Son dessinateur poursuit Infowars pour des ventes de posters de Pepe the Frog
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Son dessinateur poursuit Infowars pour des ventes de posters de Pepe the Frog

Michael Furie tente de récupérer son personnage pris en otage par l'alt-right. Alex Jones rejette la plainte, évoquant un "coup de publicité"

Matt Furie, créateur de Pepe the Frog en 2016 (Capture d'écran : YouTube)
Matt Furie, créateur de Pepe the Frog en 2016 (Capture d'écran : YouTube)

Le dessinateur qui a créé Pepe the Frog a porté plainte contre le site conspirationniste Infowars pour la vente d’un poster copiant le petit personnage, qui a été détourné par les trolls racistes sur Internet et des extrémistes de droite.

La plainte pour violation du droit d’auteur, qui a été déposée lundi à Los Angeles, est la deuxième que dépose le dessinateur californien Matt Furie dans le cadre d’une campagne juridique qui vise à récupérer sa création.

Le site internet Infowars est la plate-forme en ligne de l’animateur de radio de droite et conspirationniste Alex Jones. La plainte déposée par Furie affirme que le plaignant n’a pas autorisé le site à vendre un poster à l’effigie de la petite grenouille aux côtés d’images de Jones, du président américain Donald Trump, de l’agitateur d’extrême-droite Milo Yiannopoulos et d’autres personnalités de droite.

Pour Jones, cette plainte est un « coup de pub ». Même s’il a souligné qu’Infowars n’avait pas produit le poster, Jones a déclaré qu’il le considérait comme une expression de discours politique protégée par le Premier amendement.

« Mes auditeurs comprennent que tout ça, c’est des bêtises », a déclaré Jones à l’Associated Press. « Nous n’avons aucun autre choix que de riposter et la loi est de notre côté ».

Capture d’écran non-datée de l’animateur d’Infowars, Alex Jones. (Capture d’écran : Vimeo)

Infowars vend le poster « MAGA » avec Pepe the Frog au prix de 29,95 dollars et déclare qu’il a été créé par « l’artiste connu et patriote Jon Allen ». Jones a expliqué qu’Infowars a vendu environ 1 000 posters, ajoutant que ce dernier n’est guère l’un des objets les plus populaires du site.

« Je pense que cette grenouille a l’air stupide. Je pense d’ailleurs que c’est un meme idiot », a commenté Jones.

Au mois de juin dernier, Furie avait lancé une campagne de crowdfunding « Save Pepe » pour trouver de l’argent pour réaliser un nouvel album de bande dessinée. Il avait également fait appel aux services d’avocats pour traduire en justice ceux qui semblaient tirer profit de l’image de Pepe sans son autorisation.

« Je pense qu’il y a eu du progrès », a déclaré Louis Tompros, l’un des avocats. « Il faut parer au plus pressé, franchement ».

Au mois d’octobre, Furie avait poursuivi une femme à Kansas City dans le Missouri qui aurait vendu des tableaux représentant Pepe, notamment où Pepe tenait une arme devant un bâtiment qui semblait être la Maison Blanche. L’affaire est encore en suspens.

Tompros a ajouté que le nationaliste blanc Richard Spencer et d’autres personnalités d’extrême-droite se sont conformées aux demandes écrites de cesser d’utiliser Pepe sans permission. Toutefois, Tompros a précisé que les avocats de Furie n’avaient pas envoyé de demandes par courriel à Infowars pour que le poster soit enlevé de la boutique en ligne avant le dépôt de la plainte.

Le personnage dessiné par Furie avait fait son apparition dans un livre de comic en 2006 intitulé « Boy’s Club » et était devenu un modèle populaire dans les memes sur internet. Mais les représentations de la grenouille générées par les utilisateurs sont devenues de plus en plus haineuses et omniprésentes plus d’un an avant les élections de 2016.

Furie a expliqué avoir été horrifié de voir sa créature devenir la mascotte sur internet des suprématistes blancs, des néo-nazis et autres extrémistes de droite. L’ADL (Anti-Defamation League) a déclaré au mois se septembre 2016 qu’elle avait étiqueté Pepe the Frog parmi les symboles de haine et promu les efforts livrés par Furie pour récupérer son personnage.

Jones a déclaré considérer le poster « MAGA » comme un symbole de la campagne de 2016.

« Tout le monde sait que je ne suis pas un suprématiste blanc. Je ne trempe pas dans cette boue », a dit Jones. « Tout cela est du harcèlement ».

La plainte a été portée contre Austin et les entreprises Infowars LLC, basée au Texas, et Free Speech Systems LLC.

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