S&P relève la perspective de crédit d’Israël de négative à stable
Selon l'agence de notation, l'amélioration de la perspective reflète "l'hypothèse selon laquelle l'ampleur des affrontements militaires directs devrait rester limitée"
Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.

Vendredi soir, l’agence de notation mondiale Standard & Poor’s a relevé la perspective de crédit d’Israël, qui passe ainsi de « négative » à « stable ». L’agence invoque les chances de voir se produire une « désescalade militaire » à Gaza et dans l’ensemble de la région, dans le sillage de l’accord de cessez-le-feu négocié par les États-Unis avec le groupe terroriste palestinien du Hamas.
Selon l’agence de notation, une perspective stable reflète « l’hypothèse selon laquelle l’ampleur des confrontations militaires directes restera limitée, même si les tensions entre le Hamas et Israël persistent, et que la sécurité dans la région demeure fragile ».
« Cela pourrait atténuer la pression sur l’économie, le marché du travail et les finances publiques d’Israël », a déclaré Karen Vartapetov, analyste chez S&P. « Le chemin reste néanmoins long vers un accord de paix durable. »
S&P, qui a, l’an dernier, dégradé à deux reprises la note de crédit d’Israël, a toutefois maintenu la note A/A-1 du pays. C’est au lendemain du déclenchement de la guerre avec le Hamas, en octobre 2023, que l’agence a abaissé la perspective de crédit d’Israël, la faisant passer de stable à négative. Une perspective négative expose un pays à un risque de dégradation de sa note de crédit. Une note plus basse augmente les coûts de crédit tant pour le gouvernement que pour les entreprises et les ménages.
L’agence S&P a annoncé qu’elle « pourrait relever les notes, si la croissance et les résultats budgétaires d’Israël s’avéraient beaucoup plus solides que nos prévisions actuelles ».
« Une réduction significative et durable des risques géopolitiques et sécuritaires dans la région pourrait également être à l’origine d’une révision de la note à la hausse », a ajouté Vartapetov.
Le mois dernier, une autre agence, Moody’s, a fait savoir qu’elle attendrait de s’assurer de la solidité du cessez-le-feu avant de réviser la notation d’Israël.
Au cours de la conférence de presse organisée cette semaine pour annoncer le budget de l’État pour 2026, l’économiste en chef du ministère des Finances, Shmuel Abramzon, a indiqué avoir revu à la baisse les prévisions de croissance du pays pour 2025, les ramenant de 3,1 % à 2,8 % – des chiffres qui restent toutefois supérieurs aux prévisions de la Banque d’Israël, qui tablent sur 2,5 %. En 2026, le ministère des Finances table sur une croissance économique plus rapide, de 5,1 %.
Le cessez-le-feu négocié par les États-Unis est entré en vigueur le 10 octobre. Il met un terme à deux ans d’une guerre qui avait débuté avec l’attaque dévastatrice menée par le Hamas contre Israël, le 7 octobre 2023.
Conformément aux termes de l’accord, le Hamas devait relâcher les 20 otages encore en vie et restituer tous les corps des 28 otages décédés auxquels il avait accès dans les 72 heures suivant le retrait de l’armée israélienne vers la ligne dite « Jaune », à l’intérieur de Gaza.
Si le Hamas a bien libéré les 20 otages vivants dans les 72 heures, il n’a en revanche toujours pas remis les corps des cinq otages décédés restants, arguant que le niveau de destruction de la bande de Gaza l’empêche de les localiser.
Israël a pour sa part accusé le groupe terroriste de mentir, affirmant qu’il retenait intentionnellement certains des corps.
Dans la deuxième phase du cessez-le-feu, telle que définie dans le plan de paix en 20 points de Trump, le Hamas devra déposer les armes et céder le pouvoir à Gaza à un comité de technocrates supervisé par un organe international de transition.







