Suède: Wallström et les paiements de l’AP aux proches de terroristes
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Suède: Wallström et les paiements de l’AP aux proches de terroristes

"Les gens sont-ils supposés mourir de faim ?", a demandé la chef de la diplomatie tout en affirmant clairement que Stockholm ne finance pas les prisonniers palestiniens

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Margot Wallström, la ministre suédoise des Affaires étrangères à Riga le 23 janvier 2015 (Crédit : AFP / ILMARS ZNOTINS)
Margot Wallström, la ministre suédoise des Affaires étrangères à Riga le 23 janvier 2015 (Crédit : AFP / ILMARS ZNOTINS)

La ministre des Affaires étrangères suédoise Margot Wallström a commenté la politique mise en œuvre par l’Autorité palestinienne de paiement de « salaires » aux familles des terroristes palestiniens.

Dans une interview accordée à un journal local juif et publié cette semaine, Wallström a été interrogée sur le fait que Ramallah offre des aides financières aux familles de Palestiniens qui sont en prison pour avoir attaqué des Israéliens.

« Je ne suis pas très sûre de ce à quoi vous vous référez dans cette affaire, mais nous devons revoir comment nous dépensons notre argent. Mais les gens sont-ils supposés mourir de faim ou quoi ? Que peuvent faire ces familles si elles ne reçoivent pas d’argent ? », a-t-elle répondu selon la traduction d’un entretien effectué par un journaliste né en Suède.

Un porte-parole de Wallström a dit plus tard au journal local Judisk Krönika, que l’aide financière versée à l’Autorité palestinienne par Stockholm n’était pas utilisée pour payer ces familles. Selon des directives suédoises et de l’Union européenne, l’argent des aides ne peut pas être utilisé pour financer les Palestiniens dans les prisons israéliennes, a expliqué le porte-parole.

Les responsables israéliens condamnent depuis longtemps ce qu’ils qualifient de politique des « assassinats rémunérés ».

« Levez la main si vous êtes d’accord avec moi sur le fait que le président Abbas devrait arrêter de payer les terroristes qui assassinent des Juifs », a déclaré au début du mois le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’un discours prononcé à la conférence de l’AIPAC à Washington.

« Il verse environ 350 millions de dollars par an aux terroristes et à leurs familles, chaque année. Ce qui représente un peu moins de 10 % du budget total palestinien. C’est un chiffre incroyable », a-t-il ajouté.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu prend la parole lors de la conférence politique de l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) à Washington, DC, le 6 mars 2018. (AFP PHOTO / Nicholas Kamm)

Un reportage paru dans le Washington Post a révélé que l’affirmation de Netanyahu était quelque peu exagérée, arguant que le montant total que l’AP distribue aux familles des terroristes pourrait être plus faible au deux-tiers. Le journal confirmait toutefois que Ramallah verse des « salaires » aux kamikazes et autres terroristes.

Dans son interview, Wallström a rejeté les affirmations selon lesquelles elle serait rapide à condamner Israël mais peu encline à interpeller l’AP, et elle a poursuivi en disant qu’elle mettait constamment la pression sur ses interlocuteurs à Ramallah.

« A chaque fois que nous nous rencontrons, nous évoquons le fait qu’ils ont besoin de responsables plus jeunes, que les femmes doivent être représentées et qu’ils doivent organiser des élections, amorcer une réconciliation et travailler sur des questions qui peuvent mener à des négociations de paix pour faire en sorte que l’AP mérite véritablement un état », a-t-elle dit.

Wallström s’est aussi défendue contre les accusations d’antisémitisme, disant que ses positionnements sur le conflit israélo-palestinien qui ont mené à des affrontements répétés avec les responsables israéliens n’émanaient que du désir de voir les deux parties trouver un accord politique.

« Je veux souligner que pour moi, je n’ai jamais voulu choisir une partie dans le conflit mais plutôt me battre pour une solution à deux états et qu’il faut faire le choix de la paix », a-t-elle déclaré.

« Tout ce que j’ai fait prouve que je ne suis pas antisémite », a-t-elle poursuivi. « Mon moteur depuis que j’ai appris ce qu’était l’Holocauste a été de travailler en faveur d’une société où une telle chose ne pourrait jamais se reproduire ».

Alors qu’il lui était demandé si la mise en doute du droit d’Israël à exister en tant qu’Etat juif pouvait être considérée comme de l’antisémitisme, elle a répondu : « Je ne suis pas théologienne et je ne peux répondre à cela. Mais si je suis accusée d’être antisémite parce que je prône la solution à deux états, je pense que cela nuit au débat. J’ai toujours affirmé le droit d’Israël à exister dans des frontières sûres ».

Wallström a également révélé qu’elle était venue pour la première fois en Israël dans les années 1970, visitant Masada et quelques kibbutzim.

« Tout ce qui a à voir avec le conflit israélo-palestinien est facteur d’émotion et je n’ai pas peur de cela, mais il faut que les choses soient constructives », a-t-elle conclu.

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