Téhéran démentirait le retrait de ses troupes en Syrie
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Téhéran démentirait le retrait de ses troupes en Syrie

Un haut-responsable militaire a déclaré à l'agence de presse Tasnim que les forces iraniennes resteront dans le pays "à la demande du gouvernement et du peuple syriens"

Le général Masoud Jazayeri, porte-parole  des forces armées iraniennes, lors d'une interview accordée à la chaîne d'état Press TV au mois de juin 2016 (Capture d'écran :  YouTube)
Le général Masoud Jazayeri, porte-parole des forces armées iraniennes, lors d'une interview accordée à la chaîne d'état Press TV au mois de juin 2016 (Capture d'écran : YouTube)

Un général iranien a démenti les informations faisant état du retrait des soldats et des milices soutenus par Téhéran de Syrie, a rapporté un média de la république islamique dimanche.

« L’Iran et la Syrie entretiennent de profondes relations qui ne doivent pas être influencées par les mesures de propagande de qui que ce soit », a commenté le général Massoud Jazayeri auprès de l’agence de presse privée Tasnim.

Jazayeri, qui est un conseiller du chef d’Etat-major iranien, a déclaré à Tasnim que la plus grande crainte « du régime sioniste d’Israël » est d’avoir des combattants musulmans dans la région et qu’Israël et les Etats-Unis désespèrent de changer la situation.

« Mais ils [les Etats-Unis et Israël] doivent savoir que cet état de fait ne changera pas », a-t-il déclaré.

Il a également souligné que les forces de Téhéran se trouvaient en Syrie sur l’invitation du président Bashar el-Assad.

Bashar el-Assad, à droite, président syrien, avec le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir Abdollahian, à Damas, le 3 septembre 2015. (Crédit : Facebook/page officielle de la présidence syrienne)

« Contrairement aux forces militaires américaines et aux réactionnaires régionaux, les conseillers iraniens sont présents en Syrie à la demande du gouvernement et du peuple syriens », a ajouté Jazayeri en s’adressant à Tasnim. « Nous attendons le jour où la Syrie et les autres pays régionaux connaîtront une époque sans ces étrangers ennuyeux et faiseurs de troubles ».

Ses propos ont suivi des informations qui disaient que Téhéran se préparait à se retirer du sud de la Syrie aux côtés des combattants du groupe terroriste du Hezbollah.

L’Observatoire des droits de l’Homme, basé au Royaume-Uni, avait fait savoir jeudi que les conseillers iraniens et les militaires du Hezbollah quitteraient les régions du sud de Daraa et Quneitra situées à proximité du plateau du Golan israélien.

Un responsable de « l’axe de résistance » dirigé par l’Iran, basé en Syrie, avait nié ces informations, disant qu’elles étaient « fausses ». S’exprimant sous couvert d’anonymat parce que non-autorisé à s’adresser aux médias, il avait refusé de donner davantage de détails.

D’autres responsables iraniens et syriens ont affirmé samedi qu’il n’y avait pas de présence militaire iranienne dans le pays.

Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale d’Iran Ali Shamkhani (Crédit : capture d’écran YouTube)

Ali Shamkhani, secrétaire du Conseil national suprême de la sécurité, a expliqué que les troupes iraniennes n’intervenaient en Syrie qu’en capacité de conseil et que l’Iran n’y possédait aucune base militaire.

« Contrairement à la présence illégitime des Etats-Unis et de certains pays régionaux en Syrie, la présence iranienne n’est pas imposée et elle n’est pas le résultat d’une agression militaire illégale », aurait-il dit au journal Shargh, selon la chaîne publique Press TV.

Le ministère des Affaires étrangères a également nié samedi qu’il y ait une présence militaire iranienne dans le pays.

« Depuis le début de la crise, l’Iran a soutenu la Syrie dans la guerre contre le terrorisme appuyé et financé aux niveaux régional et international… Il n’y a pas de présence militaire iranienne dans les territoire syriens. Il y a plutôt des conseillers qui travaillent aux côtés de l’armée arabe syrienne », a déclaré un responsable Walim Moallem, à l’agence de presse officielle SANA en Syrie.

Samedi, la Dixième chaîne a fait savoir que des responsables israéliens avaient démenti l’affirmation faite par l’ambassadeur russe à l’ONU qu’un accord aurait été trouvé avec Moscou sur le retrait des forces iraniennes du sud-ouest de la Syrie.

Plus tôt, Vasily Nebenzya avait déclaré aux journalistes : « De ce que j’ai compris, un accord a été trouvé. A cet instant, je ne peux pas dire s’il a été concrétisé mais pour autant que je le sache, les parties qui se sont impliquées pour trouver un accord sont satisfaites de ce qu’elles ont accompli ».

Le président russe Vladimir Poutine (à droite) avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, au Kremlin à Moscou, le 9 mai 2018. (Crédit : SERGEI ILNITSKY/AFP)

Mais un haut-responsable israélien a déclaré à la Dixième chaîne que le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait clairement dit au président russe Vladimir Poutine au cours d’un entretien téléphonique, jeudi, que Jérusalem voulait que les forces iraniennes – dont le Hezbollah et les milices chiites – quittent entièrement la Syrie et pas seulement les régions du sud-ouest, les plus proches de l’Etat juif.

Israël a promis de manière répétée d’empêcher l’Iran d’établir une présence permanente en Syrie et au Liban et a mené des douzaines de frappes aériennes contre les forces soutenues par Téhéran, s’attaquant aux tentatives de transmettre des armements avancés au Hezbollah.

Les tensions entre Israël et l’Iran se sont considérablement accrues ces derniers mois en Syrie. Au mois de février, un drone iranien transportant des explosifs avait décollé de la base aérienne T-4, dans le centre de la Syrie, entrant dans l’espace aérien israélien. Il avait été abattu par un hélicoptère des forces armées.

Au début du mois, les forces aériennes israéliennes ont mené leur plus grande opération en Syrie en 40 ans, en attaquant plus de 50 cibles iraniennes en réponse à des tirs de roquettes de Téhéran sur le plateau du Golan, dans un contexte de mises en garde de la part de Jérusalem qui n’a cessé d’avertir que l’Etat juif ne permettrait aucun enracinement militaire de la république islamique sur sa frontière nord.

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