Strasbourg : Le suspect relaxé dans l’affaire d’extorsion à caractère antisémite
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Strasbourg : Le suspect relaxé dans l’affaire d’extorsion à caractère antisémite

L'homme de 38 ans, qui s'était emparé d'une bombe de peinture appartenant à un graffeur de confession juive, avait inscrit au sol "interdit au juif" et "salope"

Le Palais de Justice de Strasbourg. (M.Strīķis / Palais de Justice / CC BY-SA 3.0)
Le Palais de Justice de Strasbourg. (M.Strīķis / Palais de Justice / CC BY-SA 3.0)

Un homme de 38 ans qui s’était emparé d’une bombe de peinture appartenant à un graffeur de confession juive pour inscrire au sol « interdit au juif » et « salope », a été relaxé mercredi par le tribunal correctionnel de Strasbourg où il était jugé pour extorsion commise en raison de la religion.

À l’audience, la procureure, qui avait estimé que l’extorsion n’était pas établie, a néanmoins exprimé son intention d’intenter des poursuites pour injure publique à l’encontre du prévenu qui ne s’est pas présenté et compte déjà 21 mentions à son casier judiciaire.

Le 26 août, le graffeur, sous contrat avec la métropole de Strasbourg, avait entamé la réalisation d’une œuvre sur un boitier électrique dans le quartier Vauban, avant d’être pris à partie par deux personnes.

Le jeune homme portait un t-shirt avec un motif imprimé présentant une personne tatouée avec différents noms de villes et de pays, parmi lesquels « Israël ».

« Ils ont compris que j’étais Juif », a exposé le graffeur à l’audience. « L’un d’eux est venu vers moi, il s’est approché avec agressivité, j’étais tétanisé, c’était presque du corps à corps », a-t-il relaté.

« Ma seule issue, c’était d’aller dans leur sens », a-t-il ajouté pour justifier pourquoi il était rentré chez lui pour changer de t-shirt, conformément à ce que lui avait « ordonné » son « agresseur ».

Revenu sur place pour terminer son travail, le graffeur a expliqué avoir ensuite remis deux bombes de peinture à son interlocuteur, qui les a utilisées pour inscrire au sol « interdit au juif » et « salope ».

« Il me dit ‘passe moi une bombe de peinture’ : est-ce que j’avais le choix ? Je n’étais pas le bienvenu dans son quartier, vu ce qu’il disait sur Israël et les Juifs », a exposé le jeune homme.

L’épisode avait donné lieu à de multiples réactions. La préfète du Bas-Rhin avait condamné « avec fermeté » un acte « intolérable ».

Le parquet avait ensuite engagé des poursuites pour « extorsion », mais pas pour « injure publique », infraction qui ne peut être traitée en comparution immédiate, selon le code de procédure pénale. Puis l’audience de comparution immédiate, initialement prévue fin août, avait finalement été renvoyée.

« Si on en restait là, la décision serait hautement scandaleuse », a réagi l’avocat du graffeur, Me Raphaël Nisand. « Le parquet se déjuge dans une affaire d’antisémitisme, la justice se montre aphone et impuissante », a-t-il déploré, exprimant son intention de faire appel.

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