Tambour battant, pour briser le silence sur la Shoah en République tchèque
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Tambour battant, pour briser le silence sur la Shoah en République tchèque

Environ 80 000 Juifs tchèques périrent dans la Shoah ; La gare de Prague-Bubny sera transformée d'ici 2017 en un lieu de mémoire

Le cimetière juif de Prague. (Crédit : Rachael Cerrotti/Flash90)
Le cimetière juif de Prague. (Crédit : Rachael Cerrotti/Flash90)

Plusieurs centaines de personnes ont tapé vendredi sur quelque 400 tambours devant la gare ferroviaire de Prague-Bubny, lieu de l’embarquement en 1941-1945 de Juifs tchèques déportés dans des camps nazis, pour commémorer les victimes de la Shoah et mettre en garde contre de nouvelles violences.

« Il n’est pas vrai que le pire ait déjà eu lieu. Il faut battre le tambour aussi contre ce qui arrive », a déclaré Pavel Stingl, directeur de la société Mémorial de la Shoah à Prague, organisatrice de l’événement.

Environ 45.000 Juifs tchèques passèrent par Prague-Bubny (« bubny » signifie « tambours » en tchèque) pour monter dans des convois à destination des ghettos de Lodz (Pologne) et de Terezin, lieux de transit avant la déportation vers Auschwitz et d’autres camps d’extermination nazis.

Le premier transport a quitté cette gare il y a tout juste 74 ans, le 16 octobre 1941.

Seuls quelque milliers ont survécu à la guerre, alors qu’environ 80 000 Juifs tchèques périrent dans l’Holocauste.

La gare de Prague-Bubny sera transformée d’ici 2017 en un lieu de mémoire consacré à ceux qui ne sont jamais revenus.

La cérémonie de vendredi a eu pour but, selon ses organisateurs, non seulement de rendre hommage aux victimes de l’Holocauste, mais aussi de lancer un avertissement face à l’existence d’une « majorité silencieuse ».

« Dans le passé, tout comme aujourd’hui, le silence de la majorité fait de nous des complices », estime Leos Valka, fondateur du centre des arts contemporains DOX, dont les artistes prennent régulièrement part aux activités du Mémorial de la Shoah.

Sous une pluie froide, les manifestants ont battu les quelque 400 tambours fabriqués pour l’occasion grâce à un financement participatif (crowdfunding).

« Le tambour a toujours été utilisé comme moyen de communication. Chez les gens, il éveille tout sauf l’indifférence », a noté Milos Vacik, chef du groupe de tambours Tam Tam Batucada.

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