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Gaza: Sur une carte, le projet de complexe des EAU dans une zone sous contrôle israélien

Selon un diplomate, Abou Dhabi n'aurait pas encore pris de décision sur le financement d'un complexe près de Rafah ; Tsahal dégage de vastes espaces à Gaza pour accueillir des solutions de logement temporaires, selon une source

Des soldats de Tsahal se tiennent près de l’entrée d’un tunnel (à droite) où le corps du lieutenant Hadar Goldin était retenu, dans la région de Rafah, au sud de la bande de Gaza, le 8 décembre 2025. (Crédit : Emanuel Fabian/Times of Israel)
Des soldats de Tsahal se tiennent près de l’entrée d’un tunnel (à droite) où le corps du lieutenant Hadar Goldin était retenu, dans la région de Rafah, au sud de la bande de Gaza, le 8 décembre 2025. (Crédit : Emanuel Fabian/Times of Israel)

Les Émirats arabes unis ont préparé des plans de construction d’un complexe destiné à reloger des milliers de Palestiniens déplacés dans une partie du sud de Gaza placée sous contrôle militaire israélien, selon une carte qu’a pu consulter Reuters grâce à des personnes proches de la question.

Sur cette carte, on voit que le « complexe de logements temporaires des Émirats arabes unis » serait construit non loin de Rafah, ville autrefois peuplée de 250 000 habitants mais aujourd’hui presque réduite à l’état de décombres et vidée de sa population par l’armée israélienne.

Un diplomate arabe a déclaré au Times of Israel que les Émirats arabes unis n’avaient pas encore pris de décision définitive quant au financement du projet pilote de logements à Rafah.

Situé près de la frontière égyptienne, Rafah est le lieu dans lequel la reconstruction de Gaza devrait commencer, en application du plan du président Trump en vue d’une paix durable dans cette enclave côtière densément peuplée, après deux années de guerre. Les donateurs sont, semble-t-il, réticents à l’idée d’engager des fonds, craignant que les désaccords sur le désarmement du groupe terroriste du Hamas ne ramènent les parties sur la voie du conflit ouvert.

Des doutes subsistent quant-à la viabilité politique du projet émirati, car la plupart des Palestiniens pourraient ne pas souhaiter vivre dans une zone contrôlée par Israël alors que la grande majorité des civils vivent dans des zones contrôlées par le Hamas à Gaza, soulignent des diplomates.

Le plan de Trump prévoyait la création d’une mission multinationale pour Gaza dirigée par les États-Unis, dont le siège se trouverait dans le sud d’Israël, là où des membres des autorités émiraties sont venus présenter leur projet de construction de logements temporaires et de fourniture de services de base à Rafah, précisent quatre diplomates proches de la question.

Des Palestiniens déplacés par la guerre dans la bande de Gaza marchent dans un camp de tentes de Rafah, le 10 mai 2024. (Crédit : Abdel Kareem Hana/AP)

Selon la carte, les logements émiratis se situeraient non loin de la « Ligne Jaune » fixée dans le cadre du cessez-le-feu d’octobre dernier pour délimiter les zones contrôlées par Israël et le Hamas.

En réponse aux questions concernant cet article, un responsable émirati a déclaré que son pays était « bien décidé à redoubler d’efforts humanitaires pour venir en aide aux Palestiniens à Gaza », sans confirmer ni infirmer les projets de construction de logements temporaires.

Selon l’un des diplomates, l’armée israélienne a d’ores et déjà déblayé de vastes zones allant de la côte méditerranéenne vers Rafah pour des projets de logements temporaires comme celui des Émirats arabes unis.

Les diplomates estiment que cette initiative émiratie ressemble à une proposition américaine de construction de logements temporaires pour les Palestiniens, dans des zones de Gaza placées sous contrôle israélien, qui avait d’ores et déjà été soumise. Les autorités américaines avaient présenté ce projet comme celui de « Communautés alternatives sûres » et, plus récemment encore, comme des « Communautés planifiées », précisent les diplomates.

Un responsable américain a indiqué que les Émirats Arabes unis coordonnaient leur projet de logement avec Washington, le Board of Peace – tout nouvel organisme mondial créé par Trump pour régler les différends – et le comité palestinien soutenu par les États-Unis, en charge de l’administration de Gaza.

« Nous sommes plus que jamais impressionnés par ce que font les Émirats arabes unis pour offrir une vie meilleure aux Gazaouis à Gaza », a commenté le responsable.

Les autorités américaines espèrent que la construction de logements dans les zones sous contrôle israélien créeront un élan en faveur du désarmement du Hamas et inciteront les Gazaouis à quitter les zones placées sous contrôle du Hamas, privant de facto le groupe terroriste de la présence des populations civiles.

Selon Kenneth Katzman, expert du Moyen-Orient au Soufan Center, un think tank américain spécialisé dans les questions de sécurité, les « Communautés Alternatives Sûres » sont le moyen de « réduire progressivement le Hamas », mais pour être efficace, il faudrait construire à grande échelle pour reloger des centaines de milliers de Palestiniens.

« Quelques projets de logements ne suffiront pas à vaincre le Hamas. Il faut faire beaucoup plus… pour avoir un effet », assure-t-il.

Les forces de l’ordre du Hamas déployées dans Gaza-City, le 11 octobre 2025. (Crédit : Ali Hassan/Flash90)

Les Émirats arabes unis, qui ont établi des relations diplomatiques avec Israël en 2020 dans le cadre d’un accord négocié par Trump, considèrent le Hamas et d’autres groupes islamistes politiques comme des menaces pour la stabilité au Moyen-Orient.

Les quatre diplomates doutent que les Palestiniens affluent en grand nombre dans des zones sous contrôle israélien et se demandent encore dans quelle mesure ces propositions ne sont pas susceptibles de diviser Gaza sur le long terme.

Contrairement au projet américain, celui des Émiratis a jeté son dévolu sur un lieu exempt d’occupation antérieure, soulignent les diplomates.

L’armée israélienne contrôle près de 53 % de Gaza, y compris la partie méridionale, avec Rafah, en ruines, et le Hamas, le reste du territoire, où la quasi-totalité des deux millions de Palestiniens de Gaza vivent dans des camps de tentes bondés, entre les décombres des quartiers détruits.

Diplomates étrangers et travailleurs humanitaires affirment que l’aide humanitaire et l’hébergement devraient être mis en oeuvre dans les zones les plus peuplées. On estime à 20 000 le nombre de Palestiniens installés dans des zones de Gaza sous contrôle militaire israélien, concluent les diplomates.

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