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Tariq Ramadan sera jugé pour viol à Genève

La plaignante accuse l'islamologue de l'avoir entraînée dans une chambre d'hôtel, où il l'aurait soumise à des actes sexuels brutaux, accompagnés de coups et d'insultes

Tariq Ramadan à une conférence à Bordeaux, le 26 mars 2016. (Crédit : AFP/Mehdi Fedouach)
Tariq Ramadan à une conférence à Bordeaux, le 26 mars 2016. (Crédit : AFP/Mehdi Fedouach)

L’islamologue suisse Tariq Ramadan sera jugé l’an prochain pour viol par la justice genevoise, pour des faits remontant à plus de 14 ans, a indiqué le bureau du procureur lundi.

« Le Ministère public confirme le dépôt d’un acte d’accusation et le renvoi en jugement devant le Tribunal correctionnel de M. Tariq Ramadan. Le prévenu est renvoyé en jugement pour viol (art. 190 CP) et contrainte sexuelle (art. 189 CP) », a déclaré à l’AFP un porte-parole, Olivier Francey, confirmant une information publiée par la télévision suisse publique RTS.

Dans cette affaire, la plaignante, surnommée « Brigitte » dans les médias suisses, accuse l’islamologue, 60 ans aujourd’hui, de l’avoir entraînée dans une chambre d’hôtel à Genève le soir du 28 octobre 2008, où il l’aurait soumise à des actes sexuels brutaux, accompagnés de coups et d’insultes.

Convertie à l’islam, elle avait fait sa connaissance quelques mois auparavant lors d’une séance de dédicace et d’une conférence en septembre 2008.

S’en était suivie une correspondance de plus en plus intime sur MSN et Facebook. Le soir des faits, elle avait rendez-vous avec le célèbre prédicateur pour prendre le thé.

« Le Ministère public s’est borné à recopier la plainte sans intégrer ce qui la disqualifie. Il reviendra désormais aux juges de restituer la totale innocence de M. Ramadan et nous attendons sereinement de comparaître », a commenté lundi auprès de l’AFP l’avocat genevois de M. Ramadan, Me Guerric Canonica.

La victime avait porté plainte devant la justice genevoise en avril 2018. Le ministère public (procureur) avait ouvert une enquête la même année.

« Ma cliente a porté cette procédure la peur au ventre. Elle n’éprouve aucun sentiment de vengeance mais elle est soulagée et reprend confiance dans les institutions », a déclaré lundi à l’AFP l’un des avocats français de la victime, Me François Zimeray, en précisant que le jugement aura lieu au premier semestre 2023.

L’enquête a avancé lentement car M. Ramadan, alors en détention provisoire à Paris pour d’autres accusations de viols, ne pouvait pas être entendu. Placé sous contrôle judiciaire à sa sortie en novembre 2018, il avait l’interdiction de quitter le territoire français. Le procureur a donc dû attendre le feu vert des autorités judiciaires françaises pour l’entendre à Paris.

Cette mesure a été partiellement levée par la suite, permettant à M. Ramadan d’assister à des auditions de témoins en 2020 à Genève.

M. Ramadan, qui a déposé plainte pour « dénonciation calomnieuse » contre « Brigitte », a reconnu avoir rencontré la femme mais affirme avoir renoncé à la relation sexuelle, avaient alors indiqué ses avocats.

En France, le parquet de Paris a requis en juillet que l’islamologue soit jugé aux assises pour des viols sur quatre femmes, qui auraient été commis entre 2009 et 2016. Mais en août, ses avocats ont demandé la suspension de l’instruction, tant que la cour d’appel ne se sera pas prononcée sur les expertises concluant à l' »emprise » de M. Ramadan sur les quatre plaignantes.

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