Syrie : L’ONU cherche des pays d’accueil pour un demi-million de réfugiés
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Syrie : L’ONU cherche des pays d’accueil pour un demi-million de réfugiés

Selon un rapport publié mardi par l'ONG britannique Oxfam, les pays riches n'ont réinstallé que 67 100 réfugiés syriens

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon parle lors d'une conférence de presse au Palais de Santa Cruz à Madrid le 29 octobre 2015. (AFP Photo / Javier Soriano)
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon parle lors d'une conférence de presse au Palais de Santa Cruz à Madrid le 29 octobre 2015. (AFP Photo / Javier Soriano)

L’ONU a demandé mercredi aux pays développés de faire preuve de solidarité et d’accueillir un demi-million de réfugiés syriens d’ici trois ans, alors que sur le terrain, les troupes du régime de Damas intensifient leur offensive contre le groupe Etat islamique.

Le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a déclaré que la crise des réfugiés syriens exigeait « une hausse exponentielle de la solidarité mondiale », à l’ouverture à Genève d’une conférence internationale destinée à trouver des pays d’accueil.

« Nous sommes ici pour répondre à la plus grande crise de réfugiés et de déplacés de notre temps », a-t-il dit. « Ceci exige une hausse exponentielle de la solidarité mondiale », a-t-il ajouté devant les représentants de plus de 90 pays.

M. Ban a indiqué qu’au moins 480 000 Syriens, soit 10 % du total des réfugiés et déplacés qui ont fui le conflit en Syrie, avaient besoin de trouver un pays tiers au cours des trois prochaines années.

« Les voisins de la Syrie ont fait preuve d’une hospitalité exceptionnelle », a-t-il souligné. Le Liban, a-t-il rappelé, a accueilli plus d’un million de Syriens, la Turquie plus de 2,7 millions et la Jordanie plus de 600 000.

Un gain pour tout le monde

Mais selon un rapport publié mardi par l’ONG britannique Oxfam, les pays riches n’ont réinstallé que 67 100 réfugiés syriens, soit 1,39 % du total.

« Lorsqu’il est bien géré, l’accueil de réfugiés est un gain pour tout le monde », a souligné M. Ban. Les réfugiés « apportent de nouveaux talents et de nouvelles expériences à une main d’oeuvre vieillissante. Les tentatives visant à les diaboliser sont non seulement offensantes mais factuellement incorrectes », a-t-il dit.

M. Ban a rappelé que l’ONU cherchait à trouver une solution politique au conflit qui est entré dans sa 6e année et a déjà fait plus de 270 000 morts.

« Mais en attendant que ces négociations portent leur fruits, le peuple syrien et la région font encore face à une situation désespérée », a-t-il souligné. « Le monde doit aller de l’avant, avec des actions concrètes et des engagements. Tous les pays peuvent faire plus (…) Le monde ne peut pas les laisser tomber », a-t-il conclu.

Le Haut commissaire aux réfugiés de l’ONU, Filippo Grandi, a pour sa part souligné que les conditions de vie dans les pays voisins de la Syrie étaient « de plus en plus difficiles ». Il a indiqué que quelque 90 % des réfugiés syriens vivaient sous le seuil de pauvreté et qu’au moins 10 % d’entre eux étaient considérés comme « extrêmement vulnérables ». « Ce sont ces quelque 480.000 réfugiés que nous estimons être très, très vulnérables », a-t-il précisé.

Dans une allusion à l’accord conclu entre l’Union Européenne et la Turquie sur le renvoi de nouveaux migrants qui arriveraient en Grèce, il a déclaré: « Nous ne pouvons pas répondre à une crise de réfugiés globale (…) en fermant des portes et en dressant des barrières ».

Sur ce point, M. Ban a exprimé une opinion plus nuancée, en déclarant « apprécier réellement » cet accord qu’il a qualifié de « bon début ».

M. Grandi a simplement répondu qu’il « faudra voir comment cela évolue dans les prochains mois ».

Offensive militaire

Sur le terrain, les troupes du régime de Damas poursuivaient leur offensive contre le groupe Etat islamique dans le centre de la Syrie après la reconquête de la ville de Palmyre désertée par ses habitants.

De violents combats se déroulaient mercredi aux environs d’Al-Qaryatayn, une localité à majorité sunnite située à 120 km à l’ouest de Palmyre tenue par l’EI. L’armée cherche à s’en emparer afin de sécuriser Palmyre et empêcher les jihadistes de l’attaquer de nouveau.

« L’artillerie syrienne bombarde intensément les zones de combat », a indiqué l’ONG Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

L’aviation syrienne menait également des frappes sur Sokhné (à l’est de Palmyre) où se sont retranchés des jihadistes. Si le régime s’emparait de cette ville, il serait aux portes de la province pétrolière de Deir Ezzor (est), contrôlée en grande partie par l’EI.

Le site de Palmyre, vieux de 2 000 ans et classé au patrimoine mondial de l’Humanité, porte les stigmates des ravages de l’EI, qui a détruit deux de ses plus beaux temples, son Arc de triomphe et des tours funéraires.

Le régime évalue à 5 ans le temps nécessaire pour réhabiliter les monuments endommagés ou détruits.

Le président Bachar al-Assad, cité par l’agence Sana, a lancé mercredi un appel à Ban Ki-moon et à « toutes les organisations de l’ONU pour qu’elles accordent leur soutien au gouvernement syrien » en vue de restaurer cette « icône de la civilisation ».

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