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Teva finalise un accord de 4,25 millions de dollars dans la crise des opioïdes

Le fabricant de médicaments génériques a embauché Richard Francis, haut-responsable chez Novartis, comme nouveau directeur-général ; il prendra ses fonctions le 1er janvier

Photo d'illustration : Des opioïdes dans une seringue et en comprimés. (Crédit : iStock)
Photo d'illustration : Des opioïdes dans une seringue et en comprimés. (Crédit : iStock)

Le fabricant israélien de médicaments génériques Teva a indiqué que sa filiale américaine avait finalisé les termes d’une proposition d’accord dans le cadre de la catastrophe sanitaire des opiacés. L’enveloppe prévue dans l’accord, à hauteur de 4,25 milliards de dollars, servira à mettre un terme aux plaintes déposées dans le cadre de cette crise qui a fait scandale aux États-Unis.

Cet arrangement concerne des milliers de plaintes qui ont été soumises contre Teva par de multiples états américains et collectivités locales en raison de la commercialisation et de la vente, par le géant pharmaceutique, des opioïdes, qui forment une certaine catégorie d’analgésiques.

Depuis 2017, Teva se bat devant les tribunaux contre des états américains – parmi eux, la Louisiane, la Californie, le Texas et l’état de New York – qui accusent le fabricant de médicament d’avoir commercialisé de manière trompeuse les opioïdes, notamment en minimisant les risques d’addiction.

Cette crise, qui a entraîné plus de 500 000 décès aux États-Unis en plus de vingt ans, a entraîné des milliers de dépôts de plainte contre les fabricants, les distributeurs et les pharmacies, des plaintes déposées par des victimes mais également par des villes, des comtés et des états. Parmi les autres fabricants pharmaceutiques mis en cause dans cette crise, Johnson & Johnson, Endo International et Allergan d’Abbvie. Abbvie, de son côté, a annoncé avoir accepté l’accord national proposé par Teva, à hauteur de 2,37 milliards de dollars, dans le but de régler un différend opposant les deux sociétés sur la responsabilité des réclamations découlant des activités liées aux opioïdes génériques qu’Allergan avait vendues à Teva en 2016.

La finalisation de la « documentation » dans le cadre de la proposition d’accord national ouvre la voie « au processus de signature pour les états », a fait savoir Teva dans un communiqué.

« Au vu du fort taux de participation qui a été remarqué dans les autres accords nationaux liés aux opioïdes – et des accords passés par Teva avec le Texas, la Floride, la Louisiane, Rhode Island, la Virginie occidentale, San Francisco et New York — nous restons optimismes sur le fait qu’un fort taux de participation dans cet accord national particulier sera enregistré, ce qui nous permettra de tourner la page et de continuer à nous concentrer sur les patients dont nous sommes chaque jour au service », a dit Teva.

Sabina Levy, cheffe de recherche à Leader Capital Markets, a indiqué que cette annonce était « un tournant significatif mais attendu » qui, avec un peu de chance, mettra un point final à la saga judiciaire des opiacés.

« Nous nous attendons à ce qu’un pourcentage important des plaignants signe l’accord proposé par Teva pour mettre un terme au processus judiciaire », a dit Levy au Times of Israel. « Jusqu’à présent, il y avait un fort degré d’incertitude et les investisseurs ne voulaient plus toucher à Teva ».

Avec la dissipation de ce nuage d’incertitude, « les investisseurs reviendront probablement et ils analyseront les actions de l’entreprise sur la base exclusive des performances de Teva », a-t-elle ajouté.

Pendant toutes les procédures judiciaires liées aux opioïdes, Teva et Abbvie n’ont eu de cesse de clamer leur innocence.

« Les accords finalisés avec Allergan et avec Teva sont des avancées significatives dans nos efforts continus visant à faire assumer leurs responsabilités aux responsables de l’épidémie d’opioïdes et à obtenir les ressources nécessaires pour combattre ses effets catastrophiques », a noté une déclaration conjointe établie par des avocats représentant certains états américains ainsi que des collectivités locales. « Si nos efforts, jusqu’à présent, ont réussi à dégager 50 milliards de dollars pour les communautés de tout le pays, notre travail est loin d’être terminé et nous continuerons à lutter pour que les responsables de cette épidémie rendent des comptes ».

Au début du mois, les chaînes pharmaceutiques américaines CVS Health et Walgreens avaient accepté des accords préliminaires prévoyant le versement d’une somme totale de 10 milliards de dollars dans le cadre des plaintes liées aux opioïdes qui avaient été déposées par des états, des villes et des communautés américaines. Les décès entraînés par des overdoses impliquant des opioïdes – pilules sur prescription et héroïne – avaient augmenté de 30 % pendant la pandémie de coronavirus, en 2020, selon les données des CDC (Centers for Disease Control and Prevention) américains.

L’annonce faite sur les avancées de l’accord sur les opioïdes survient alors que le fabricant de médicaments génériques a annoncé la nomination de Richard Francis au poste de directeur-général.

Kåre Schultz (Photo publiée avec son autorisation)

Francis remplacera Kåre Schultz, qui était à son poste depuis cinq ans. Le nouveau directeur-général a été à la tête de Sandoz pendant cinq ans et il a dirigé le département des médicaments génériques de Novartis. Il a été aussi haut-responsable au sein de Biogen et il prendra la barre de Teva en date du 1er janvier 2023.

« Pendant le mandat de Kåre, nous avons stabilisé nos affaires et nous avons connu une transformation opérationnelle déterminante dans notre empreinte à international », a déclaré Sol J. Barer, président du conseil d’administration de Teva.

« La firme est dorénavant bien positionnée pour connaître un avenir enthousiasmant et, en exploitant les antécédents convaincants de Richard Francis qui a su assurer la croissance d’entreprises dans les secteurs des sciences de la vie, de la biologie et des médicaments génériques, avec son style de leadership pragmatique et son esprit d’entrepreneuriat, le tout étant associé à une culture collaborative innovante, le conseil d’administration et moi-même sommes convaincus que Teva saura encore se développer sur ces fondations solides ».

L’AFP a contribué à la rédaction de cet article.

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