Soral condamné pour injure envers une magistrate, et injures raciales
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Soral condamné pour injure envers une magistrate, et injures raciales

"Entre le peuple juif et le reste de l’humanité le combat ne peut être que génocidaire et total," écrivait Soral après un procès perdu suite à la publication de dessins antisémites

Capture d’écran Alain Soral (Crédit : capture d'écran Daily Motion)
Capture d’écran Alain Soral (Crédit : capture d'écran Daily Motion)

Le marathon judiciaire continue pour le polémiste Alain Soral déjà multi-condamné pour négationnisme et appel à la haine.

Jeudi 15 novembre dernier, Alain Soral était jugé, en son absence, à la 14e chambre correctionnelle du tribunal de Bobigny pour provocation à la haine raciale et injure envers une magistrate du parquet de Paris.

En décembre dernier à Paris, il avait déjà été jugé pour la publication de dessins antisémites sur son site Egalité et réconciliation. « Dans la foulée des réquisitions, sur son site Egalité et réconciliation, Soral évoque le procès, rappelle Le Parisien. On peut notamment lire : ‘entre le peuple juif et le reste de l’humanité, le combat ne peut être que génocidaire et total’. La représentante du parquet, citée par son nom, n’est pas épargnée : ‘À propos de la procureur, je n’ai jamais entendu autant de mensonges et de malhonnêteté sortir de la bouche d’une femme’, écrit Alain Soral, qui insulte aussi cette dernière ».

« On est régulièrement la cible de propos sur la toile, mais là je suis tombée de ma chaise, explique à la barre la jeune magistrate, citée par Le Parisien, qui « ne [veut] pas céder à l’intimidation. Ça m’a émue sur le coup […] mais je n’en fais pas une affaire personnelle. »

Affiche de campagne du parti antisioniste de Dieudonné et Alain Soral de 2009. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Alain Soral avait été condamné vendredi 22 décembre 2017 à Paris à deux peines d’emprisonnement avec sursis pour provocation à la haine, après la diffusion sur son site internet de deux dessins antisémites.

Le tribunal correctionnel l’a condamné à une première peine de quatre mois avec sursis et 5 000 euros d’amende pour la publication sur son site Egalité et réconciliation, en avril 2017, d’un dessin intitulé
« Présidentielles, qui mène le jeu… ».

L’on y voyait quatre candidats à la présidentielle de 2017 en forme de pions, sur un échiquier dominé par les personnalités Bernard-Henri Lévy, Julien Dray et Jacques Attali, sur fond d’étoile de David.

Le dessin suggérait que les candidats « sont en réalité contrôlés et manipulés par des personnalités que l’auteur relie très clairement à la religion juive », ce qui constitue un « appel implicite à la haine, la violence et la discrimination contre tous les juifs », relèvent les juges dans leur décision.

Une autre caricature publiée en juillet sur le même site représentait diverses personnalités sous forme de cancrelats aux doigts crochus, parmi lesquelles de nouveau Jacques Attali, désigné « cancrelat en chef » et portant une étoile de David.

Ce dessin appelle lui aussi à la haine envers les juifs dans leur
« ensemble », selon les juges, « la référence à un insecte nuisible soulignant la nécessité d’éliminer ce qui est décrit ».

Pour provocation à la haine mais aussi pour injure, le prévenu a été condamné à une deuxième peine de quatre mois avec sursis et 5 000 euros d’amende.

Dans les deux cas, « les registres de la polémique politique, de la caricature ou de l’humour ne justifient pas » la commission du délit, ajoute le tribunal.

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