Suspension des permis palestiniens : une « punition collective » selon l’ONU
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Suspension des permis palestiniens : une « punition collective » selon l’ONU

Le Haut-Commissaire aux droits de l'Homme parle d'une "punition collective", potentiellement illégale selon le droit international

Zeid Ra'ad Hussein, Haut-Commissaire aux droits de l'homme aux Nations unies (Crédits : capture d'écran YouTube / Nizar Abboud)
Zeid Ra'ad Hussein, Haut-Commissaire aux droits de l'homme aux Nations unies (Crédits : capture d'écran YouTube / Nizar Abboud)

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, Zeid Ra’ad Zeid al-Hussein, a critique vendredi l’interdiction totale pour les Palestiniens d’entrer en Israël après l’attentat à Tel Aviv mercredi. Il a déclaré que cela pouvait être considéré comme une « punition collective », et donc illégale selon le droit international.

La porte-parole d’Hussein, Ravina Shamdasani, a dit aux journalistes à Genève que cette décision d’Israël « pouvait être considéré comme une punition collective interdite, et ne fera qu’augmenter le sentiment d’injustice et de frustration ressenti par les Palestiniens ». Hussein a cependant condamné l’attentat de Tel Aviv, a confirmé Shamdasani.

« Israël a l’obligation de traduire devant la justice ceux qui sont responsables (…) de crimes (…). Toutefois les mesures prises de façon plus large contre la population punissent non pas les auteurs du crime, mais des dizaines, peut-être des centaines, de milliers de Palestiniens innocents », a-t-elle ajouté.

« Nous sommes profondément préoccupés par la réponse des autorités israéliennes, qui inclut des mesures qui pourraient constituer une punition collective interdite », a-t-elle dit.

Dans un courrier électronique envoyé à l’AFP, la mission d’Israël à l’ONU a indiqué qu’elle publierait une réaction aux commentaires du Haut-Commissaire.

Quatre personnes ont été tuées et seize ont été blessées – dont 3 sérieusement – quand deux terroristes palestiniens ont ouvert le feu au marché de Sarona dans le centre de Tel Aviv, mercredi soir.

Comme première réponse à l’attentat, le coordinateur des activités gouvernementales dans les Territoires palestiniens, le COGAT, a déclaré jeudi matin que 83 000 permis pour les Palestiniens de Cisjordanie étaient désormais gelés.

Cela les empêche de visiter des membres de leur famille en Israël pendant ce mois sacré de Ramadan pour l’islam. Des permis spéciaux, délivrés pour le Ramadan à des musulmans de la bande de Gaza souhaitant aller prier à Al-Aqsa, ont également été suspendus.

Le Conseil de Sécurité de l’ONU a également condamné l’attentat jeudi, dans sa première dénonciation de la violence palestinienne depuis le début de la vague d’attaques en octobre. Le Conseil a dénoncé « dans les termes les plus forts l’attaque terroriste à Tel Aviv, en Israël », et ses membres « ont exprimé leur plus profonde sympathie et leurs condoléances aux familles des victimes et au gouvernement d’Israël », selon un communiqué de presse publié par le bureau du représentant israélien auprès des Nations unies.

Le Conseil de sécurité a également “souligné le besoin de présenter les responsables, les organisateurs, les financiers et les soutiens de ces actes de terrorisme devant la justice », ajoute le communiqué.

Cette condamnation vient après une lettre de l’ambassadeur d’Israël aux Nations Unies, Danny Danon, envoyée au Conseil et leur demandant de dénoncer le carnage.

Depuis octobre 2015, 33 Israéliens et quatre étrangers ont été tués, et des centaines blesses, dans une recrudescence d’attaques, bien que la violence avait considérablement diminué ces derniers temps. Plus de 200 Palestiniens ont également été tués, environ deux-tiers d’entre eux après avoir commis des attaques et le reste dans des affrontements avec l’armée, selon des officiels israéliens.

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