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Texas : Le SWAT et le FBI gèrent une prise d’otages dans une synagogue

Le suspect aurait demandé à ce que Aafia Siddiqui, emprisonnée pour complot visant à tuer des soldats américains, soit libérée ; il y aurait 4 otages, dont le rabbin

Des membres de l'équipe SWAT se déploient près de la synagogue Congregation Beth Israel lors d'une prise d'otages à Colleyville, Texas, le 15 janvier 2022. (Crédit : Andy Jacobsohn/AFP)
Des membres de l'équipe SWAT se déploient près de la synagogue Congregation Beth Israel lors d'une prise d'otages à Colleyville, Texas, le 15 janvier 2022. (Crédit : Andy Jacobsohn/AFP)

La police du Texas est actuellement en train de répondre à une prise d’otages « tendue » dans la synagogue réformée Congregation Beth Israel de la ville de Colleyville, située dans le comté de Tarrant, d’après les médias locaux.

Le département de police de Colleyville, une ville de plus de 25 000 habitants, a affirmé que son équipe SWAT était en train de mener des opérations.

« Tous les habitants des environs immédiats sont en train d’être évacués. Veuillez éviter la zone », a ordonné la police sur son compte Twitter, à deux reprises.

La sergente de Colleyville, Dara Nelson, a pour sa part déclaré que les négociateurs avaient pris contact avec quelqu’un à l’intérieur de la synagogue qu’ils soupçonnent d’être le suspect, selon le site d’information The Dallas Morning News.

La Congregation Beth Israel, à Colleyville, au Texas (Crédit : Congregation Beth Israel)

Étant donné que les forces de sécurité ne sont pas encore entrées dans le bâtiment, Nelson a déclaré qu’elle ne pouvait pas confirmer si le suspect était armé.

« Les négociateurs sont en contact avec cette personne et s’efforcent de parvenir à une issue sûre », a-t-elle déclaré.

Une voiture de police à proximité de la Congregation Beth Israel, à Colleyville (Texas) où une prise d’otages est en cours, le 15 janvier 2022. (Crédit : Amanda McCoy/Star-Telegram via AP)

Le FBI et le département d’État de la Sécurité publique sont également impliqués, a déclaré Nelson, citée par CNN.

La police a dit être au courant d’un Facebook live, a déclaré Nelson. Dans ce live, qui avait commencé avant que le suspect ne pénètre dans la synagogue, on entend notamment un homme en colère dire à plusieurs reprises : « Je vais mourir aujourd’hui. Ne pleurez pas pour moi. »

Un témoin du Facebook live a déclaré à CNN que le suspect pouvait être entendu en train de crier de « façon hystérique » qu’il détestait les Juifs, avant de s’excuser.

Le suspect aurait demandé à ce que Aafia Siddiqui, surnommée la « Lady d’Al-Qaïda » et emprisonnée pour complot visant à tuer des soldats américains, soit libérée. Aafia Siddiqui est une cause célèbre pour certains groupes djihadistes qui estiment qu’elle a été injustement emprisonnée.

Le preneur d’otages avait dans un premier temps été identifié comme étant Muhammad Siddiqui par la chaîne ABC News, qui a aussi indiqué qu’il détenait le rabbin – Charlie Cytron-Walker – et trois autres personnes en otage.

Or, l’avocat du frère biologique d’Aafia Siddiqui, Muhammad Siddiqui, a déclaré au quotidien The Daily Beast n’avoir aucun lien avec la prise d’otages en cours.

Rassemblement pour demander la libération d’Aafia Siddiqui, qui a été reconnue coupable en février 2010 de deux chefs de tentative de meurtre et qui est actuellement détenue aux États-Unis, lors de la Journée internationale de la femme à Karachi, au Pakistan, le mardi 8 mars 2011. (Crédit : AP Photo/ Farid Khan)

Le suspect a affirmé pendant le livestream sur Facebook être le frère d’Aafia Siddiqui, une ressortissante pakistanaise qui a été condamnée en 2010 par un tribunal fédéral de New York pour avoir tenté de tuer des militaires américains en Afghanistan. Elle purge actuellement une peine de 86 ans au Federal Medical Center, Carswell, une prison fédérale à Fort Worth, non loin de Dallas.

ABC News, citant une source sur les lieux, a déclaré que le suspect exigeait la libération de « sa sœur » et avait placé des bombes à des emplacements inconnus.

Sur le livestream, on pouvait entendre le suspect parler d’une variété de sujets, dont l’Amérique et la religion, mais il était souvent difficile de comprendre ce qu’il disait à cause de son accent.

À un moment donné, on l’a entendu parler au téléphone à quelqu’un qui semblait être un parent, répétant : « Je vais mourir » et qu’il détenait des otages dans une synagogue. « Il y a quelque chose qui ne va pas avec l’Amérique », a-t-il aussi lancé.

« Ne pleure pas sur le putain de téléphone avec moi… J’ai 6 beaux enfants… Il y a des otages dans la synagogue qui vont mourir », pouvait-on l’entendre dire peu de temps avant la coupure du live.

La retransmission en direct, interrompue à 13H50 (19H50 GMT), ne montrait qu’un pupitre, les personnes à l’intérieur de la synagogue se trouvant hors cadre.

Le président américain Joe Biden, qui se trouve dans son fief de Wilmington, dans le Delaware, pour le week-end, a été « informé de la prise d’otage en cours », a déclaré sur Twitter sa porte-parole Jen Psaki. « Il va continuer à recevoir des informations actualisées » et des membres de son équipe chargée de la sécurité nationale « sont en contact avec la direction des forces de l’ordre fédérales ».

Le maire de Dallas, Eric Johnson, a lui fait savoir qu’il avait « déployé des patrouilles additionnelles auprès des synagogues et d’autres sites » dans la région.

Le gouverneur du Texas, Greg Abbott (républicain), a décrit une situation « tendue », tandis que Ted Cruz, sénateur républicain de cet Etat, a dit « surveiller la situation de près » et prier pour les otages et les forces d’intervention.

« Alors que la prise d’otages continue de se dérouler dans une synagogue du Texas, je tiens à assurer à la population que j’ai parlé avec la NYPD et qu’elle a augmenté les patrouilles à l’extérieur des synagogues de Brooklyn, » a déclaré la conseillère municipale de New York, Inna Vernikov, qui est juive.

Une voiture de police à proximité de la Congregation Beth Israel, à Colleyville (Texas) où une prise d’otages est en cours, le 15 janvier 2022. (Crédit : Jessika Harkay/Star-Telegram via AP)

Le Premier ministre israélien Naftali Bennett a déclaré samedi soir qu’il suivait de près la situation. « Nous prions pour la sécurité des otages et des sauveteurs », a écrit Bennett sur Twitter.

L’ambassadeur américain en Israël a déclaré qu’il surveillait lui aussi la situation. « Prier pour une fin immédiate et sûre », a tweeté Tom Nides.

Le ministre des Affaires de la diaspora, Nachman Shai (parti Travailliste), a aussi déclaré qu’il suivait de près la situation. « Prier pour une fin immédiate et sûre », a tweeté Shai.

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid (Yesh Atid) s’est entretenu avec la consule générale d’Israël à Houston, Livia Link, selon un communiqué de son bureau. La déclaration indique que Link se dirige vers les lieux. « Nous suivons de près la situation des otages et sommes en contact étroit avec les forces de l’ordre américaines », lit-on dans le communiqué. « Nos pensées et prières vont à nos frères et soeurs retenus en otages dans une synagogue au Texas », a tweeté Lapid en hébreu.

« Mon cœur et mes prières sont avec la communauté juive aujourd’hui, » a plus tard a déclaré Link.

« Nous espérons le meilleur au vu de la situation effrayante qui se déroule actuellement dans une synagogue du Texas. Une fois de plus, il semble que l’antisémitisme violent ait ciblé un lieu de culte. Nos pensées vont aux otages et aux courageux premiers intervenants sur les lieux en ce
moment, » a de son côté déclaré le consul général d’Israël à New York, Asaf Zamir.

Un autre député Travailliste Gilad Kariv, qui est par ailleurs rabbin réformé, a dit qu’il priait pour que la situation à la Congregation Beth Israel se termine sans blessés.

Selon son site Internet, la Congregation Beth Israel a commencé en 1998 en tant que khavurah, qui est un petit groupe de Juifs qui se rassemblent pour des offices de prière. Le groupe a officiellement établi une synagogue à Colleyville en juillet 1999 et a commencé les offices à son emplacement actuel en 2005.

La communauté juive américaine, forte de plus de 5 millions de personnes, selon certaines estimations, et qui s’est longtemps sentie en sécurité aux Etats-Unis, est la cible de plus en plus fréquente de harcèlement et d’agressions, verbales et physiques.

Lori Gilbert-Kaye, qui a été tuée dans une fusillade dans une synagogue du comté de San Diego le 27 avril 2019. (Facebook)

Le 27 avril 2019, un homme de 19 ans se revendiquant comme antisémite et islamophobe, a tué Lori Gilbert-Kaye et fait trois blessés, dont un rabbin, en attaquant à l’arme automatique une synagogue près de San Diego, en Californie, au dernier jour de Pessah. Le tireur, John Earnest, qui avait revendiqué dans un texte la suprématie de la « race blanche » et était déjà poursuivi pour avoir mis le feu à une mosquée un mois plus tôt, a été inculpé de 109 chefs d’accusation fédéraux.

Le 27 octobre 2018, Robert Bowers, camionneur de 46 ans, fait irruption dans la synagogue « Tree of Life » de Pittsburgh, en Pennsylvanie, armé de trois pistolets et d’un fusil d’assaut semi-automatique, tuant onze personnes en plein office de Shabbat. C’est l’attaque la plus sanglante commise contre des juifs aux Etats-Unis.

Les victimes de la fusillade de la synagogue de Pittsburgh, le 27 octobre 2018.(Facebook/Google Maps/JTA Collage)

L’AFP a contribué à cet article.

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