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Suisse : Lausanne vote contre une subvention servant à lutter contre l’antisémitisme

Après cette décision, le parti Libéral-Radical a dénoncé un "manque de courage politique"

L'hôtel de ville de Lausanne. (Crédit : Hendrik Heiser/CC BY-SA 4.0)
L'hôtel de ville de Lausanne. (Crédit : Hendrik Heiser/CC BY-SA 4.0)

Le Conseil communal de Lausanne a refusé d’accorder une subvention spécifiquement dédiée aux organismes luttant contre l’antisémitisme, rejetant un amendement du parti Libéral-Radical (PLR) qui proposait un montant de 100 000 francs lors de la séance budgétaire du 2 décembre.

La proposition visait à soutenir des associations spécialisées face à une augmentation jugée préoccupante des actes antisémites dans le canton de Vaud et dans la capitale vaudoise, marquée par des graffitis, des insultes et des incidents dans les écoles et l’espace public.

« L’antisémitisme progresse plus vite que toutes les autres formes de haine dans notre canton, et Lausanne n’y échappe pas », a affirmé Anouck Saugy, conseillère communale PLR à Lausanne et présidente des Femmes PLR Vaud, dans une tribune publiée à la suite du vote. « Lorsqu’un danger augmente de manière disproportionnée, il est légitime et responsable d’y consacrer des moyens spécifiques », a-t-elle ajouté.

Dans sa tribune, elle reconnaît que la municipalité et la majorité de gauche agissent déjà contre les discriminations, notamment à travers les Semaines lausannoises contre le racisme, organisées par le Bureau lausannois pour l’intégration, ainsi que par le soutien à des projets ponctuels d’associations engagées contre le racisme. Un contre-projet socialiste a proposé d’allouer 100 000 francs supplémentaires au Bureau lausannois pour l’intégration, sans ciblage thématique précis.

Ainsi, Anouck Saugy estime que « refuser de cibler le phénomène [de l’antisémitisme] n’est pas être plus universel, c’est nier la réalité ». Elle dénonce un « geste purement cosmétique » et un « refus de prendre ses responsabilités » face à « une montée alarmante de l’antisémitisme ».

Selon l’élue libérale-radicale, le texte rejeté ne visait pas à hiérarchiser les discriminations. « Notre amendement n’opposait aucune communauté à une autre […]. Il répondait simplement à un risque spécifique et pressant », a-t-elle assuré, comparant cette approche à des politiques ciblées contre les violences faites aux femmes ou l’homophobie.

Anouck Saugy a également souligné que d’autres villes suisses, comme Genève ou Zurich, soutenaient déjà des associations spécialisées dans la lutte contre l’antisémitisme. « À Genève, ces associations sont reconnues comme des acteurs essentiels. À Lausanne, une majorité refuse même de dire leur nom », a-t-elle regretté.

« La lutte contre l’antisémitisme ne peut plus attendre », a conclu l’élue, appelant la ville à « montrer l’exemple » au nom de la cohésion sociale, de la sécurité et des valeurs fondamentales du canton.

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