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Syrie: Washington évoque une participation de Téhéran aux pourparlers

Ce scénario représenterait un tournant diplomatique majeur face à une guerre qui a fait plus de 250 000 morts depuis 2011

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry (à gauche) a rencontré le prince héritier Mohammed ben Nayef d'Arabie saoudite (à droite) à Diriyah Farm, en Arabie saoudite, le 24 ctobre 2015. Le secrétaire d'Etat américain John Kerry s'est rendu en Arabie saoudite pour des entretiens avec le roi Salman qui devraient se concentrer sur le conflit en Syrie  (Crédit : AFP PHOTO / POOL / CARLO ALLEGRI)
Le secrétaire d'Etat américain John Kerry (à gauche) a rencontré le prince héritier Mohammed ben Nayef d'Arabie saoudite (à droite) à Diriyah Farm, en Arabie saoudite, le 24 ctobre 2015. Le secrétaire d'Etat américain John Kerry s'est rendu en Arabie saoudite pour des entretiens avec le roi Salman qui devraient se concentrer sur le conflit en Syrie (Crédit : AFP PHOTO / POOL / CARLO ALLEGRI)

Les Etats-Unis ont annoncé mardi que Téhéran, allié du régime de Damas, pourrait prendre part aux pourparlers sur la crise syrienne, mettant parallèlement en avant leur volonté d’intensifier leurs frappes contre les djihadistes de l’Etat islamique (EI).

Le secrétaire d’Etat John Kerry doit participer en fin de semaine à Vienne à des discussions pour tenter de trouver une issue politique au conflit syrien, dans la foulée d’une première rencontre la semaine dernière entre les Etats-Unis, la Russie, l’Arabie saoudite et la Turquie.

« Nous nous attendons à ce que l’Iran soit invité à participer », a indiqué le porte-parole de la diplomatie américaine, John Kirby, évoquant un scénario qui représenterait un tournant diplomatique majeur face à une guerre qui a fait plus de 250 000 morts depuis 2011.

Les responsables américains n’ont pas précisé qui transmettrait l’invitation à Téhéran ni s’ils s’attendaient à ce que la République islamique l’accepte. Ces nouvelles discussions doivent se tenir vendredi, mais plusieurs diplomates évoquent des rencontres préparatoires dès jeudi soir.

Le sort du président syrien Bachar el-Assad continue de diviser Washington et Moscou, soutien clé du régime syrien.

Preuve des grandes manoeuvres en cours, le président américain Barack Obama a appelé mardi le roi Salmane d’Arabie saoudite pour évoquer en particulier la lutte contre l’EI et une possible « transition politique en Syrie », selon un compte-rendu diffusé par la Maison Blanche qui n’évoque pas la place possible de Téhéran dans les discussions à venir.

L’Iran chiite et l’Arabie saoudite sunnite – les deux grandes puissances rivales de la région – s’opposent ouvertement sur la Syrie. Téhéran apporte avec un soutien financier et militaire au régime du président Bachar al-Assad alors que l’Arabie saoudite soutient les groupes rebelles.

L’Iran n’envoie officiellement pas de soldats en Syrie, mais seulement des « conseillers » membres des Gardiens de la révolution, l’unité d’élite de l’armée de la République islamique. Fait sans précédent depuis le début du conflit, Téhéran a annoncé très officiellement depuis début octobre la mort d’une quinzaine d’Iraniens en Syrie.

« Actions directes au sol »

L’ancien secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a estimé mardi qu’une solution était possible en Syrie si la Russie et les Etats-Unis parvenaient à « travailler ensemble ».

A l’issue de la première conférence internationale sur la Syrie (Genève 1), le 30 juin 2012, les grandes puissances avaient signé un plan de règlement du conflit prévoyant une transition politique, mais qui est resté lettre morte. « Il était peut-être trop tôt en 2012. Mais aujourd’hui nous voyons des contacts qui n’étaient pas possibles en 2012 », a estimé Annan.

Sur le plan militaire, Washington a affiché sa volonté d’intensifier les bombardements aériens contre les jihadistes de l’EI en Syrie et en irak.

« Nous prévoyons d’intensifier notre campagne aérienne, y compris avec des appareils supplémentaires de la coalition et des Etats-Unis, pour cibler l’EI avec des frappes plus nombreuses et plus fortes », a déclaré le ministre américain de la Défense, Ashton Carter, devant la commission des forces armées du Sénat.

« Nous ne nous interdirons pas de soutenir des partenaires capables de mener à l’occasion des attaques contre l’EI, ou de mener ces missions nous-mêmes, que ce soit par des frappes aériennes ou des actions directes au sol », a ajouté Carter.

Ce dernier a laissé entendre que des militaires américains pourraient de nouveau participer à des opérations terrestres contre l’EI, comme celle menée la semaine dernière par des forces spéciales pour libérer 70 prisonniers du groupe djihadiste. Cette opération a coûté la vie à un soldat américain, le premier à mourir en Irak depuis 2011.

Les Américains et leurs alliés pilotent une coalition internationale contre l’EI et soutiennent certains rebelles syriens ennemis du régime. De son côté, la Russie a lancé il y a près d’un mois une campagne de bombardements aériens en Syrie. Une intervention contre le « terrorisme », affirme Moscou. Des raids destinés à sauver le chef de l’Etat syrien, accusent Washington et ses partenaires.

Ashton Carter a précisé que Washington se concentrerait désormais sur « trois R »: Raqa, Ramadi et raids. Ramadi est la capitale de la province d’Anbar, dans l’ouest de l’Irak, que les forces irakiennes tentent de reprendre à l’EI, avec le soutien des frappes aériennes de la coalition.

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