Iran.

« Téhéran n’est ni un ami, ni un partenaire. Mais notre volonté de briser les tabous et d’engager le régime directement, combiné avec notre succès dans la mobilisation de la pression internationale sans précédent sur l’Iran afin de négocier pacifiquement, a enlevé l’une des plus grandes menaces pour la sécurité mondiale : le spectre de l’Iran qui aurait acquis une arme nucléaire », a écrit Biden.

Joe Biden et Benjamin Netanyahu, le 9 mars 2016 à Jérusalem (Crédit : עמוס בן גרשום, לע״מ)
Joe Biden et Benjamin Netanyahu, le 9 mars 2016 à Jérusalem (Crédit : עמוס בן גרשום, לע״מ)

Un an après la signature de l’accord, il fonctionne bien, a affirmé le vice-président, en faisant valoir qu’il serait dangereux de l’annuler.

« Supprimer l’accord maintenant, comme certains l’ont proposé, laisserait le programme nucléaire iranien sans contrainte, augmentant la menace pour Israël et nos partenaires dans le Golfe, retournant la communauté internationale contre les États-Unis, et augmentant fortement la perspective d’une autre guerre majeure au Moyen-orient ».

Ces derniers jours, le différend entre Jérusalem et Washington sur les mérites du soi-disant plan global d’action conjoint a de nouveau fait les Unes. Lors d’une conférence de presse, Obama a suggéré que même les responsables de la sécurité israélienne aujourd’hui affirmaient que c’était un bon accord.

Le ministre de la Défense d’Israël a réagi avec une réponse cinglante. Il a comparé l’accord avec l’accord de Munich que les puissances alliées ont passé avec l’Allemagne d’Hitler avant que la Seconde Guerre mondiale n’éclate. Lundi, le ministère de la Défense a présenté un semblant d’excuses pour sa déclaration, en disant qu’elle n’était « en aucun cas destinée à établir des comparaisons, historiques ou personnelles ».

« Les critiques de l’accord devraient se rappeler que l’accord nucléaire n’a jamais été conçu pour résoudre tous nos problèmes avec Téhéran », a écrit Biden dans l’article. « S’engager avec l’Iran ne doit pas se faire au détriment de nos engagements à toute épreuve envers nos alliés et partenaires au Moyen-Orient, y compris Israël. Les États-Unis ont conservé tous les moyens nécessaires, y compris des sanctions ciblées, pour tenir l’Iran responsable de ses activités sur les missiles balistiques, son soutien au terrorisme et les violations des droits de l’Homme, et nous nous sommes engagés à travailler avec nos alliés et partenaires pour faire reculer le comportement déstabilisant de l’Iran ».

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