Sinwar : ‘le Hamas accroît ses moyens militaires grâce à l’Iran’
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Sinwar : ‘le Hamas accroît ses moyens militaires grâce à l’Iran’

Saluant des relations entièrement restaurées avec Téhéran, le chef du Hamas à Gaza explique que son groupe ne veut pas encore la guerre mais qu'il prépare “la bataille pour la Palestine”

Yahya Sinwar, au centre, chef du Hamas dans la bande de Gaza, avant l'inauguration d'une nouvelle mosquée à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 24 février 2017. (Crédit : Said Khatib/AFP)
Yahya Sinwar, au centre, chef du Hamas dans la bande de Gaza, avant l'inauguration d'une nouvelle mosquée à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 24 février 2017. (Crédit : Said Khatib/AFP)

Le chef du Hamas dans la bande de Gaza, Yahya Sinwar, a déclaré lundi que le mouvement terroriste avait accru ses capacités militaires face à Israël, grâce à l’amélioration récente de ses relations avec l’Iran.

S’exprimant lors d’une rare rencontre avec des journalistes, Sinwar, réputé pour sa discrétion, a assuré que l’Iran était « le principal soutien » de la branche armée du Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam, dont il a lui-même été un commandant avant d’être élu en février à la tête du groupe terroriste dans la bande de Gaza.

Sinwar a indiqué que l’Iran était dorénavant « le plus grand soutien financier et militaire » des Brigades Ezzedine al-Qassam.

« Le Hamas développe sa puissance militaire dans le but de libérer la Palestine », a-t-il déclaré.

Le Hamas « ne veut pas la guerre, et fait tout pour l’éviter. En même temps, nous n’avons pas peur de la guerre et nous sommes prêts si elle a lieu », a-t-il martelé.

Les Brigades Ezzedine al-Qassam, branche armée du mouvement terroriste du Hamas, pendant un service commémoratif pour un commandant tué lors d'une explosion accidentelle dans le sud de la bande de Gaza, le 10 juin 2017. (Crédit : Said Khatib/AFP)
Les Brigades Ezzedine al-Qassam, branche armée du mouvement terroriste du Hamas, pendant un service commémoratif pour un commandant tué lors d’une explosion accidentelle dans le sud de la bande de Gaza, le 10 juin 2017. (Crédit : Said Khatib/AFP)

L’aide militaire et financière reçue par le Hamas de la part de l’Iran se serait réduite en raison de divergences sur la guerre en Syrie.

Cependant, les relations avec la République islamique se sont réchauffées ces derniers mois et une délégation du Hamas a récemment été reçue à Téhéran, a indiqué Sinwar, ajoutant que la relation « est devenue fantastique, revenue à ce qu’elle était auparavant ».

« Le soutien militaire iranien au Hamas et aux brigades al-Qassam est stratégique, a-t-il déclaré. Nous construisons des missiles et nous entraînons nos hommes […] nuit et jour. »

Sinwar a par ailleurs appelé le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas à former un gouvernement d’unité nationale « pour un an ou deux, le temps de se préparer aux élections présidentielles et législatives. »

Le Hamas a pris le pouvoir à Gaza en 2007 après en avoir chassé le Fatah d’Abbas à l’issue de combats fratricides. Depuis, les deux mouvements sont à couteaux tirés et plusieurs tentatives de réconciliation n’ont pas porté leurs fruits.

La nomination en février de Yahya Sinwar, 56 ans, avait été considérée par les analystes comme un signe du renforcement de la branche armée du Hamas sur sa branche politique.

Ce Palestinien ascétique à la chevelure blanche et à la barbe poivre et sel connaît bien Israël. Il a passé 23 années derrière les barreaux israéliens pour des faits de terrorisme avant d’être libéré en 2011 lors d’un échange de prisonniers dans le cadre de l’accord Shalit.

Commandant d’élite au sein des Brigades al-Qassam, recherché par Israël et placé sur la liste américaine des terroristes internationaux, Yahya Sinwar reste très discret et entoure ses déplacements du plus grand secret.

Depuis la guerre de 2014, le Hamas et Israël observent un cessez-le-feu tendu de part et d’autre de la barrière de sécurité israélienne enfermant la bande de Gaza, gouvernée sans partage par le mouvement terroriste islamiste. La guerre de 2014 était la troisième dans l’enclave palestinienne en six ans.

Le Hamas est considéré comme une organisation terroriste par Israël, l’Union européenne et les Etats-Unis.

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