Survol de l’Arabie saoudite : Air India ne confirme pas les propos de Netanyahu
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Survol de l’Arabie saoudite : Air India ne confirme pas les propos de Netanyahu

La compagnie aérienne affirme être toujours en attente d'un accord pour la liaison Delhi-Tel Aviv au-dessus de l'espace aérien saoudien

Un Boeing de la compagnie Air India à l'aéroport de Londres, en 2005. (Crédit : domaine public)
Un Boeing de la compagnie Air India à l'aéroport de Londres, en 2005. (Crédit : domaine public)

La compagnie aérienne nationale indienne a déclaré qu’elle n’avait pas reçu l’autorisation d’effectuer un vol direct vers Israël au-dessus de l’espace aérien saoudien mardi, quelques heures après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé aux journalistes qu’un accord avait été conclu concernant cette liaison.

« Nous n’avons reçu aucune confirmation. Nous avons déposé notre demande de vol. Nous n’avons toujours pas reçu de réponse des autorités », a déclaré Praveen Bhatnagar, porte-parole d’Air India, au Times of Israel.

Le Bureau du Premier ministre n’a pas répondu immédiatement à notre demande pour obtenir des explications.

Lundi, Netanyahu avait déclaré aux journalistes que l’Arabie saoudite a autorisé Air India à survoler son espace aérien sur des vols entre Israël et l’Inde.

L’accord raccourcirait la durée du trajet aérien d’environ deux heures et marquerait une avancée significative dans la mesure où Jérusalem tente de se rapprocher de Ryad.

Benjamin Netanyahu, à gauche, et Narendra Modi s’apprêtent à se saluer à New Delhi, le 14 janvier 2018 (Crédit : Avi Ohayon/GPO)

« Air India a signé aujourd’hui un accord pour voler vers Israël en passant par l’Arabie Saoudite », a déclaré le Premier ministre israélien lors d’un point de presse à la Blair House à Washington DC, soulignant que le vol à destination et en provenance de l’Inde aurait la même durée que les vols entre Londres et Tel Aviv, soit environ cinq heures et demie.

L’Arabie saoudite n’a pas fait de commentaires sur la question.

M. Bhatnagar a déclaré qu’il était possible qu’un accord ait été conclu avec une autre administration, mais a déclaré qu’Air India n’était pas au courant d’un pareil accord.

« Nous espérons obtenir rapidement l’autorisation », a-t-il dit.

Il a déclaré que la compagnie aérienne avait soumis des demandes pour un vol direct entre Delhi et Tel Aviv, mais que les modalités n’étaient pas encore finalisées.

Actuellement, El Al est la seule compagnie aérienne offrant des vols directs entre Israël et l’Inde, avec une liaison Tel Aviv-Bombay. Pour éviter l’Arabie saoudite, qui a jusqu’à présent interdit les vols à destination et en provenance d’Israël au-dessus de son espace aérien, l’avion doit faire un détour par la mer Rouge et autour de la péninsule arabique, ce qui rallonge le trajet de plus de deux heures.

Itinéraire emprunté par les avions de la compagnie El Al pour la liaison Tel Aviv-Bombay en Inde. (Capture d’écran Google map)

En février, des dépêches citant des responsables israéliens ont affirmé qu’un accord avait été conclu, mais l’information a été démentie par Ryad.

Reuters a rapporté la semaine dernière qu’El Al cherchait également à obtenir l’aide de la communauté internationale pour survoler l’espace aérien saoudien.

Israël n’a pas de liens diplomatiques avec l’Arabie saoudite, mais on sait que les deux pays ont travaillé secrètement sur leurs préoccupations communes en matière de sécurité concernant l’Iran dans le sillage de l’accord nucléaire de 2015, auquel les deux gouvernements se sont fermement opposés.

Netanyahu a dit aux chefs d’entreprise qui l’accompagnaient lors du voyage en Inde en janvier dernier qu’une « route efficace et directe » entre les deux pays était un objectif important.

Raoul Wootliff, Eric Cortellessa ont contribué à cet article.

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