« The Good Doctor »: un personnage ex-haredi inspiré de la famille du scénariste
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« The Good Doctor »: un personnage ex-haredi inspiré de la famille du scénariste

S'il n'est pas rare de voir des médecins juifs à la télévision, les anciens religieux sont quasi-inexistants, mais David Shore a puisé dans sa famille pour créer ce personnage

Noah Galvin joue Dr. Asher Wolk dans 'The Good Doctor.' (Crédit ABC/Jeff Weddell/ via JTA)
Noah Galvin joue Dr. Asher Wolk dans 'The Good Doctor.' (Crédit ABC/Jeff Weddell/ via JTA)

JTA — Le scénariste et producteur juif David Shore n’a pas eu à chercher bien loin quand il a voulu créer un nouveau personnage pour sa série « The Good Doctor », diffusée sur la chaîne ABC. Il s’est directement inspiré de ses neveux et nièces, les enfants de ses frères jumeaux, rabbins orthodoxes, affiliés à la yeshiva Aish HaTorah à Jérusalem.

La série, qui reprend ce 11 janvier, parle de Shaun Murphy (incarné par le talentueux Freddie Highmore), un docteur, souffrant d’autisme, capable de diagnostiquer des pathologies complexes et de développer des traitements créatifs.

Cette quatrième saison apporte son lot de nouvelles têtes.

« Nous voulions intégrer d’autres médecins, moins expérimentés que le Dr Murphy, qu’il pourrait former », a raconté Shore, 61 ans, dans un entretien téléphonique avec la Jewish Telegraphic Agency. « Nous (les producteurs) avons longuement discuté des personnages. »

C’est ainsi que le docteur Asher Wold (campé par Noah Galvin), qui a grandi dans un environnement ‘haredi mais qui ne croit plus en Dieu, entre en scène.

« J’ai toujours été fasciné par la religion et par l’absence de religion », a dit Shore. « Certains enfants [de mes frères] ne sont plus religieux et leurs expériences me fascinent. Je pense que c’est très intéressant d’avoir grandi dans un monde et d’en choisir un autre. »

Le personnage de Wolk n’apparaît que dans trois épisodes – la saison est divisée en deux, notamment à cause des retards causés par la pandémie – et Shore hésite à trop en dire. Pour le moment, on ignore ce qui a poussé Wolk à rompre avec sa famille, même si l’idée qu’il soit gay ait pu y contribuer. Wolk a pourtant, à reculons, prononcé une prière en hébreu à la demande d’un patient mourant.

David Shore lors d’un festival du film au Writer’s Guild Theater à Los Angeles, le 29 avril 2018. (Crédit : Matt Winkelmeyer/Getty Images/ via JTA/ SUE)

« J’aime tous mes neveux et nièces », a dit Shore. Wolk « ne les représente pas, mais il s’inspire d’eux ».

Shore, qui a également créé la série médicale à succès « House », dit se sentir responsable de tous ses personnages, mais avoir un rapport différent avec le personnage de Wolk.

« Les traits de ce personnage me sont plus familiers que d’autres, dans la salle d’écriture. Je me sens plus responsable, j’ai plus d’affinités », a-t-il dit.

Si ce n’est pas la première fois qu’un médecin juif fait partie des personnages récurrents d’une série, ce n’est toutefois pas quelque chose de fréquent. Le mentor de Murphy dans « The Good Doctor » est le docteur Glassman (joué par l’émouvant Richard Schiff), qui est probablement juif.

Dans « House » (l’autre série consacrée à un médecin hors-du-commun et aux compétences extraordinaires), le docteur James Wilson (Robert Sean Leonard) était juif. Mais personne n’en parle. Dans « Chicago Med » cependant, le docteur Isidore Latham (Ato Essandoh) est un personnage récurrent, noir et juif orthodoxe.

Mais un médecin, élevé dans l’orthodoxie, qui non seulement rejette son éducation, mais l’existence même de Dieu est encore plus rare – voire inexistante. A-t-on pensé à d’éventuelles réactions négatives ? Shore dit que non.

« Je serais très déçu si c’est le cas », a-t-il dit. « Tout au long de ma carrière, j’ai été fier de présenter, à travers de nombreux shows des personnages de différentes religions, une exploration respectueuse de leurs croyances, que je sois d’accord ou non avec elles ».

Shore a grandi dans un foyer juif, à London, dans la province canadienne d’Ontario. Il a fait des études de droit et a passé six ans dans un petit cabinet où il a travaillé sur le droit municipal et la fiscalité. Ne résistant pas à l’appel de la télévision, il a emménagé à Los Angeles en 1988, avec la bénédiction – modérée – de ses parents.

« Ils vous diraient qu’ils m’ont donné tout leur soutien, mais ils étaient très inquiets », raconte-t-il. « Je suis sûr que beaucoup de gens m’ont pris pour un fou. »

« Le droit, c’est un travail à temps plein et je n’étais pas assez rigoureux pour rentrer et me mettre à écrire. Quand j’y repense, je crois que je savais que je prenais une décision folle. Mais je me disais que si je me loupais, ce n’était pas la fin du monde, j’avais toujours mon diplôme de droit. Je n’ai brûlé aucun pont en partant. »

Il aura fallu un an à Shore pour trouver un agent, et encore un an pour sa première commande de série. Peu après, il a fait ses débuts sur la série « Un tandem de choc » du scénariste Paul Haggis. Il a aussi contribué à « The Practice », « New York, police judiciaire » et

Il vit avec son épouse Judy et leurs trois enfants à Los Angeles.

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