Six députés expulsés d’une réunion sur ‘Breaking the Silence’ à la Knesset
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Six députés expulsés d’une réunion sur ‘Breaking the Silence’ à la Knesset

Le groupe controversé a boycotté son audience pour discuter de la décision du ministre de Bennett de l'interdire des lycées

Une réunion de la commission de l'Education de la Knesset le 22 décembre 2015 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)
Une réunion de la commission de l'Education de la Knesset le 22 décembre 2015 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Les accusations de « maccarthysme », d’ « apartheid » et de « honte » et l’expulsion de six députés de la salle ont marqué l’audience orageuse de la commission de l’Education de la Knesset convoquée mardi pour discuter de la décision du ministre de l’Éducation, Naftali Bennett, d’interdire l’organisation non gouvernementale Breaking the Silence des écoles.

L’ONG controversée a boycotté la réunion en affirmant qu’elle était destinée à « inciter [à la haine] contre des soldats de Tsahal qui s’opposent à l’occupation ».

Breaking the Silence est un groupe de vétérans de l’armée israélienne qui signale, généralement anonymement, les présumés abus de pouvoir des soldats en Cisjordanie.

L’organisation a souvent croisé le fer avec les hauts gradés politiques et militaires israéliens depuis qu’elle a été fondée en 2004. Ses détracteurs ont dénoncé ses rapports comme étant malhonnêtes et faisant partie d’une campagne de sensibilisation destinée à nuire à l’image d’Israël à l’étranger.

L’organisation a été l’objet d’attaques de la droite au cours des dernières semaines, et le mois dernier, le ministre de l’Éducation, Naftali Bennett, a interdit à ses membres de parler aux élèves du secondaire.

Alors que les accusations et les contre-accusations fusaient à l’audience de la commission mardi, le président de la commission, Yaakov Margi, a demandé à un député après l’autre de quitter la salle : Zehava Gal-on, Michal Rozin, et Tamar Zandberg du parti de gauche Meretz ; Yoav Kisch du Likud ; Michal Biran de l’Union sioniste ; et Youssef Jabareen de la Liste arabe unie.

Avant d’être expulsé, Zandberg a qualifié la réunion de «  cirque McCarthyite », faisant référence aux audiences du sénateur Joseph McCarthy contre les soi-disant personnes subversives politiques aux États-Unis dans les 1950.

Jabareen a salué Breaking the Silence pour avoir critiqué ce qu’il a appelé « l’apartheid » en Israël.

Kisch s’est, pour sa part, attaqué à ce qu’il a appelé « une combinaison des intérêts des Etats étrangers et des témoignages anonymes qui ne peuvent pas être traitées », affirmant que les fonds de Breaking the Silence sont venus de gouvernements étrangers et que les témoignages de ses membres témoignages ne peuvent pas être vérifiés.

Il a ajouté : « Les mensonges du président de cette organisation aux commissions des Nations unies et ce dénigrement – il n’y a pas plus BDS [l’organisation Boycott, Désinvestissement et Sanctions] que ça ! ».

Répondant à ces accusations, la députée Meirav Ben-Ari du parti Koulanou, a dit que le fait que l’organisation ne se soit pas présentée était une « honte » et une insulte à la Knesset.

Gal-on de Meretz a déclaré : « Le fait que Breaking the Silence ne soit pas venu ici n’est pas une insulte au statut de la Knesset. Ce qui est une insulte est la foule qui prend part ici à une chasse aux sorcières. Vous êtes en train de délégitimer des gens patriotiques. Qu’est-ce qui cause le plus de dommages au pays ? Les témoignages de Breaking the Silence ou 50 ans d’occupation? ».

Anat Berko du Likud a déclaré que Breaking the Silence était « le véritable ennemi », tandis qu’Itzik Shmuli de l’Union sioniste a critiqué les activités de l’organisation à l’étranger en les jugeant « inacceptables et scandaleuses ».

Il a ajouté : « si quelqu’un pense que la voie vers une solution à deux Etats se fera par une campagne souillant et diabolisant des Forces de l’armée israéliennes et l’Etat d’Israël, alors il se trompe. Dans le même temps, la campagne d’incitation [à la haine] et la vidéo terrifiante qu’Im Tirzu a amenée sont inacceptables et doivent être totalement éradiquées ».

Shmuli faisait allusion à une vidéo diffusée par l’organisation de droite Im Tirzu, qui a accusé les figures de proue des organisations de gauche de défense des droits de l’Homme d’Israël d’être des « taupes » exploitées par des pays étrangers pour saboter les efforts du contre-terrorisme d’Israël.

Au cours des dernières semaines, les membres de la Knesset et les personnalités publiques se sont alignés pour ou contre Breaking the Silence.

En décembre, le ministre de la Défense, Moshe Yaalon, a interdit au groupe de participer à des événements fréquentés par les soldats de Tsahal.

Un nouveau projet de loi exigeant que certaines organisations non gouvernementales israéliennes déclarent publiquement leur financement par un gouvernement étranger devrait passer car il a été approuvé par une commission du cabinet à la fin du mois dernier.

La ministre de la Justice, Ayelet Shaked, qui a proposé le projet de loi, a déclaré qu’il traite l’ingérence étrangère dans les affaires israéliennes.

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