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Sous la pression des USA, Israël reporte le projet d’implantations en zone E1

La réunion du groupe d'experts du ministère de la Défense sur les objections au vaste projet de logement est reportée du lendemain du voyage de Biden en Israël au 12 septembre

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Une vue de l'implantation de Maale Adumim en Cisjordanie, le 28 janvier 2020. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)
Une vue de l'implantation de Maale Adumim en Cisjordanie, le 28 janvier 2020. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Les autorités israéliennes ont annoncé lundi qu’elles avaient remis à plus tard une audience devant faire avancer un projet d’implantation controversé dans une région de Cisjordanie que les critiques jugent essentielle pour un futur État palestinien.

La séance de la sous-commission de haute planification de l’administration civile – l’organe du ministère de la Défense qui autorise la construction d’implantations – devait avoir lieu le 18 juillet, soit quatre jours à peine après le voyage du président américain Joe Biden en Israël et en Cisjordanie.

La réunion, au cours de laquelle le panel devait écouter les objections à un vaste projet de logement dans la zone connue sous le nom de E-1, a été reprogrammée pour le 12 septembre.

Le projet de construction dans la zone E-1 relierait Jérusalem à une grande implantation à l’est, Maale Adumim, tout en coupant la Cisjordanie en deux et en rendant presque impossible la création d’un État palestinien d’un seul tenant avec Jérusalem-Est comme capitale, selon les critiques.

Le projet avait été proposé pour la première fois il y a près de vingt ans, mais il a été abandonné à plusieurs reprises suite aux pressions internationales.

L’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu avait ressuscité le plan lors de la campagne électorale de 2020, en demandant qu’il soit soumis aux autorités compétentes en matière d’urbanisme avant une éventuelle approbation finale.

Le projet, qui prévoit 3 412 unités de logement, en est actuellement au stade audience sur les objections publiques, qui oblige la sous-commission de planification de l’administration civile à prendre en compte les objections.

Un garçon palestinien chevauche un âne dans la zone E1 près de l’implantation de Maale Adumim en Cisjordanie, le 5 décembre 2012. (Crédit : Sebastian Scheiner/AP)

Un important groupe d’avocats palestiniens ainsi que plusieurs groupes de défense des droits israéliens ont déposé des plaintes contre le projet, mais les audiences ont été reportées à plusieurs reprises jusqu’à l’année dernière. Une dernière audience avait été prévue pour janvier, mais elle a été retirée de l’ordre du jour.

L’ambassadeur américain en Israël, Tom Nides, a déclaré en mars qu’il avait fait pression sur le gouvernement israélien pour qu’il abandonne le projet.

Si les objections juridiques contre le plan E1 sont levées, comme c’est souvent le cas, le projet nécessitera encore plusieurs approbations supplémentaires avant que les travaux puissent commencer – un processus qui prend généralement des mois, voire des années.

Mais chaque avancée de ces plans complique considérablement les chances de retrait et suscite donc l’inquiétude des opposants à l’entreprise d’implantation.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken, à gauche, marche à côté du ministre israélien des affaires étrangères Yair Lapid suite à une conférence de presse conjointe au ministère des Affaires étrangères de Jérusalem, le 27 mars 2022. (Crédit : Jacquelyn Martin / POOL / AFP)

C’était le cas depuis que le ministère de la Défense a annoncé en mai qu’il tiendrait la dernière audience sur les objections au projet E1 le 18 juillet.

Alors que l’audience était censée avoir lieu un mois après la visite de Biden dans le pays, le report de cette visite au 13 juillet aurait signifié une possible avancée du projet quelques jours seulement après le départ du président.

Tandis que la Maison Blanche est opposée au plan en principe, elle était particulièrement préoccupée par le timing de l’approbation et a fait pression sur Israël pour annuler la session du 18 juillet, selon deux responsables israéliens et américains.

La dernière visite de Biden en Israël remonte à 2010, alors qu’il était vice-président. Ce voyage avait été entaché par l’annonce d’un projet israélien dans le quartier de Ramat Shlomo à Jérusalem-Est. Biden s’était emporté à l’époque, déclarant dans un communiqué que cela « sape la confiance dont nous avons besoin en ce moment et va à l’encontre des discussions constructives que j’ai eues ici en Israël. »

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