Syrie : le régime d’Assad repousse l’EI du nord de Palmyre
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Syrie : le régime d’Assad repousse l’EI du nord de Palmyre

L'armée a subi ces derniers temps une série de revers militaires dans cette province ; c'est aussi au tour de l'EI

Une photo prise le 14 mars 2014 montre des citoyens syriens marchant dans la ville antique de Palmyre, à 215 km au nord-est de Damas. L'État islamique (EI), qui se vante d'avoir détruit des sites antiques en Irak, menace l'ancien joyau de Palmyre, un site inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, le 14 mai 2015 (Crédit : AFP PHOTO / JOSEPH EID)
Une photo prise le 14 mars 2014 montre des citoyens syriens marchant dans la ville antique de Palmyre, à 215 km au nord-est de Damas. L'État islamique (EI), qui se vante d'avoir détruit des sites antiques en Irak, menace l'ancien joyau de Palmyre, un site inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, le 14 mai 2015 (Crédit : AFP PHOTO / JOSEPH EID)

Les forces du régime syrien ont chassé dimanche les djihadistes de l’Etat islamique (EI) du nord de la ville antique de Palmyre, a affirmé un haut responsable syrien, moins de 24 heures après la prise de contrôle de cette zone par l’organisation extrémiste.

« L’attaque de l’EI a été avortée et les djihadistes ont été chassés des périphéries nord et Est de Tadmor (nom de Palmyre en arabe) », a affirmé à l’AFP Talal Barazi, le gouverneur de Homs, province du centre de la Syrie dont fait partie cette ville vieille plus de 2.000 ans.

M. Barazi a indiqué en outre que l’armée avait repris une série de sites stratégiques, dont des collines, des barrages et la tour de la radio et télévision de Palmyre, dans le nord-ouest de la ville.

Samedi en début de soirée, l’EI avait pris le contrôle de la majeure partie du nord de Palmyre où des affrontements intenses les ont opposés aux forces loyalistes. Selon l’OSDH, ils ont fait au moins 29 morts parmi les djihadistes et 23 parmi les membres des forces gouvernementales.

D’après M. Barazi, l’armée a tué « 130 djihadistes ».

« L’armée continue de nettoyer la zone de bombes plantées (par l’EI) afin de rétablir la circulation », a ajouté le gouverneur.

La plupart des ruines monumentales, qui comportent notamment des colonnades torsadées romaines, des temples et des tours funéraires, se trouvent au sud-ouest de la ville. Ce site, qui fut l’un des plus importants foyers culturels du monde antique, est inscrit au patrimoine mondial de l’Humanité de l’Unesco.

L’EI a lancé mercredi l’assaut sur Palmyre, qui se trouve dans la province d’Homs (centre) et revêt une importance stratégique pour lui puisqu’elle ouvre sur le grand désert syrien, limitrophe de la province irakienne d’Al-Anbar, en grande partie contrôlée par ce groupe ultraradical sunnite.

La ville est également importante pour la propagande de l’EI, puisque son importance culturelle attire l’attention des médias du monde entier et a poussé l’Unesco à appeler le Conseil de sécurité de l’ONU à agir pour la préserver.

Le directeur des Antiquités et des musées syriens, Maamoun Abdelkarim, a confié sa peur de voir Palmyre subir le même sort que des sites archéologiques dans le nord de l’Irak, notamment Nimroud et Hatra, endommagés ou détruits par l’EI.

Des combattants du groupe Etat islamique sont entrés samedi dans la ville de Palmyre, en Syrie, pays dans lequel des forces spéciales américaines ont tué un haut responsable de l’EI lors d’une rare opération au sol.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), des djihadistes ont « pris le contrôle de la majeure partie du nord de Palmyre », classée au Patrimoine mondial de l’Humanité, après d’intenses combats contre l’armée syrienne.

Plus à l’est, dans un fief de l’EI en Syrie, les Etats-Unis ont tué un chef djihadiste présenté comme un cerveau des opérations pétrolières et militaires du groupe extrémiste sunnite, qui contrôle de larges territoires en Syrie et en Irak voisin.

« Les forces américaines basées en Irak ont mené (vendredi soir) une opération (…) pour capturer le haut responsable de l’EI, Abou Sayyaf, et sa femme », a déclaré samedi une porte-parole du Conseil de sécurité nationale (NSC), ajoutant : « Abou Sayyaf a été tué lors d’échanges avec les forces américaines ».

Dans un communiqué, le NSC a précisé que son épouse « se trouvait en détention dans une prison américaine en Irak ».

Selon Washington, Abou Sayyaf était directement impliqué dans les opérations militaires de l’EI ainsi que dans son trafic de pétrole et de gaz, une des sources de revenus du groupe djihadiste.

Avant l’annonce américaine samedi, la télévision d’Etat syrienne avait affirmé que « le ministre du pétrole de l’EI (sic) a été tué dans une opération spéciale de l’armée syrienne à Al-Omar”, identifiant cet homme comme Abou al-Taym al-Saudi.

Une source militaire syrienne interrogée par l’AFP n’a pas voulu confirmer s’il s’agissait du même chef jihadiste que Washington a affirmé avoir tué.

‘Claque pour l’EI’

Au cours de l’intervention américaine, une jeune femme yazidie qui aurait été l’esclave du couple Sayyaf a été libérée, d’après la porte-parole du NSC.

Des centaines, voire des milliers, de femmes de cette minorité kurdophone avaient été capturées par l’EI en août dernier dans le nord de l’Irak pour être vendues ou offertes comme esclaves à des djihadistes, selon Amnesty International.

Cette opération américaine au sol en Syrie est l’une des très rares explicitement revendiquées par Washington, qui dirige une coalition antijihadistes frappant l’EI par les airs depuis plusieurs mois en Irak et en Syrie.

L’an dernier, un commando américain avait, sans succès, tenté de sauver le journaliste américain James Foley, retenu par l’EI en Syrie.

Pour le ministre américain de la Défense Ashton Carter, l’opération menée à Al-Omar, un des plus grands champs pétroliers syriens, sous contrôle jihadiste dans la province de Deir Ezzor (est), constitue « une nouvelle claque pour l’EI ».

Quelques heures plus tard, le groupe djihadiste a toutefois effectué une démonstration de force aux dépens de l’armée syrienne en entrant dans le nord de Palmyre, un joyau archéologique dont l’Unesco craint désormais qu’elle subisse le même sort que des sites comme Nimroud et Hatra en Irak, détruits ou endommagés par l’EI ces derniers mois.

Les ruines monumentales de l’antique Palmyre, cité vieille de 2 000 ans, se trouvent au sud-ouest de la ville moderne.

Prendre Palmyre permettrait au groupe jihadiste d’étendre son influence en Syrie au-delà de l’est et du nord, où il est déjà implanté.

Dans sa progression vers Palmyre, entamée mercredi, le groupe djihadiste, connu pour les atrocités auxquelles ils se livrent dans les territoires sous son contrôle, a exécuté au moins 49 civils, dont des enfants, selon l’OSDH.

Hélicoptère syrien abattu

En Irak, l’organisation djihadiste tentait samedi de prendre la totalité de Ramadi, capitale de la province d’Al-Anbar, un des bastions de l’EI dans ce pays, au lendemain de sa prise du QG gouvernemental.

Bagdad a envoyé des renforts militaires vers Ramadi et d’autres secteurs de cette province, mais il n’y avait samedi aucun signe tangible d’une véritable contre-offensive à Ramadi, pourtant annoncée la veille par le gouvernement irakien.

S’emparer de la totalité de Ramadi constituerait la plus importante victoire de l’EI cette année en Irak et permettrait au groupe djihadiste de contrôler les capitales de deux grandes provinces d’Irak, avec Mossoul, chef-lieu de la province de Ninive (nord).

Dans le nord-ouest de la Syrie, au moins 48 civils, dont 9 enfants, ont péri samedi dans des raids aériens de l’armée sur trois villes de la province d’Idleb sous contrôle de forces anti-régime, d’après l’OSDH.

L’armée a subi ces derniers temps une série de revers militaires dans cette province, notamment la perte de la capitale Idleb et de la ville de Jisr al-Choughour, tombées aux mains d’une coalition de groupes islamistes et djihadistes.

La province d’Idleb est d’importance stratégique car elle est à la fois proche de celle de Lattaquié, un fief du régime syrien, et de la frontière avec la Turquie, pays favorable à la rébellion et hostile à Assad.

La Turquie a d’ailleurs annoncé samedi avoir abattu un hélicoptère syrien qui avait violé son espace aérien près de sa frontière avec la province d’Idleb. La télévision officielle syrienne a de son côté indiqué qu’il s’agissait en fait d’un drone.

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