Survivant de la Shoah : Yisrael Katz est un « idiot » d’avoir insulté les Polonais
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Survivant de la Shoah : Yisrael Katz est un « idiot » d’avoir insulté les Polonais

"Il n'y a pas d'antidote à la stupidité", a déclaré Ed Mosberg au sujet du ministre israélien qui a accusé les Polonais de "téter l'antisémitisme du sang de leur mère"

Le survivant de la Shoah Edward Mosberg, 93 ans et l'ambassadeur américain en Israël David Friedman, durant la Marche des Vivants, le 2 mai 2019. (Crédit : Michael Bachner/Times of Israel)
Le survivant de la Shoah Edward Mosberg, 93 ans et l'ambassadeur américain en Israël David Friedman, durant la Marche des Vivants, le 2 mai 2019. (Crédit : Michael Bachner/Times of Israel)

AUSCHWITZ-BIRKENAU, Pologne — Le survivant de la Shoah Ed Mosberg, 93 ans, a fermement critiqué jeudi Yisrael Katz, ministre des Affaires étrangères par intérim, pour ses propos controversés sur l’antisémitisme polonais.

S’adressant à l’ambassadeur américain David Friedman à Auschwitz, avant l’annuelle Marche des Vivants, Ed Mosberg a taxé Katz « d’idiot stupide », pour avoir déclaré en février que les Polonais « tètent l’antisémitisme du sein de leur mère », d’après une citation du Premier ministre israélien disparu Yitzhak Shamir.

« Malheureusement, il n’y a pas d’antidote à la stupidité » a-t-il dit. « Je parle d’Yisrael Katz, cet idiot stupide, s’il a pu dire cela, c’est la preuve de sa stupidité. »

« J’ai dit au président Polonais Andrzej Duda de ne pas venir en Israël si [Katz] ne s’excuse pas où s’il n’est pas limogé du gouvernement », a ajouté le rescapé, qui est devenu mercredi le premier bénéficiaire de la plus grande distinction non militaire de Pologne.

Le ministre des Transports et du Renseignement, Yisraël Katz, prend la parole lors de la Conférence sur l’aviation israélienne à Airport City, le 2 mai 2018. (Tomer Neuberg/Flash90)

S’adressant à l’ambassadeur américain en Allemagne Richard Allen Grenell, le survivant de la Shoah a déclaré qu’Israël « n’a pas de meilleur allié que la Pologne » et qu’il ne tient que la nation allemande pour responsable de la Shoah.

La Pologne s’est ensuite rétractée d’une conférence le 19 février à Jérusalem après des déclarations du Premier ministre Benjamin Netanyahu accusant les Polonais d’avoir coopéré avec les nazis pendant la Shoah, ainsi que la référence de Katz aux propos de Shamir.

Netanyahu a ensuite précisé ses commentaires, qui suggéraient initialement que tous les Polonais avaient participé au massacre de Juifs. Le Premier ministre avait adressé un message à Varsovie et diffusé un communiqué affirmant qu’il avait dit que « des Polonais » et non pas « les Polonais », et qu’il n’avait jamais impliqué la nation polonaise dans son ensemble.

Le 25 février, Katz a refusé de s’excuser, soulignant qu’il n’avait jamais suggéré que tous les Polonais étaient antisémites.

Pour Mosberg, qui a récemment été diagnostiqué d’un cancer du sang, participer à cette marche « n’est pas un signe de victoire. C’est juste le devoir de nommer les coupables, la nation allemande. Eux et eux seuls portent la responsabilité, et certainement pas les Polonais », a-t-il dit au début de la semaine.

Le survivant de la Shoah Edward Mosberg, 93 ans et l’ambassadeur américain en Israël David Friedman, durant la Marche des Vivants, le 2 mai 2019. (Crédit : Michael Bachner/Times of Israel)

Alors que le gouvernement polonais se battait contre une loi controversée contre ceux qui attribuaient à la Pologne le génocide, le message de Mosberg est une douce mélodie aux oreilles des autorités polonaises.

Mardi, le gouvernement polonais a annoncé, de manière inattendue, qu’il décernerait la plus haute distinction non militaire du pays à Mosberg le lendemain. Celui qui préside le groupe de commémoration From the Depths et parle couramment polonais se distingue souvent dans la Marche des Vivants, en défilant en tête de cortège vêtu de son véritable uniforme de prisonnier.

Il a reçu sa distinction mercredi des mains du président polonais Andrzej Duda.

Jeudi, il a remis à l’ambassadeur américain en Israël un rouleau de la Torah dont sa fille a fait don, qui comprend les noms des camps de concentration et l’inscription « Je n’oublierai jamais et ne pardonnerai jamais ».

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