Israël en guerre - Jour 229

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Texte intégral du discours d’Isaac Herzog devant le Congrès américain

Le président a salué les États-Unis comme "notre plus grand partenaire et ami" et a qualifié les protestations "d'hommage le plus probant à la démocratie israélienne"

Ce qui suit est le texte intégral du discours du président israélien Isaac Herzog lors d’une session conjointe du Congrès américain à Washington, le 19 juillet 2023, tel que fourni par son bureau en anglais et traduit en français par le Times of Israel.

Monsieur le président, Madame la vice-présidente, le 10 novembre 1987, j’étais chez moi avec mon épouse, Michal, qui attendait notre premier enfant. Nous regardions le premier président israélien invité à s’adresser à une session conjointe du Congrès, en l’honneur du 40e anniversaire de l’Indépendance de l’État d’Israël. Ce président était mon père. Être ici aujourd’hui, représenter l’État juif et démocratique d’Israël à sa 75e année, à la même tribune où mon défunt père, le président Haïm Herzog, a pris la parole, est l’honneur d’une vie.

Je suis né et j’ai grandi en Israël. Mais le poste diplomatique de mon père aux Nations unies a conduit ma famille à New York dans les années 1970. Au lycée, j’ai fait du bénévolat auprès de la Legal Aid Society for the Elderly à Brooklyn, à New York. J’ai fait du bénévolat auprès des personnes âgées pauvres et défavorisées, y compris des anciens combattants et des survivants de la Shoah, qui ont donné leurs meilleures années au pays qu’ils aimaient. Ma mentor au sein de l’organisation était une femme professionnelle, subtile et réservée. Elle restait professionnelle en toute situation. Le moment où elle a brisé la glace [avec moi] m’a suivi pendant près de 50 ans. Elle m’avait alors dit que l’amour de sa vie était mort en combattant pour Israël. Son fiancé, un grand garçon juif américain aux yeux brillants, a été inspiré par le rêve sioniste et le désir d’indépendance du peuple juif. Il est volontairement monté à bord d’un navire pour Haïfa, a combattu dans l’armée israélienne et est tombé dans la bataille pour l’indépendance d’Israël – quelques semaines seulement avant leur mariage. Bien que des décennies se soient écoulées et qu’elle ait refait sa vie, les brisures sont restées en elle-même.

Cet épisode, au cours duquel j’ai appris que cet homme avait donné sa vie pour l’État d’Israël, touche au cœur même du lien forgé entre les peuples américain et israélien. Comment ces nations que nous avons construites ont surmonté les pertes. À quel point nos histoires se complètent. Que de chemin parcouru tous ensemble…

Président [de la Chambre] McCarthy, je vous remercie d’accueillir cette session conjointe et joyeuse du Congrès célébrant les 75 ans de l’État d’Israël. Il y a quelques semaines à peine, lors de votre premier voyage à l’étranger en tant que président, vous avez rendu hommage au peuple israélien en vous adressant à la Knesset à Jérusalem, la capitale de l’État d’Israël et du peuple juif.

Votre sincère expression d’amitié au nom des États-Unis d’Amérique a trouvé un véritable écho auprès des Israéliens. Merci.

Madame la vice-présidente Harris, c’est un plaisir de vous revoir. Je me souviens très bien quand je vous ai accueillie à la Knesset il y a quelques années. Vos remarques émouvantes lors de la réception de l’ambassade d’Israël à l’occasion du jour de l’Indépendance il y a quelques semaines reflètent à la fois votre amitié à toute épreuve et celle du président Biden depuis des décennies avec Israël.

Un merci particulier à l’ancienne présidente [de la Chambre] Nancy Pelosi qui m’a invitée pour la première fois à venir ici il y a moins d’un an, avec le sénateur Chuck Schumer.

Merci à mes chers amis, le chef de la minorité au Sénat Mitch McConnell et le chef de la minorité à la Chambre Hakeem Jeffries, pour cette invitation bipartite et bicamérale.

Mes remerciements vont également aux distingués membres du comité d’accompagnement, pour m’avoir si chaleureusement accueilli.

Monsieur le président, chers amis. Dans les mariages juifs, un verre est placé sur le sol, et est intentionnellement piétiné et broyé. Ce rituel évoque la destruction de notre Temple à Jérusalem il y a 2 000 ans. Ce n’est qu’une fois le verre brisé que la célébration peut vraiment commencer. Lors du jour le plus joyeux de l’union de deux personnes qui se sont réunies pour construire quelque chose d’entier, nous nous souvenons de ce qui a été brisé dans notre pays. Ainsi, l’amer se mêle au doux. Aujourd’hui, le calendrier hébraïque indique le 1er jour du mois de Av. Dans la tradition juive, c’est une période sombre pendant laquelle nous pleurons la perte de notre souveraineté. Les communautés juives du monde entier déplorent le début de notre exil national, où tout au long de deux millénaires, nous avons continuellement exprimé un lien spirituel avec notre Terre Sainte ancestrale et un désir de rentrer chez nous et de retrouver notre indépendance.

Aujourd’hui, en ce moment de l’histoire de mon peuple, alors que je me trouve ici au Capitole pour célébrer les 75 ans de l’Indépendance d’Israël avec notre plus grand partenaire et ami, les États-Unis d’Amérique, mon âme déborde de fierté et de joie. Le peuple d’Israël est infiniment reconnaissant pour l’ancienne promesse tenue et pour l’amitié que nous avons formée.

En 1949, le président des États-Unis d’Amérique, Harry S. Truman, a rencontré le grand rabbin du nouvel État d’Israël, mon grand-père, le rabbin Yitzhak Isaac Halevi Herzog, dans le bureau ovale. C’était quelques années seulement après que chacun d’eux eut plaidé et fait campagne pour le sauvetage des Juifs d’Europe massacrés pendant la Shoah par les nazis. S’adressant au président Truman, le rabbin Herzog l’a remercié d’avoir été le premier dirigeant mondial à reconnaître officiellement l’État d’Israël, onze minutes après sa fondation. Il a parlé de la Divine Providence qui a destiné le président Truman à aider à faire renaître Israël, après 2 000 ans d’exil. Les témoins de la rencontre se souviennent des larmes coulant sur les joues du président Truman. Nous sommes honorés d’avoir parmi nous aujourd’hui le petit-fils du président Truman, Clifton Truman Daniel.

Lorsque l’État d’Israël a été créé en 1948, la terre que le Tout-Puissant a promise à Abraham, vers laquelle Moïse a conduit les Israélites, la terre de la Bible, du lait et du miel, est devenue une terre exquise de démocratie. Contre toute attente, le peuple juif est rentré chez lui et a construit un foyer national, qui est devenu une belle démocratie israélienne, une mosaïque de Juifs, musulmans, chrétiens, druzes et circassiens, laïcs, traditionnels et orthodoxes, de toutes confessions, et de toutes opinions et modes de vie possibles. Une terre qui a accueilli des exilés d’une centaine de différents pays. Une terre qui est devenue la Start-up Nation – un centre d’innovation et de créativité, d’action sociale et de découverte intellectuelle, d’éveil spirituel et d’entreprises commerciales, d’ingéniosité scientifique et de percées médicales vitales.

Nous avons construit un État-nation qui a fait face à la guerre, au terrorisme et à la délégitimation sans relâche depuis sa naissance. Un pays qui se bat pour se défendre de l’ennemi, mais dont les citoyens continuent de se saluer avec le mot « paix », Shalom.

Un pays qui est fier de sa dynamique démocratique, de sa protection des minorités, des droits de l’Homme et des libertés civiles, tels qu’ils sont définis par son Parlement, la Knesset, et sauvegardés par une Cour suprême forte et un pouvoir judiciaire indépendant.

Un État fondé sur l’égalité complète des droits sociaux et politiques pour tous ses habitants, sans distinction de religion, de race ou de genre – comme stipulé explicitement dans la Déclaration d’Indépendance d’Israël.

Un pays en constante évolution. Un mélange d’accents, de croyances, d’origines et de coutumes. Un vrai miracle des temps modernes.

C’est la douceur dont notre pays a bénéficié. Cependant, chers amis, l’amer jette une ombre noire sur notre pays, sur notre région, sur notre monde.

Monsieur le président, peut-être que le plus grand défi auquel Israël et les États-Unis sont confrontés en ce moment est le programme nucléaire iranien.

Qu’il n’y ait aucun doute : l’Iran ne cherche pas à atteindre l’énergie nucléaire à des fins pacifiques. L’Iran construit des capacités nucléaires, qui constituent une menace pour la stabilité du Moyen-Orient et au-delà. Chaque pays ou région contrôlé ou infiltré par l’Iran a connu des ravages absolus. Nous l’avons vu au Yémen, à Gaza, en Syrie, au Liban et en Irak. En réalité, nous l’avons vu en Iran même où le régime a perdu le soutien de son peuple et le réprime brutalement.

L’Iran a semé la haine, le terrorisme et la souffrance dans tout le Moyen-Orient et au-delà, ajoutant de l’huile sur le feu en Ukraine.

L’Iran est la seule nation sur la planète à appeler publiquement, à comploter et à développer des moyens visant à anéantir une autre nation, membre de la famille des nations, l’État d’Israël.

Israël n’a pas de frontière avec l’Iran. Israël n’a pas de ressources contestées par l’Iran. Israël n’a aucun conflit avec le peuple iranien. Et pourtant, le régime iranien – avec ses mandataires dans tout le Moyen-Orient – vise et travaille à détruire l’État d’Israël, à tuer les Juifs et à défier l’ensemble du monde libre.

Permettre à l’Iran de devenir un État au seuil nucléaire – que ce soit par omission ou par commission diplomatique – est inacceptable. Le monde ne peut rester indifférent à l’appel du régime iranien à rayer Israël de la carte. Tolérer cet appel et les mesures prises par l’Iran pour le réaliser constitue un effondrement moral inexcusable. Soutenus par le monde libre, Israël et les États-Unis doivent agir ensemble avec force pour empêcher la menace fondamentale que représente l’Iran pour la sécurité internationale. Je suis ici pour réitérer ce que tous les dirigeants israéliens ont déclaré depuis des décennies : l’État d’Israël est déterminé à empêcher l’Iran d’acquérir des capacités d’armement nucléaire.

Monsieur le président, nous sommes fiers d’être le partenaire et l’ami le plus proche des États-Unis. Nous sommes reconnaissants aux États-Unis pour les moyens nécessaires qu’ils nous ont fournis afin de maintenir notre avantage militaire qualitatif et de nous permettre de nous défendre, par nous-mêmes. Cela témoigne de votre engagement permanent en faveur de la sécurité d’Israël. Nous sommes également extrêmement fiers que notre alliance soit à double sens, Israël apportant des contributions essentielles à la sécurité nationale et aux intérêts des États-Unis de multiples façons.

Je vous remercie, chers membres du Congrès, pour le soutien que vous avez apporté à Israël tout au long de l’histoire et en ce moment critique.

Monsieur le président, il ne fait aucun doute que la paix négociée par les États-Unis entre Israël et ses voisins a révolutionné le Moyen-Orient. Les traités de paix historiques conclus avec la République arabe d’Égypte et le Royaume hachémite de Jordanie ont démontré les nombreux avantages qu’il y a à sortir du cycle de la guerre. La Jordanie et l’Égypte ont énormément contribué à consolider cette précieuse paix et à renforcer la stabilité et le bien-être de notre région.

Il y a trois ans, les Accords d’Abraham ont réaligné nos espoirs et notre région. Israël a accueilli avec enthousiasme les Émirats arabes unis, le Royaume de Bahreïn et le Royaume du Maroc dans le cadre d’une paix exclusive et chaleureuse entre nos peuples. Depuis la signature des accords, plus d’un million d’Israéliens ont visité les « Nations d’Abraham » – une expression claire de notre volonté de nous intégrer dans la région.

Il s’agit d’une paix ancrée dans la confiance, l’espoir et la prospérité. Une paix qui change la donne. Chacun de ces accords historiques, qui ont modifié la trajectoire du Moyen-Orient, a été facilité par notre plus grand ami, les États-Unis d’Amérique.

La main d’Israël est tendue et son cœur est ouvert à tout partenaire de paix, proche ou lointain.

Israël remercie les États-Unis d’avoir œuvré à l’établissement de relations pacifiques entre Israël et le Royaume d’Arabie saoudite, une nation de premier plan dans la région et dans le monde musulman. Nous prions pour que ce moment arrive. Il s’agirait d’un énorme changement dans le cours de l’histoire au Moyen-Orient et dans le monde en général.

Monsieur le président, je souhaite ardemment qu’Israël fasse un jour la paix avec nos voisins palestiniens. Au fil des ans, Israël a pris des mesures audacieuses en faveur de la paix et a fait des propositions ambitieuses à nos voisins palestiniens. Malgré les profondes divergences politiques et les nombreux défis qui entourent les relations israélo-palestiniennes – et je ne les ignore pas – il devrait être clair que l’on ne peut pas parler de paix tout en tolérant ou en légitimant le terrorisme, implicitement ou explicitement. Une paix véritable ne peut être ancrée dans la violence.

Le terrorisme palestinien à l’encontre d’Israël ou des Israéliens sape toute possibilité d’un avenir de paix entre nos peuples. Les Israéliens sont pris pour cible alors qu’ils attendent un bus, qu’ils se promènent, qu’ils passent du temps avec leur famille. Dans le même temps, les attaques terroristes réussies sont célébrées, les terroristes sont glorifiés et leurs familles sont financièrement récompensées pour chaque Israélien qu’ils attaquent. C’est inconcevable. C’est une honte morale. Le terrorisme n’est pas un accident de parcours. Le terrorisme signifie haine et effusion de sang. Il contredit les principes de paix les plus fondamentaux de l’humanité. Israël ne peut tolérer et ne tolérera pas le terrorisme, et nous savons que les États-Unis d’Amérique nous rejoignent sur ce point.

Deux officiers israéliens, Oron Shaul et Hadar Goldin, et deux civils, Hisham al-Sayed et Avera Mengistu, sont retenus en otage par le [groupe terroriste palestinien du] Hamas depuis des années, dans le seul but de torturer les familles qu’ils ont laissées derrière eux. Le lieutenant Hadar Goldin a été enlevé en violation d’un cessez-le-feu humanitaire parrainé par les Nations unies et négocié par les États-Unis. Sa famille se bat depuis neuf ans pour le ramener chez lui. J’ai demandé à Leah, la mère de Hadar Goldin, d’être présente parmi nous aujourd’hui. Nous prions pour le retour de son fils, ainsi que des trois autres Israéliens.

Nous prions pour que s’accomplisse la prophétie d’Isaïe : « Une nation ne lèvera plus l’épée contre une nation, et l’on n’apprendra plus la guerre. »

Les jeunes générations d’Israéliens et de Palestiniens méritent mieux. Ils sont tous dignes d’un avenir vers lequel regarder, un avenir de paix et de prospérité. Un avenir d’espoir. Je m’engage de tout cœur en faveur de cette vision, une vision d’espoir et de paix, de paix véritable, sans aucun terrorisme.

Monsieur le président, le lien sacré que nous partageons est unique par sa portée et sa qualité, car il repose sur des valeurs qui transcendent les générations et les administrations, les gouvernements et les coalitions, et qui nous portent dans les moments de trouble et d’exaltation.

Il y a 160 ans, le président Abraham Lincoln a parlé du rêve de ramener les Juifs dans leur foyer national comme d’un rêve partagé par de nombreux Américains. L’inscription sur la Liberty Bell de Philadelphie exprime le code éthique de la Bible hébraïque [la Torah] : « Proclamez la liberté dans tout le pays à tous ses habitants. » Ce verset du Lévitique, qui brille à travers la Liberty Bell, souligne les principes qui alimentent le rêve américain. Ces mots ont lié nos nations à travers les âges. En nous rassemblant aujourd’hui, dans cette chambre de la liberté, nous réalisons tous les espoirs de nos pères et mères fondateurs. Nous sommes très fiers de la véritable amitié que nous avons forgée. Un partenariat mutuellement bénéfique qui a résisté aux défis et aux grands désaccords, parce qu’il est fondé non pas sur l’uniformité de l’approche, mais sur l’ultime monnaie d’échange qu’est la confiance. Il ne dépend pas d’un fonctionnement harmonieux, mais de l’histoire que nous partageons, des vérités que nous chérissons, des valeurs que nous incarnons. Ce partenariat se fonde également sur les similitudes et les affinités entre nos peuples, les immigrants courageux et les pionniers avant-gardistes. Il est profondément ancré dans nos déclarations d’indépendance respectives. Dans la Déclaration d’Indépendance américaine, les fondateurs ont fait appel au « juge suprême du monde ». Dans la Déclaration d’Indépendance israélienne, influencée par celle des États-Unis, nos fondateurs ont placé leur confiance dans le « Rocher d’Israël ».

Le vénéré chef spirituel juif américain, le rabbin Abraham Joshua Heschel, a incarné la passerelle entre nos peuples et l’histoire du judaïsme américain. Après avoir échappé à la Shoah, le rabbin Heschel a publiquement prôné le dialogue inter-confessionnel. Il s’est battu pour les libertés civiles en Amérique et a défilé aux côtés du révérend Dr. Martin Luther King Jr. lors de la marche historique de Selma à Montgomery, en mars 1965.

« Être, c’est défendre », avait écrit le rabbin Heschel. Je suis très heureux que sa fille, la professeure Susannah Heschel de Dartmouth, se soit jointe à nous aujourd’hui. Susannah, votre père nous rappelle que les principes que nous défendons font de nous ce que nous sommes.

En fin de compte, Israël et les États-Unis défendent – et ont toujours défendu – les mêmes valeurs. Nos deux nations sont des sociétés diversifiées et respectueuses de la vie, qui défendent la liberté et l’égalité. Au fond, nos deux peuples cherchent à réparer les fissures de notre monde. Cela dit, je suis bien conscient que notre monde est en train de changer. Une nouvelle génération d’Israéliens et d’Américains assume des rôles de leadership. Une génération qui n’a pas connu les difficultés des années de la création d’Israël. Une génération qui s’intéresse moins aux racines qui relient nos peuples. Une génération qui, peut-être, tient pour acquis les relations entre les États-Unis et Israël. Pourtant, en ce moment, j’opte pour l’optimisme. Car il est clair pour moi que le changement de génération ne reflète pas un changement de valeurs. Il n’indique pas non plus de changements dans nos intérêts. Lorsque les États-Unis sont forts, Israël est plus fort. Et quand Israël est fort, les États-Unis sont plus en sécurité.

Aujourd’hui, chers amis, nous avons l’occasion de réaffirmer et de redéfinir l’avenir de nos relations. Chacun d’entre nous ici a un rôle décisif à jouer dans l’avenir que nous construisons. Nombre des défis auxquels Israël et les États-Unis sont confrontés sont similaires. Nous vivons tous un changement d’équilibre tumultueux, qui se manifeste dans d’innombrables domaines : troubles géopolitiques, concurrence entre grandes puissances, guerre catastrophique en Ukraine, pandémies, crise climatique, inconnu de l’intelligence artificielle, pénuries d’énergie, insécurité alimentaire, rareté de l’eau et désertification, terrorisme mondial, polarisation sociale et tentatives de déstabilisation de la démocratie. Chacun de ces défis offre l’occasion de rechercher ensemble des solutions qui profiteront à la communauté mondiale. Israël a la capacité de contribuer de manière unique et significative à relever ces défis. Israël et les États-Unis sont des leaders mondiaux en matière d’aide aux pays dont les populations souffrent. Nos capacités de collaboration, associées à notre partenariat mutuellement bénéfique, sont la clé de l’avenir de nos enfants. Pour nous, il est clair que l’Amérique est irremplaçable pour Israël et qu’Israël est irremplaçable pour l’Amérique. Il est temps de concevoir la prochaine étape de notre amitié évolutive et de notre croissant partenariat.

Mesdames et messieurs, faisons-le ensemble. Élevons notre partenariat à de nouveaux niveaux.

Monsieur le président, je ne suis pas insensible aux critiques de mes amis, y compris celles exprimées par des membres respectés de cette Assemblée. Je respecte les critiques, en particulier celles émanant d’amis, même s’il n’est pas toujours nécessaire de les accepter. Mais les critiques à l’égard d’Israël ne doivent pas aller jusqu’à la négation du droit à l’existence de l’État d’Israël. Remettre en question le droit du peuple juif à l’autodétermination n’est pas de la diplomatie légitime, c’est de l’antisémitisme. Vilipender et attaquer les Juifs, que ce soit en Israël, aux États-Unis ou ailleurs dans le monde, c’est de l’antisémitisme. L’antisémitisme est une honte sous toutes ses formes, et je félicite le président Joe Biden d’avoir présenté la toute première stratégie nationale de lutte contre l’antisémitisme des États-Unis.

Chers amis, ce n’est un secret pour personne qu’au cours des derniers mois, le peuple israélien s’est engagé dans un débat passionné et douloureux. Nous avons été plongés dans l’expression de nos différences et dans la révision et la renégociation de l’équilibre de nos pouvoirs institutionnels en l’absence d’une Constitution écrite. En pratique, le débat intense qui se déroule dans notre pays, au moment même où nous parlons, est l’hommage le plus probant à la force d’âme de la démocratie israélienne. La démocratie israélienne a toujours été fondée sur des élections libres et équitables, sur le respect du choix du peuple, sur la sauvegarde des droits des minorités, sur la protection des libertés humaines et civiles et sur un système judiciaire fort et indépendant. Notre démocratie, c’est aussi 120 membres de la Knesset, composée de Juifs, de musulmans, de chrétiens ou de druzes, représentant toutes les opinions sous le soleil israélien, travaillant et débattant côte à côte. Notre démocratie, c’est aussi le vendredi en fin d’après-midi, lorsque le son du Muezzin appelant à la prière se mêle à la sirène annonçant le Shabbat à Jérusalem, tandis que se déroule à Tel Aviv l’une des plus grandes et des plus impressionnantes Gay Pride au monde. Notre démocratie se reflète également dans les manifestants qui descendent dans les rues de tout le pays pour faire entendre leur voix avec emphase et manifester avec ferveur leur point de vue. Notre démocratie, c’est le drapeau israélien bleu et blanc que brandissent et aiment tous les Israéliens qui participent au débat. Je suis bien conscient des imperfections de la démocratie israélienne, et je suis conscient des questions posées par le plus grand de nos amis. L’important débat qui a lieu en Israël est douloureux et profondément troublant, car il met en évidence les fissures de l’ensemble.

En tant que président d’Israël, je suis ici pour dire au peuple américain, et à chacun d’entre vous, que j’ai une grande confiance dans la démocratie israélienne. Bien que nous soyons confrontés à des problèmes douloureux, tout comme vous, je sais que notre démocratie est forte et résistante. La démocratie est inscrite dans l’ADN d’Israël.

Je suis profondément conscient du défi que ce moment représente pour la société israélienne, et j’ai fait de ma présidence une priorité en jouant un rôle de premier plan dans ce débat public critique et émouvant. Je vous dirai, à vous nos amis, en anglais, ce que j’ai dit à mon peuple, à mes sœurs et frères, en hébreu : en tant que nation, nous devons trouver le moyen de nous parler, quel que soit le temps que cela prendra. En tant que chef d’État, je continuerai à faire tout ce qui est en mon pouvoir pour parvenir à un large consensus public et pour préserver, protéger et défendre la démocratie de l’État d’Israël.

Monsieur le président, pour tant d’Israéliens, ce débat très public est aussi très personnel. Il est un peu plus de 18h en Israël. Ils vont bientôt s’asseoir pour dîner, ensemble, en présence de leur famille ou de leurs amis, avec lesquels ils peuvent être en profond désaccord. Mais ils sont et resteront toujours une famille.

Israël et les États-Unis seront inévitablement en désaccord sur de nombreux sujets. Mais nous resterons toujours une famille. Nos sociétés évolutives ont tant à offrir au monde et tant à apprendre l’une de l’autre. Notre lien peut parfois être mis à l’épreuve, mais il est absolument indéfectible. L’hymne national israélien, « Hatikva », est un chant d’espoir. Le regretté rabbin Lord Jonathan Sacks a écrit que dans le judaïsme, l’espoir est une vertu active qui exige beaucoup de courage. L’espoir, c’est la conviction qu’ensemble nous pouvons rendre le monde meilleur, que nous pouvons surmonter tous les revers et guérir les fractures de notre monde.

Les 75 premières années d’Israël ont été ancrées dans un rêve ancien. Fondons nos 75 prochaines années sur l’espoir. Notre espoir commun, celui de pouvoir guérir notre monde fracturé, en tant qu’alliés et amis les plus proches.

Merci aux membres des deux chambres de célébrer l’Indépendance d’Israël. Am Yisrael Chaï (Le peuple d’Israël vit.) Dieu bénisse l’État d’Israël. Dieu bénisse les États-Unis d’Amérique !

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