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Sortie de prison des deux derniers Français détenus en Iran

Cécile Kohler et Jacques Paris, accusés d'espionnage au profit des renseignements français et israélien, "ont été libérés sous caution" et "seront placés sous surveillance jusqu'à la prochaine étape judiciaire"

Les portraits de Cécile Kohler, emprisonnée en Iran, et de son compagnon Jacques Paris, ainsi qu'une pancarte indiquant "Liberté pour Cécile Kohler et Jacques Paris détenus arbitrairement en Iran depuis plus de deux ans dans des conditions épouvantables" devant le Palais Bourbon, l'Assemblée nationale française, à Paris, le 25 mars 2025. (Crédit : Bertrand Guay/AFP)
Les portraits de Cécile Kohler, emprisonnée en Iran, et de son compagnon Jacques Paris, ainsi qu'une pancarte indiquant "Liberté pour Cécile Kohler et Jacques Paris détenus arbitrairement en Iran depuis plus de deux ans dans des conditions épouvantables" devant le Palais Bourbon, l'Assemblée nationale française, à Paris, le 25 mars 2025. (Crédit : Bertrand Guay/AFP)

Les Français Cécile Kohler et Jacques Paris, détenus en Iran depuis trois ans et demi, accusés d’espionnage au profit des renseignements français et israélien et qui ont toujours clamé leur innocence, sont sortis de prison mais restent pour l’instant en Iran.

« Le dialogue se poursuit pour permettre leur retour en France le plus rapidement possible », a écrit sur X Emmanuel Macron en annonçant leur sortie de prison, exprimant son « soulagement ».

Condamnés mi-octobre à respectivement 20 et 17 ans d’emprisonnement, ils étaient les deux derniers Français officiellement détenus en Iran.

Ils sont actuellement « en sécurité » à la résidence de l’ambassadeur de France, à Téhéran, « dans l’attente de leur libération définitive », a déclaré sur X le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.

Les deux ressortissants « vont bien, semblent en bonne santé », a-t-il ensuite commenté sur la chaîne France 2, en précisant avoir « appelé (son) homologue ministre des Affaires étrangères de l’Iran pour saluer le geste qui a été fait ».

Leur départ de l’Iran n’est pas encore à l’ordre du jour. La diplomatie iranienne a affirmé mardi qu’ils « ont été libérés sous caution » et « seront placés sous surveillance jusqu’à la prochaine étape judiciaire », dans un communiqué intitulé « Libération conditionnelle de deux ressortissants français ».

Tout en disant les « profond soulagement » après 1 277 jours de détention, les avocats des deux Français, maîtres Martin Pradel, Chirinne Ardakani, Emma Villard et Karine Rivoallan, ont déploré qu’ils « ne sont pas libres ». « Empêchés de regagner la France et de retrouver leurs familles, ils demeurent privés de liberté, désormais sous la forme d’une interdiction de quitter la République islamique d’Iran », selon un communiqué..

« Pour l’instant, la seule chose que l’on sait, c’est qu’ils sont sortis de la prison. Pour nous ça c’est un immense soulagement. On sait qu’ils ne sont plus soumis à ce traitement inhumain auquel ils avaient droit », se sont réjouis auprès de l’AFP Pascal et Mireille Kohler, les parents de Cécile.

« Nous nous autorisons enfin à entrevoir le bout du tunnel » ont réagi les familles des deux prisonniers dans un communiqué.

Le 24 septembre, Emmanuel Macron a suscité l’espoir en évoquant une « perspective solide » vers la libération de ces citoyens français, que Paris considérait être des « otages d’Etat ».

Quelques semaines plus tard, son chef de la diplomatie a réitéré ces mêmes propos. Mais c’est finalement un autre Français, Lennart Monterlos, également de nationalité allemande, qui a été libéré début octobre.

Professeure de lettres de 41 ans, et enseignant retraité de 72 ans, Cécile Kohler et Jacques Paris ont été arrêtés le 7 mai 2022, au dernier jour d’un voyage touristique en Iran.

Echange de prisonniers ?

Le ministère français des Affaires étrangères n’a eu de cesse de déplorer les conditions de détention « inhumaines », estimant qu’elles relevaient de « la torture ».

Pendant plus de trois ans, le renseignement extérieur français (DGSE) a également œuvré à leur libération.

Les deux Français, qui avaient été contraints à des « aveux forcés » diffusés sur la télévision d’Etat iranienne quelques mois après leur arrestation, n’ont reçu que quelques visites consulaires.

Depuis une dizaine d’années, l’Iran multiplie les arrestations de ressortissants occidentaux, notamment français, les accusant le plus souvent d’espionnage, afin de les utiliser comme monnaie d’échange pour relâcher des Iraniens emprisonnés dans des pays occidentaux ou afin d’obtenir des gages politiques.

Au moins une vingtaine d’Occidentaux seraient encore détenus, selon des sources diplomatiques.

Dans le cas de Cécile Kohler et Jacques Paris, Téhéran a rendu publique le 11 septembre la possibilité d’un accord de libération des deux Français en échange de Mahdieh Esfandiari, une Iranienne arrêtée en France en février pour avoir fait la promotion du terrorisme sur les réseaux sociaux. Son avocat français, maître Nabil Boudi, s’est réjoui de la libération Cécile Kohler et Jacques Paris, assurant que sa cliente a été « détenue injustement ».

Celle-ci a été libérée sous contrôle judiciaire dans l’attente de son procès prévu en janvier.

En mars, deux autres Français, Olivier Grondeau et un homme dont le nom n’a jamais été révélé, ont été libérés.

Au plus fort de la crise des « otages d’Etat » avec Paris, Téhéran a détenu jusqu’à sept ressortissants français simultanément.

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