Suite à la levée de bouclier, Airbnb lance un programme « anti-discrimination »
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Suite à la levée de bouclier, Airbnb lance un programme « anti-discrimination »

Sur la base de rapports indiquant que les Israéliens et Palestiniens se voyaient refuser des réservations pour des raisons politiques, le site internet annonce une nouvelle politique d’utilisation contre les préjugés et a priori

Annonces Airbnb utilisées dans l'étude (Crédit : autorisation)
Annonces Airbnb utilisées dans l'étude (Crédit : autorisation)

Suite aux plaintes déposées pour discrimination envers des Noirs, des Israéliens, des Palestiniens et autres communautés, le célèbre site internet de location de courte durée ajoute une clause de non-discrimination.

Cet « engagement communautaire », présenté ce jeudi par le site aux 25 milliards de dollars de chiffre d’affaires, prendra effet au mois de novembre prochain signifiant que « les préjugés et la discrimination, pour lesquels nous avons zéro tolérance, n’ont pas leur place chez Airbnb, » explique le PDG du site, Brian Chesky tout au long d’un document de 32 pages décrivant comment sa société luttera contre ce phénomène.

Ce document interne appelle à la mise en place d’une équipe employée à plein temps pour lutter contre les préjugés tout en promouvant la diversité ». Elle assurera également la formation des hôtes contre ces préjugés probablement « inconscients ».

Cette mesure prise par Airbnb fait suite à la publication d’une étude réalisée par l’université d’Harvard l’an dernier, qui selon le New York Times proviendrait d’un effet boule de neige suite aux trop nombreuses plaintes déposées par des clients ayant subi une discrimination pour se terminer en procès.

L’étude concluait qu’il était plus difficile pour des clients portant des patronymes Afro-Américains de louer des chambres ou des appartements via le site.

En mai dernier, un utilisateur Afro-Américain a fini par déposer plainte contre la société, dans l’objectif d’une action collective, affirmant qu’il avait vu sa réservation refusée à cause de sa couleur de peau.

Parallèlement à cela, des rapports de discrimination envers des Israéliens ont fait surface, faisant allusion à des préjugés et opinions politiques.

En mars dernier, un Israélien affirme avoir vu la réservation d’un appartement refusée, à Londres après que l’hôte lui ait répondu que les Israéliens ne respectaient pas « les plus élémentaires des droits de l’Homme ».

En 2014, un hôtelier hollandais annula la réservation faite par une agence de voyage et non directement sur le site Airbnb, d’une famille israélienne pour se venger des actions d’Israël envers le Hamas à Gaza.

En janvier, une expérimentation menée par le site de gauche +972 indiquait que des loueurs aux patronymes connotés arabes avaient des difficultés à trouver des chambres auprès des hôtes Airbnb dans les implantations ou villes israéliennes en Cisjordanie.

Fondé en 2008, le site Airbnb, basé à San Francisco a étendu ses services sur plus de 34 000 villes et 191 pays dans le monde en notant une augmentation constante des réservations d’hébergements remplaçant peu à peu les réservations hôtelières.

Le développement de cette start-up privée dépend en partie de l’idée qu’Airbnb se veut une entreprise internationale et offrant une large gamme de « produits humains » proposant leur hébergement aux voyageurs.

La société déclare penser à accorder moins d’importance aux photos des utilisateurs du site indiquant en évidence l’origine ou le genre des personnes inscrites tout en développant les fonctions de réservations instantanées, permettant aux loueurs de recevoir une réponse immédiate à leur demande de réservation sans attendre l’accord de l’hôte.

Le site a subi des critiques pour avoir répondu tardivement à ces problèmes de discrimination, dit Chesky dans sa déclaration de jeudi en ajoutant qu’il était désolé que sa société ne se soit pas saisi de cette problématique plus tôt, dit-il au Times. Le doute persiste au sujet de l’efficacité de ce document (de 32 pages) puisqu’il ne spécifie aucun cas de sanctions possibles pour les hôtes ne respectant pas cette nouvelle clause.

« La société ne précise pas clairement si elle exclura les hôtes faisant de la discrimination ou non. Il n’est donc pas certain que ces nouvelles conditions d’utilisation du site soient suffisantes pour éradiquer les mauvais comportements, » affirme Jamila Jefferson Jones, professeur de Droit associée de l’Université du Missouri, à Kansas City.

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