Teva projetterait de supprimer près de 6 000 emplois
Les licenciements, qui toucheraient aussi des employés israéliens, seraient dus à une baisse des bénéfices et une dette importante de la société

La société israélienne Teva Pharmaceutical Industries Ltd., le plus grand fabricant mondial de médicaments génériques, aurait commencé à procéder à des licenciements dans ses usines et son siège social en Israël et planifierait une deuxième vague de licenciements encore plus importante après les fêtes de Pessah en avril.
Le fabricant de médicaments prévoit également de licencier des milliers de travailleurs à travers le monde, estimant que les licenciements toucheraient entre 5 000 à 6 000 postes, dans le cadre d’un plan visant à améliorer leur efficacité et qui s’étendra sur un certain nombre d’années, a signalé le site Calacalist sans indiquer la provenance de l’information.
Teva a déjà licencié environ 100 travailleurs en Israël, a rapporté le site internet. Yitzhak Peterburg, qui a présidé le conseil d’administration de Teva jusqu’en février et qui est maintenant le PDG intérimaire de l’entreprise, dirige les procédures pour la restructuration de l’entreprise, a expliqué Calcalist.
À la fin de l’année 2016, la société employait 57 000 employés à plein temps, selon les déclarations financières de la société, avec environ 7 000 travailleurs en Israël. Une réduction de 5 000 travailleurs entraînerait des économies d’environ 2 milliards de dollars pour l’entreprise, a estimé le site Calcalist, ajoutant que les plans étaient encore en cours de formulation.
Ces coupes budgétaires ont été décidées en raison du fait que l’entreprise doit faire face à une baisse des bénéfices et à l’endettement de la société, dont la dette s’élève à 36 milliards de dollars. L’entreprise s’est retrouvée principalement dans cette situation en raison de l’acquisition chiffrée à 40 milliards de dollars de la société pharmaceutique Actavis Generics, la branche spécialisée dans les génériques d’Allergan, a affirmé le site Calcalist.
Teva a confirmé jeudi que la société était en train de mettre en place un programme pour améliorer le rendement de l’entreprise : « comme l’a déjà déclaré la société, le programme pour améliorer le rendement fait partie intégrante de la réalité des affaires de Teva. Le programme inclut, entre autres choses, la fin des activités non rentables et la consolidation des fonctions, en plus de geler le recrutement et le turn-over naturel des employés. Ces processus sont menés à travers un dialogue ouvert et continu avec les employés. Ce sera la pratique, y compris en Israël, si cela est nécessaire. Nous tenons à souligner que les chiffres qui ont été publiés dans les médias sont inexacts ».
« J’ai lu l’article sur Teva et les informations m’ont surpris », a déclaré Eliran Kozlik, le président du syndicat des travailleurs chez Teva.
« Nous travaillons en étroite collaboration avec la direction et ils ont également été surpris par l’article [de Calcalist]. Nous étudions le problème. Le syndicat ne coopérera pas avec les licenciements. S’il y a un tel processus dans un futur proche, nous saurons comment protéger les droits des travailleurs et, si nécessaire, nous allons nous battre pour eux ».
Kozlik a ajouté qu’il n’avait pas entendu parler des 100 premiers licenciements en Israël, comme le rapporte Calcalist. Il a supposé que c’était probablement des travailleurs employés par des contrats personnels et qu’ils n’étaient pas représentés par le syndicat.
« Nous avons toujours eu une bonne relation de travail avec la direction et les négociations sont la meilleure voie à suivre », a-t-il assuré.
Peterburg a remplacé le PDG sortant, Erez Vigodman, et occupe le poste de PDG par intérim après que ce dernier a démissionné en février, trois ans après avoir pris son poste pour tenter de remettre à flot le grand groupe pharmaceutique.
Le départ de Vigodman a eu lieu après que la compagnie israélienne, source de fierté nationale, a pris une série de mauvaise décision, dont une acquisition pour 40 milliards de dollars de la société pharmaceutique Actavis Generics.
Elle s’est également révélée être incapable de supplanter la concurrence avec son médicament pour la sclérose en plaques, le Copaxone.
À la fin du mois de janvier, Teva a perdu un procès dans lequel il a cherché à empêcher les versions génériques du médicament à entrer sur le marché. Aujourd’hui, la société a une dette de 36 milliards de dollars, et son plafonnement sur le marché se situe à 33 milliards de dollars, après que ses actions ont chuté de 40 % au cours des 12 derniers mois.
La dernière vague de licenciements dans l’entreprise avait eu lieu sous l’ancien PDG Jeremy Levin, qui a été démis de ses fonctions en octobre 2013 en raison de ses différends avec le conseil sur la façon de diriger l’entreprise.
Levin, le premier PDG non-israélien de Teva, a fait face à une forte opposition, tant des politiciens locaux que des syndicats, lorsqu’il a proposé des licenciements. Le projet était à l’époque de licencier quelque 5 000 travailleurs, a rappelé Calcalist, mais au final seul un plus petit nombre de travailleurs ont été licenciés.







