Rechercher

Sur le départ, Bennett se confie : « J’ai fait de mon mieux »

Le Premier ministre, qui devrait quitter ses fonctions la semaine prochaine, a déclaré aux nouveaux pilotes de l’armée de l’air qu'il "laissait un État d’Israël fort et sûr"

Le Premier ministre Naftali Bennett lors de la cérémonie de remise des diplômes aux nouveaux pilotes, à la base aérienne de Hatzerim, près de la ville de Beersheba, dans le sud du pays, le 23 juin 2022. (Crédit : AP Photo/Tsafrir Abayov)
Le Premier ministre Naftali Bennett lors de la cérémonie de remise des diplômes aux nouveaux pilotes, à la base aérienne de Hatzerim, près de la ville de Beersheba, dans le sud du pays, le 23 juin 2022. (Crédit : AP Photo/Tsafrir Abayov)

S’exprimant jeudi lors d’une cérémonie militaire – sans doute la dernière en qualité de Premier ministre –, Naftali Bennett a déclaré avoir fait de son mieux pour le pays tout au long de son mandat.

« J’ai fait de mon mieux pour le peuple d’Israël, pour mon peuple bien-aimé », a confié Bennett lors de la cérémonie de remise des diplômes aux pilotes de l’armée israélienne, organisée sur la base aérienne de Hatzerim, dans le sud d’Israël.

Lundi, Bennett et le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid ont annoncé leur intention de dissoudre la Knesset, provoquant les cinquièmes élections en l’espace de trois ans et demi. Bennett et Lapid ont assuré avoir « épuisé » les solutions pour tenter de stabiliser une coalition minoritaire.

La Knesset a approuvé mercredi le projet de loi préliminaire de dissolution, lequel devrait prendre effet la semaine prochaine, après deux examens en commission et trois votes complémentaires. Lapid deviendra alors Premier ministre par intérim, conformément à l’accord de coalition.

L’opposition tente le tout pour le tout pour former une nouvelle coalition dans le cadre de l’actuelle Knesset, derrière le chef de l’opposition Benjamin Netanyahu, afin d’éviter de nouvelles élections. Il est peu probable que le projet prospère, car Netanyahu a contre lui une majorité de députés à la Knesset et fait face à des accusations criminelles dans le cadre de trois affaires de corruption.

Quoi qu’il en soit, Bennett est sur le point de quitter son poste.

Le Premier ministre Naftali Bennett s’exprime au mémorial de Yad Lebanim pour les soldats morts au combat, à Jérusalem, le 3 mai 2022. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Évoquant son prochain départ, Bennett a déclaré lors de la cérémonie de jeudi : « Je laisse un État d’Israël fort et sûr, avec le calme aux frontières. »

« Nos ennemis savent que nous les trouverons, où qu’ils soient, pour garantir la sécurité de nos concitoyens. Qu’ils sachent que quiconque complote pour nous attaquer en paiera le prix sur son sol », a-t-il affirmé.

« Sur une note personnelle, je voudrais remercier les soldats et commandants de Tsahal, le chef d’État-Major et toutes les agences de sécurité – le Mossad, le Shin Bet et la police israélienne – que j’ai eu le privilège de diriger », a-t-il déclaré.

« Chaque fois que je donnais mon accord à une attaque aérienne par des pilotes de l’armée de l’air, une opération au sol par les troupes de combat, le Yamam [police spéciale] ou pour des opérations secrètes menées par des membres d’autres unités, j’avais entière confiance en eux », a-t-il ajouté.

Cérémonie de remise des diplômes des cadets qui ont terminé l’entraînement de pilote de l’armée de l’air israélienne, à la base aérienne de Hatzerim dans le désert du Neguev, le 23 juin 2022. (Crédit : Flash90)

L’avenir politique de Bennett est incertain. Les médias israéliens ont rapporté, mercredi, qu’il aurait dans l’idée de faire une pause en politique et de ne pas se présenter aux prochaines élections. Il n’a pas abordé publiquement la question.

Les sondages publiés cette semaine montrent que son parti Yamina ne remporterait que quatre ou cinq sièges si des élections avaient lieu aujourd’hui, alors qu’il en avait remporté sept lors des élections de 2021.

Yamina s’est avérée être l’un des maillons faibles de la coalition, certains de ses députés de droite s’étant heurtés à d’autres éléments d’un gouvernement composite. En quittant la coalition début avril, la députée Idit Silman l’a condamnée à une parité de 60-60 avec l’opposition à la Knesset, qui compte 120 sièges, et ouvert une crise qui aura conduit le gouvernement à sa perte.

Nir Orbach, membre de Yamina à la Knesset, a quant-à-lui coupé les liens avec le bloc au pouvoir la semaine dernière, le privant définitivement de majorité et lui portant le coup de grâce.

Bennett a été élu pour la première fois à la Knesset en 2013, à la tête du parti HaBayit HaYehudi, fort de 12 sièges. Il a ensuite été ministre dans des gouvernements dirigés par Netanyahu.

Lors des élections d’avril 2019, il n’est pas parvenu à franchir le seuil électoral avec son parti de la Nouvelle Droite, mais a eu plus de chance lors du scrutin suivant, en septembre de la même année. Il a regagné un siège à la Knesset avec le parti Yamina.

Le leader de Yesh Atid, Yair Lapid (à gauche), le leader de Yamina, Naftali Bennett (au centre) et le leader de Raam, Mansour Abbas, signent un accord de coalition, le 2 juin 2021. (Crédit : Autorisation de Raam)

Après les élections de 2021, Bennett a rompu avec son vieil allié Netanyahu et formé un gouvernement d’unité des plus inclusifs, historique en tout point, dont il a pris la tête. La coalition a fini par s’effondrer, minée par les défections de ces derniers mois – la plupart originaires de son propre parti –, en raison de différends idéologiques entre ses membres.

Dans une interview d’adieu publiée mercredi dans le New York Times, Bennett a défendu son court mandat à la tête d’Israël, qualifiant sa coalition de « succès ».

« Dans un monde où la polarisation nationale est en passe de constituer le plus grand défi, l’expérience est concluante », a-t-il affirmé.

Il a assuré que les divers partis à l’œuvre avaient pu accomplir de grandes choses en « mettant de côté leurs désaccords idéologiques » et en se concentrant sur « les questions d’éducation, d’emploi, d’infrastructures ».

Il a vanté le faible taux de chômage d’Israël, le dynamisme de sa croissance économique et le succès le plus visible du gouvernement, en novembre dernier, lorsque la Knesset a adopté un budget pour 2021 et 2022, la première fois en plus de trois ans et demi. Bennett a également salué l’accord de libre-échange signé avec les Émirats arabes unis et la participation d’Israël à une alliance de défense aérienne au Moyen-Orient dirigée par les États-Unis.

Au final, la coalition s’est effondrée lorsque les opposants aux deux extrêmes du spectre politique « ont identifié les maillons faibles et exercé sur eux une pression énorme », a-t-il confié au Times.

De nouvelles élections devraient avoir lieu fin octobre ou début novembre, après les grandes fêtes juives.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...