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Tamir Hayman : l’accord sur le nucléaire iranien retardera le programme

Un accord avec les puissances mondiales entravera la capacité de l'Iran à fabriquer une bombe nucléaire et permettra à Israël de se préparer, estime un ancien du renseignement

Le général de division Tamir Hayman, chef du renseignement militaire, lors de la conférence internationale annuelle de l'Institut d'études sur la sécurité nationale, à Tel Aviv, le 28 janvier 2020. (Crédit : Tomer Neuberg/FLASH90)
Le général de division Tamir Hayman, chef du renseignement militaire, lors de la conférence internationale annuelle de l'Institut d'études sur la sécurité nationale, à Tel Aviv, le 28 janvier 2020. (Crédit : Tomer Neuberg/FLASH90)

L’ancien chef du renseignement militaire Tamir Hayman a affirmé qu’un accord entre les puissances mondiales et l’Iran était nécessaire afin d’empêcher Téhéran de fabriquer une bombe nucléaire, malgré les failles de l’accord actuellement en pourparlers.

Les commentaires de Tamir Hayman, qui rompent avec l’opposition du gouvernement israélien à l’accord, surviennent alors que les États-Unis et l’Iran se rapprochent de la restauration du Plan d’action global conjoint (JCPOA) de 2015.

Heyman a tweeté vendredi que la proposition actuelle de retour à l’accord sur le nucléaire représentait un « mauvais accord », mais qu’elle était cruciale afin de « retirer l’Iran de la situation dans laquelle se trouve le pays (presque à l’état du seuil [nucléaire]) ».

« La signature d’un accord garantira certainement que l’Iran n’aura pas accès à l’arme nucléaire au moins jusqu’en 2030, et cela l’empêchera aussi de développer des capacités nucléaires militaires », a déclaré Heyman, qui est maintenant directeur général de l’Institut d’études sur la sécurité nationale, groupe de réflexion basé à Tel Aviv. « Tout cela est soumis à une supervision internationale et sous les yeux méfiants des services de renseignement israéliens. »

Il a indiqué qu’Israël avait besoin de « gagner du temps » jusqu’à ce que l’armée ait la capacité d’organiser une frappe sur l’Iran suffisamment importante pour qu’elle ait un impact, mais suffisamment précise pour empêcher qu’un conflit régional généralisé n’éclate.

Heyman a déclaré qu’une violation iranienne de l’accord augmenterait les chances d’une frappe militaire contre les installations nucléaires iraniennes par une coalition de puissances occidentales et légitimerait une attaque par Israël.

Ali Bagheri Kani, négociateur en chef iranien sur le nucléaire, après des entretiens au Palais de Cobourg, lieu de négociations du Plan d’action global conjoint (JCPOA) à Vienne, le 4 août 2022. (Crédit : Alex HALADA/AFP)

En mai, Hayman a également apporté son soutien à un retour à un accord avec l’Iran, déclarant à la Douzième chaîne « qu’un cadre d’accords » était l’option « la moins mauvaise pour Israël à l’heure actuelle ».

Alors que le gouvernement israélien a fait pression sur les puissances occidentales pour qu’elles ne signent pas d’accord avec l’Iran, la communauté de la défense du pays serait divisée sur la question de savoir si un accord était ou non la meilleure voie à suivre.

Jeudi, un haut responsable israélien a critiqué l’Union européenne pour sa nouvelle tentative de raviver l’accord de 2015.

« Les Européens ont envoyé à l’Iran une offre finale, qui ne répond même pas aux exigences auxquelles les Américains se sont engagés, et ont établi que cette offre était ‘à prendre ou à laisser’ », a déclaré jeudi un haut responsable israélien au plus haut niveau de décision.

Le chef de la politique étrangère de l’Union européenne, Josep Borrell, s’exprimant lors d’une déclaration de presse au siège de l’UE à Bruxelles, le 27 février 2022. (Crédit: Stephanie Lecocq,Pool Photo via AP)

Le 26 juillet, Josep Borrell, chef de la politique étrangère de l’Union européenne, a soumis une proposition à l’Iran au sujet d’un retour à l’accord sur le nucléaire, avec un délai pour qu’il réponde avant lundi soir dernier.

Selon une information de Politico, citant un haut responsable occidental, la réponse iranienne a été reçue lundi soir, heure de Bruxelles, se concentrant sur les questions liées aux sanctions et aux « garanties autour de l’engagement économique ».

L’agence de presse publique iranienne IRNA n’a fourni aucun détail sur le fond de la réponse, mais a suggéré que Téhéran n’accepterait toujours pas la proposition de l’Union européenne, malgré les avertissements qu’il n’y aurait plus de négociations.

« L’Iran a refusé l’offre, et le moment est venu de se lever et de s’en aller », a déclaré le haut responsable israélien. « Tout le reste envoie un fort message de faiblesse. »

De hauts responsables israéliens ont mis en garde leurs homologues américains et européens contre l’accord et ont appelé les négociateurs à abandonner les pourparlers. Jeudi, le Premier ministre Yair Lapid a plaidé l’idée lors d’un appel téléphonique avec le chancelier allemand Olaf Scholz, dont le pays participe aux pourparlers.

Le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Yair Lapid (à droite), rencontre le chancelier allemand Olaf Scholz à Jérusalem, le 2 mars 2022. (Crédit : GPO)

Lapid a également échangé au sujet de l’accord jeudi avec Tom Nides, ambassadeur américain, et Ted Deutch, membre du Congrès de Floride et président du sous-comité de la Chambre sur le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et le contre-terrorisme mondial.

Lapid continuera à échanger par téléphone avec les dirigeants et diplomates occidentaux, a déclaré le responsable israélien.

Eyal Hulata, conseiller à la sécurité nationale, se rendra à Washington la semaine prochaine pour mener une série de réunions avec des responsables américains au sujet du programme nucléaire iranien.

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