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Sortie d’un documentaire sur l’antisémitisme dans la ville de Toulouse

"Chronique d'un antisémitisme d'aujourd'hui", nouveau film de Georges Benayoun, analyse la vie quotidienne dans la communauté juive toulousaine

Le réalisateur Georges Benayoun. (Crédit : capture d’écran YouTube / La Règle du Jeu)
Le réalisateur Georges Benayoun. (Crédit : capture d’écran YouTube / La Règle du Jeu)

Il y a quelques jours était présenté en avant-première à Toulouse le documentaire « Chronique d’un antisémitisme d’aujourd’hui », réalisé par Georges Benayoun.

Prévu à la diffusion sur France Télévision fin novembre, le film se penche sur l’antisémitisme dans le chef-lieu de la région Occitanie, ville touchée par des attentats en 2012, causés par le djihadiste Mohammed Merah, qui a tué sept personnes dont trois enfants juifs (Imad Ibn Ziaten, Abel Chennouf, Mohamed Legouad, Gabriel Sandler, Aryeh Sandler, Myriam Monsonégo et Jonathan Sandler), et blessés six autres.

« Beaucoup de films sur le sujet ont été faits en banlieue parisienne, je trouve qu’ils rendent partiellement compte de la réalité », a estimé Georges Benayoun dans une interview avec le journal La Dépêche.

« Pourquoi Toulouse ? C’est la quatrième ville de France, il y a eu l’école Ozar Hatorah, et surtout c’est une ville radicale, de gauche qui a abrité de nombreux résistants et anarchistes, ajoute-t-il. Nous sommes partis à sa découverte, nous voulions saisir l’antisémitisme en mutation de cette ville. »

Interrogé sur les conditions de tournage, qui a duré trois mois, il explique : « Ce qui m’a profondément étonné et troublé pendant ce tournage, c’est le nombre de réponses négatives que nous avons reçues, notamment de la part du milieu culturel et intellectuel de la ville, juif et non juif. On s’est entendu dire que parler était dangereux, ils craignaient les représailles. Certains ont témoigné caché, je ne m’attendais pas à ça. »

« À Toulouse, il y a une énergie formidable, des gens remarquables, mais une marque sombre. Les rabbins sont insultés et reçoivent des crachats tous les jours ; parmi ceux qui ne voulaient pas témoigner, il y a une mère et sa fille qui ont été exfiltrées de chez elles, car elles étaient la cible d’antisémites. L’idée de ce film, c’est d’alerter. »

Georges Benayoun, auteur et réalisateur, a produit de nombreuses séries et films à succès. Dans « L’assassinat d’Ilan Halimi » de Ben Izaak, sorti en 2014, il s’était déjà intéressé au phénomène de l’antisémitisme. Son dernier film, « Complotisme, les alibis de la terreur », pour lequel il a travaillé en tant que producteur, analysait lui le complotisme islamiste.

Il a été récompensé du César du meilleur film en 1995 pour « Les Roseaux sauvages » d’André Techiné, en tant que producteur délégué.

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