Téhéran et Damas renforcent leur coopération face aux pressions de Washington
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Téhéran et Damas renforcent leur coopération face aux pressions de Washington

Washington cherche aujourd'hui à obtenir une prolongation de l'embargo sur les ventes d'armes internationales à l'Iran, qui doit être levé progressivement à partir d'octobre

Le président syrien Bachar al-Assad, à droite, s'entretient avec le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, à Damas, en Syrie, le 3 septembre 2018. (Agence de presse syrienne officielle SANA via AP)
Le président syrien Bachar al-Assad, à droite, s'entretient avec le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, à Damas, en Syrie, le 3 septembre 2018. (Agence de presse syrienne officielle SANA via AP)

Téhéran et Damas ont signé mercredi un accord de coopération « militaire global » portant notamment sur le renforcement des systèmes de défense aérienne de la Syrie, alors que ces deux dictatures font face à des pressions accrues des Etats-Unis.

L’Iran est avec la Russie un des principaux alliés du régime du président syrien Bachar al-Assad dans la guerre qui déchire la Syrie depuis 2011.

Un « accord global de coopération militaire, de défense et de sécurité » a été signé à Damas entre le chef d’état-major iranien, le général de division Mohammad Baghéri, et le ministre de la Défense syrien, Ali Ayoub, selon la télévision d’Etat iranienne.

« Nous allons renforcer les systèmes de défense aérienne de la Syrie, afin d’améliorer la coopération militaire entre les deux pays », a déclaré M. Baghéri, cité par la télévision. L’accord va « davantage renforcer notre volonté (…) de faire face aux pressions américaines », a-t-il encore dit.

Sur son site internet, la télévision a publié une vidéo de la signature de l’accord, qui montre un porte-parole militaire iranien lisant un communiqué conjoint sur l’accord « destiné à faire face aux dangers qui augmentent » et « au terrorisme takfiri soutenu par des puissances internationales et régionales ».

Le terme takfiri, qui signifie littéralement « ceux qui lancent des anathèmes contre les personnes ne partageant pas leur idéologie », désigne en Iran les groupes jihadistes ou islamistes radicaux sunnites.

Le communiqué conjoint souligne également « la nécessité du retrait de toutes les forces armées étrangères entrées en Syrie de manière illégale ».

Selon la télévision d’Etat iranienne, M. Baghéri est arrivé mardi soir à Damas à la tête d’une délégation militaire de haut-rang.

A Damas, l’agence de presse officielle Sana a rapporté la signature mercredi d’un « accord militaire global pour consolider la coopération dans le domaine militaire et en matière de sécurité entre les forces des deux pays amis ».

« Les relations entre la Syrie et l’Iran sont stratégiques et fermes », a déclaré le ministre syrien. « La coopération bilatérale sur les plans militaires et de la sécurité est qualitative et se poursuit (…) malgré une pression croissante et des menaces de plus en plus sérieuses », a ajouté M. Ayoub.

Il a promis que Damas « répondrait à tout nouveau défi avec davantage de détermination (…) pour faire face à ce nouveau chapitre de la guerre ouverte (…) en coopération avec les frères et amis et alliés attachés à affronter le terrorisme sous toutes ses formes ».

Déclenché par la répression de manifestations pro-démocratie, le conflit en Syrie s’est complexifié avec l’intervention de plusieurs acteurs étrangers et l’implication de groupes jihadistes. Il a fait plus de 380.000 morts et déplacé des millions de personnes.

Depuis le début du conflit, Israël y a notamment mené des centaines de frappes aériennes contre les forces de Damas mais aussi contre celles de l’Iran et de groupes pro-Téhéran, qui participent à la guerre aux côtés du régime.

La signature de l’accord militaire entre l’Iran et la Syrie survient à un moment de pressions accrues de la part des Etats-Unis sur Téhéran et Damas.

La République islamique et les Etats-Unis ont vu leurs tensions chroniques s’envenimer après que le président américain Donald Trump a dénoncé en 2018 l’accord international sur le nucléaire iranien de 2015 et rétabli de lourdes sanctions contre Téhéran.

Washington cherche aujourd’hui à obtenir une prolongation de l’embargo sur les ventes d’armes internationales à l’Iran, qui doit être levé progressivement à partir d’octobre.

En Syrie, où le régime Assad est parvenu à reprendre une bonne partie du territoire national grâce au soutien militaire de la Russie et de l’Iran, les Etats-Unis ont également imposé de nouvelles sanctions.

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